On peut débattre de tout, mais pas avec tout le monde

« Il vaut mieux rire d’Auschwitz avec un Juif que de jouer au Scrabble avec Klaus Barbie. »
(Pierre Desproges)

Cela n’aura sûrement échappé à personne, nous sommes en plein « Grand débat national ». Derrière ce terme pompeux, se cachent de « Ridicules petits débats locaux » qui doivent permettre de faire remonter au gouvernement toutes les doléances et/ou propositions émanant du peuple. Les dirigeants veulent ainsi montrer qu’ils sont à l’écoute et faire taire la critique selon laquelle tous les pouvoirs seraient concentrés entre les mains d’un petit groupe de personnes peu soucieux de l’intérêt général (« Ouin-ouin la démocratie ce n’est pas ce qu’on m’a appris à l’école… Snif-snif, moi je croyais que c’était les citoyens qui avaient le pouvoir » « Et bien non ! On t’a menti ! Ça fait mal hein ? Et encore ce n’est rien. Tu aurais pu apprendre que tes parents ne t’ont jamais désiré. Mais je leur ai promis de ne rien dire. »)

Comment en est-on arrivé là ? Comment se fait-il que, soudainement, tout le monde se sente pousser des ailes et souhaite faire des propositions de lois ? Jusque-là, tout fonctionnait très bien. Les gens allaient voter puis se désintéressaient de la politique pendant cinq ans. Et voilà qu’aujourd’hui, les gens veulent parler. Bon, pourquoi pas. Mais en plus, ils veulent qu’on les écoute ! Quelle audace ! Car si la démocratie reconnaît la liberté de dire ce que l’on veut, c’est parce qu’en contrepartie, tout le monde s’en fout. Un pays où le gouvernement écoute et prête une grande attention à tout ce que disent les citoyens, cela s’appelle une dictature. Dans ce cas, il existe un risque de se faire emprisonner voire décapiter si on dit des conneries mais cela rajoute un peu de piquant dans une vie terne et monotone et au moins, on a la certitude que l’on a été entendu.

D’ailleurs, je pense que la violence actuelle des manifestants vient de là. Le peuple est un enfant qui teste les limites de ses parents. Au début, les gilets jaunes étaient plutôt sobres, un peu timides. Ils rougissaient très vite, presque honteux de s’exprimer. Ils osaient à peine évoquer leurs fins de mois difficiles. Puis petit à petit, ils se sont enhardis et ont commencé à s’exclamer « On a faim ! ». Sauf qu’aucune réaction ne vint en face. Alors ils se sont chauffés un peu plus avec des « Macron démission ! » voire des « Macron enculé ! » pour les plus téméraires. Ils le criaient puis détalaient rapidement, s’attendant à une sévère remontrance. Mais toujours rien. Du coup, ils se sont mis à tout casser, cherchant désespérément à attirer l’attention. Et là au moins la réaction se fit sentir : tirs de flashball, grenades de désencerclement, lacrymos, etc… Le gouvernement a agi comme le daron qui, face à un caprice de son gosse, ne dit rien, ne dit toujours rien, et d’un coup, sans prévenir… BAM ! Grande gifle dans la gueule ! En s’exclamant « Tu ne l’avais pas vu venir celle-là ! ».

Mais revenons à notre grand débat. Est-ce véritablement une bonne idée de laisser la parole au peuple ? A-t-on vraiment envie que tout le monde donne son avis sur l’organisation du pays ? Instinctivement je suis pour. Pour la libre administration du peuple. Pour l’intelligence collective. Pour l’intérêt général.

Et puis, je réfléchis un peu. Je pense à des gens, sans aller bien loin, dans mon entourage. Et très vite, je me dis : « ah bah non, lui j’espère qu’on ne va pas prendre en considération son avis » ; « ah et puis lui non plus » ; « et lui encore moins »… (Pour les personnes qui se sentent visées : oui c’est bien à vous que je pense. Pour les personnes qui ne se sentent pas visées : c’était pourtant à vous que je pensais.) Et au final, en prenant du recul, j’arrive assez vite à la conclusion que je préférerais que les gens gardent leurs idées pour eux.

Car le problème est bien là. Ce qui me fait peur, ce n’est pas les gens n’aient pas d’idée, oh que non ! Ce qui me fait peur c’est que les gens en aient. C’est par exemple le cas des messagers de la parole divine qui prônent leur projet de société depuis des millénaires (d’où l’expression « il n’y a que les cons qui ne changent pas d’avis »). Ou alors de tous ceux qui se nourrissent du travail des autres et qui, ayant un appétit insatiable, s’exclament « le problème c’est qu’on ne travaille pas assez ! » (ils sont facilement reconnaissables puisqu’ils sont toujours suivi par une horde de sadomasos gémissant « oh oui ! Exploitez nous encore… »). Ne négligeons pas également les nostalgiques de De Gaulle qui témoignent graveleusement « A notre époque ça filait droit. Ce qu’il faudrait c’est une bonne guerre ». En omettant qu’il existe des gens comme moi qui pleurent à chaudes larmes devant le Roi Lion et s’évanouissent s’ils ont le malheur de s’entailler le doigt en épluchant un oignon.

Bon, ce qui est rassurant, et le gouvernement l’a certainement bien en tête, c’est que la probabilité que tout le monde parvienne à se mettre d’accord, ne serait-ce que sur un sujet, est faible. Pour ceux qui ont connu l’expérience de la vie  de famille nombreuse, vous savez qu’il est impossible de s’entendre sur des choses aussi banales que le menu du dîner. Et encore, quand je dis « famille nombreuse », je parle pour mon cas d’une famille de 5 personnes. Je n’ose pas imaginer les débats pré-repas des familles pauvres pour qui la reproduction demeure l’activité principale. Cela doit être un sacré casse-tête de savoir comment on dépense les allocs versées grâce au travail des bons français ! (Un petit cliché ordurier de temps en temps ça fait du bien. Comme toutes les bonnes choses, attention à ne pas en abuser.)

Dans tous les cas, ce débat ne pourra pas aboutir pleinement à un résultat satisfaisant (et pas uniquement parce qu’il est animé par Cyril Hanouna). En décentralisant les discussions, le gouvernement feint de donner le pouvoir aux citoyens alors qu’il ne fait que les pousser dans leur retranchement égoïste. Chacun va naturellement vouloir défendre ses intérêts propres (et les questions orientées du style « en sachant que les fonctionnaires sont payés avec vos impôts et que vous trouvez que les impôts sont trop élevés, pensez-vous qu’il y a trop de fonctionnaires ? » aident bien.)

Pour avoir un vrai débat, il faudrait accepter de tout remettre à plat.
Sortez vos feuilles blanches.

Mati.

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La virulence de l’indignation est inversement proportionnelle à la véracité des convictions

« Le motif de base de la Résistance était l’indignation. Nous, vétérans des mouvements de résistance et des forces combattantes de la France Libre, nous appelons les jeunes générations à faire vivre, transmettre, l’héritage de la Résistance. Nous leur disons : prenez le relais, indignez-vous ! »
(Stéphane Hessel – Indignez-vous)

 

Pour cette année 2019, j’ai pris une bonne résolution : arrêter de geindre et de m’apitoyer sur mon sort. C’est vrai, il faut que je me fasse à l’idée que toutes les chances sont de mon côté. Je suis l’opposant classique au CV anonyme : un homme, jeune, blanc et hétéro.

Du coup, je vais commencer cette chronique par un peu d’auto-satisfaction : je suis fier de mon titre. Il intrigue, emploie de jolis mots  tels que « virulence » ou « véracité » et s’avère, après un temps plus ou moins long de réflexion, être une punchline. Pour autant, je suis bien conscient que ce n’est certainement pas le titre le plus attractif que j’aie pu trouver. Et je me rends même compte, après relecture, que le message subliminal n’est pas forcément clair… Bref, ce titre est raté quoi ! Je ne suis vraiment qu’une merde. (Olala ! C’est incroyable ! C’est un nouveau record du monde de la bonne résolution tenue la moins longtemps ! Quelle performance !)

Pour être sûr que toi, lecteur adoré, et moi, nous partions sur de bonnes bases, je vais tâcher de traduire l’idée que je souhaitais faire passer à travers ce titre, dans des termes à ta portée. Je sais, l’exercice est pathétique, un peu comme quand tu es obligé d’expliquer une blague qui vient de faire un bide, mais c’est de ma faute, j’ai probablement été trop intelligent, trop subtil (toute ressemblance avec les propos de Gilles Le Gendre, chef de file des députés La République En Marche, est purement fortuite).

Donc allons-y ! Aujourd’hui je me propose de valider la théorie suivante : lorsqu’une personne se sent heurtée dans ses convictions, plus sa réaction est puissante, virulente, voire violente plus, en réalité, ses convictions sont faibles, voire factices. Pour dire les choses encore plus simplement : plus une personne gueule, mieux elle ferait de fermer sa gueule.

Pour parvenir à cette démonstration scientifique je vais me baser sur des exemples concrets que nous offre l’actualité. Nous allons voir que nous pouvons même dégager une échelle de réactions indignées pouvant servir par la suite de modèle (si des sociologues passent par-là, je vous en prie, c’est cadeau).

1er échelon : L’individu a choisi une cause et c’est LE combat de sa vie : végétarisme, féminisme, racisme (pour ou contre), pizzas à l’ananas (pour ou contre), chocolatine vs pain au chocolat, pignon de 12 vs pignon de 8… Il le brandit en permanence, tel un chevalier avec son étendard, et est toujours prêt à s’indigner. Si vous tombez face à une personne comme cela, ne paniquez pas. 2 attitudes sont possibles : soit vous prenez un air grave et vous acquiescez à toutes ses tirades en espérant que cela raccourcisse l’échange au maximum (attention certaines personnes sont des professionnels, elles peuvent tenir des heures à parler toutes seules), soit vous êtes joueurs, et vous tentez de lui apporter des contre-arguments (« Mouais, personnellement depuis que j’ai installé un pignon de 8, je trouve mon moteur beaucoup plus explosif, j’ai gagné en accélération ». Oui car c’est d’autant plus drôle quand c’est un sujet que vous ne connaissez absolument pas.)

2ème échelon : A ce stade, cela devient plus vicieux. Comme dans le premier échelon, l’individu cherche à convaincre autrui mais, dans le fond, il se fout royalement de savoir si son combat est juste ou non. Son objectif est de rameuter le plus de gens possible autour de lui pour, ensuite, faire un concours de celui qui a la plus grosse (foule autour de lui). L’exemple le plus évident qui caractérise cet échelon, ce sont les politiques. Vous pouvez facilement détecter en ce moment l’élite de l’indignation factice avec toutes les réactions autour du mouvement des gilets jaunes. Ils font tous des grandes déclarations pompeuses, faisant appel à des symboliques démesurées : « les casseurs injurient notre démocratie », « on attaque la République », « terrorisme civil »… Tout cela pour éviter la véritable question, très terre à terre, et magnifiquement appréhendée par le penseur SCH (que les mauvaises langues qualifieront de « rappeur ») qui nous dit « Se lever pour mille-deux (cent) c’est insultant. »

3ème échelon : Là on touche au graal. Et ce dernier échelon peut s’appréhender comme un mix des deux premiers : comme pour le premier échelon, l’individu est persuadé que son combat est juste et comme pour le deuxième, il veut avoir la plus grosse (foule autour de lui). Sauf qu’il va opter pour un tactique différente : au lieu d’essayer de rameuter du monde autour de sa cause, il va décimer la foule présente autour de la cause adverse. C’est par exemple le cas des terroristes islamiques dont nous avons commémoré une de leur plus grande réussite le 7 janvier, avec l’assassinat des journalistes de Charlie Hebdo.

Chacun sa stratégie, nous ne sommes pas là pour juger. D’ailleurs, personnellement, j’ai plutôt tendance à comprendre cette stratégie offensive. Lorsqu’un islamiste se sent attaqué dans ses convictions après qu’on ait osé caricaturer le prophète Mahomet, il dispose d’assez peu de moyens tangibles pour dire « Non mais regarde c’est n’importe quoi ce dessin, son nez ne ressemble pas du tout à ça en vrai. Là il est tout crochu, on dirait un juif ! ».  Il faut bien reconnaître qu’il est toujours difficile d’apporter la preuve de quelque chose qui n’existe pas. Donc respect aux religieux qui restent pour autant déterminés !

Au final, tous ces gens persuadés de détenir la vérité et qui cherchent à le démontrer à grands coups de réactions toujours plus disproportionnées, me révoltent ! (Échelon 1 atteint) Ils insultent l’intelligence humaine et la capacité du peuple à s’auto-déterminer !  (Échelon 2 atteint) Une grande révolution s’impose, tuons-les tous ! (Échelon 3 atteint)

 

Mati.

Le travail c’est trop génial !

« Le cheval c’est trop génial »
(Fédération Française d’Equitation)

 

C’est un thème qui revenait souvent au fil de mes écrits, mais jamais je ne lui avais fait l’honneur d’être à la une : le TRAVAIL ! (« Youpi ! On attendait que ça ! »)

Pourtant, le travail mérite qu’on s’y attarde et qu’on y réfléchisse tellement il occupe une part importante de nos vies (part encore insuffisante pour certains). D’ailleurs, on notera que la première question que nous posons à une personne que l’on rencontre est : « Qu’est-ce que tu fais dans la vie ? », sous-entendu : « Quel est ton travail ? ». Cela est beaucoup trop réducteur comme première approche ! Le risque de se faire une fausse image de la personne est trop important : par exemple, si quelqu’un me répond : « Je fais du web marketing dans une start-up d’objets connectés. », je vais instinctivement le classifier dans mon esprit en tant que « gros con », et je ne vais pas chercher à creuser. Peut-être à tort.

Je milite donc, pour que désormais, nous élargissions la question à : « Qu’est-ce que tu aimes dans la vie ? ». Et là, peut-être que, pour reprendre mon exemple précédent, la personne va choisir de me parler musique, cinéma, littérature, sport, etc… et une conversation pourra s’engager. Bon, après, il est également possible qu’elle me réponde : « Ce que j’aime dans la vie ? Le web marketing. D’ailleurs je travaille dans une start-up qui fabrique des objets connectés… » et là, je pourrai sans remord, le classifier dans la catégorie « gros con ».

Ceci étant dit, j’ai choisi de m’attarder aujourd’hui sur le travail car ma vision à ce sujet a récemment évolué. J’avais un point de vue très pessimiste de la chose, qui pouvait se résumer ainsi : « Le travail c’est de la merde. » Bon, j’essayais d’y penser le moins possible, notamment le matin en me rasant, avant de partir au boulot, car un accident, du style tranchage de carotide, est vite arrivé… (Je plaisante évidemment : je ne me rase pas le matin.)

Mais tout ça, c’est fini ! J’ai de nouveau foi en l’avenir ! Le travail c’est trop génial !

Si j’ai pu changer d’avis, c’est parce que ma vision était tronquée et subjective. Par exemple, pour tous ceux qui sont passionnés d’étymologie (population que l’on peut estimer, selon la police et les manifestants, à 1 : mon père), l’idée selon laquelle le mot « travail » serait issue du latin « tripalium », qui désigne un instrument de torture, est fausse. En réalité, l’origine renverrait plutôt à une idée de mouvement (d’où la consonance avec l’anglais « travel », voyager), de passage (d’où la consonance entre « trabajo », le travail en espagnol, et les « traboules » qui désignent un passage à travers des pâtés de maisons), nécessitant un effort (d’où le travail qui désigne la phase d’accouchement depuis le Moyen-Âge). Le travail exprimerait donc plutôt l’idée de passage d’un état à un autre, d’atteinte d’un but, en produisant un effort ou en franchissant un obstacle. Sans pour autant que cela soit intrinsèquement un supplice.

Hormis pour essayer d’impressionner mon paternel, je ne m’attarde pas là-dessus par hasard. Cette idée reçue n’est pas anodine, elle n’est pas innocente. L’idéologie derrière est vicieuse : nous laisser penser que la souffrance au travail est naturelle, qu’elle en est l’essence-même. Et moi, naïvement, j’y ai cru ! En même temps, il faut bien reconnaître que l’expérience du travail est plutôt conforme au sombre tableau que l’on dépeint. Les causes de souffrance sont multiples : manque de moyens, sentiment d’inutilité, hiérarchie qui se prend pour votre chef, réveil qui sonne alors qu’on dort, horaires totalement inadaptés à notre rythme biologique (par exemple, moi, la journée j’aime bien me reposer. Sinon après je suis trop excité et je ne dors pas la nuit.), tâches contraignantes (par exemple, si notre travail c’est de faire ci, alors que nous on aime faire ça, et bien il faut quand même faire ci).

Mais une autre voie est possible !

Cette voie est développée par Bernard Friot, économiste et sociologue de renom (pour ceux qui connaissent son nom), dont j’ai eu la chance d’assister à une des conférences. Pour faire simple[1] : l’idée est de reprendre le contrôle sur le contenu de notre travail dont les contours sont aujourd’hui dictés par les capitalistes. Pour faire vulgaire : les patrons c’est des enculés donc, en toute logique, ils nous enculent.

En définissant de façon libre et autonome le contenu de son travail, on s’offre l’opportunité d’aller là où on se sent utile socialement, d’aller vers ce que l’on a envie de faire, vers ce que l’on aime faire (et, a priori, personne ne va se diriger seul vers du web-marketing). Pour pouvoir s’épanouir pleinement, sans avoir l’angoisse du frigo vide, le système serait soutenu par une rémunération à la qualification, qui oscillerait entre 1.500 et 6.000 €, et qui serait garantie à vie.

D’ailleurs, ils sont déjà de plus en plus nombreux à se lancer à l’aveugle dans l’aventure. Ce sont généralement des employés de bureau, conscients de la superficialité de leur contribution à la société, qui refusent de continuer à exécuter des tâches inutiles et vides de sens (les fameux bullshit jobs) et choisissent de s’émanciper. Malheureusement, pour le moment, tout est fait pour que la tâche soit complexe et les barrières nombreuses. Du coup, il faut nécessairement se marginaliser et, dans mon esprit, le projet se limite à des hippies qui marchent pieds nus et qui jouent du ukulélé autour d’un feu de camp. Non merci, j’aime trop ma musique pour écouter du ukulélé.

N’empêche que je suis ressorti de cette conférence plein d’enthousiasme (ce qui se caractérise en général chez moi par un léger plissement de de la fossette gauche. Que les plus optimistes pourraient qualifier de « sourire ») et d’envie de propager la bonne parole. Même si cela peut sembler utopique, même si cela ne sera sûrement pas pour aujourd’hui, ni pour demain, il est évident que le système actuel ne peut pas perdurer indéfiniment. Il engendre trop de souffrance et d’inégalités. Et rien que de savoir que des gens réfléchissent à un autre système, que des gens se lancent, essaient ou simplement soutiennent : cela fait un bien fou.

Mais très vite l’enthousiasme est redescendu (un peu comme quand tu rêves que tu fais l’amour avec Rihanna et que finalement non, tu ouvres les yeux et c’est juste ta femme. Qui s’est endormie depuis 10 minutes). Je me suis confronté à toutes les résistances et réticences possibles : « C’est bien beau tout ça mais comment on finance ? » « Mais j’aime bien mon travail moi » « Et qui va choisir de ramasser les poubelles ? » « Tout le monde va en profiter pour rien foutre. Les gens sont cons tu sais. »

Sur ce dernier point je suis d’accord. Rien ne changera jamais. Les gens sont trop cons.

 

Mati.

[1] Ce qui en réalité n’est pas le cas, donc pour ceux que cela intéresse et qui voudraient approfondir le sujet, je vous invite à jeter un coup d’œil par ici :  http://www.reseau-salariat.info/?lang=fr

 

 

Je serais prêt à mourir pour mes idées. Encore faudrait-il que j’en aie.

« J’essaie d’être un homme bien mais je suis plutôt moyen »
(Orelsan – San)

Je serais prêt à mourir pour mes idées.
Encore faudrait-il que j’en aie.

Je m’insurge contre l’industrie de la viande qui massacre sans scrupule des milliers d’animaux.
Je mange toutes les semaines à Mac Do.

Je ne comprends pas que l’on puisse mettre des fortunes dans un téléphone fabriqué par des esclaves, juste parce que c’est un IPhone.
J’achète des tee-shirts blancs, fabriqués par des enfants au Bengladesh, plus de 30€, juste parce qu’il y a le logo Nike dessus.

Je m’oppose à la politique de Macron, qui consiste à taper dans la poche des pauvres pour garnir davantage celles des riches.
Je ne soutiens pas ces pauvres gilets jaunes qui se réveillent uniquement lorsque l’on vient taper dans leur poche.

Je m’exaspère des inégalités croissantes dûes à un évident manque de solidarité.
Je n’ai jamais donné ni de mon temps, ni de mon argent à une association.

Je me désole de la mollesse des gens qui se laissent exploiter sans bouger une oreille.
J’ai autant d’ambition qu’un chat : Manger, dormir, me faire caresser.

Je prône pour plus de diversité.
J’ai UN ami noir.

Le déterminisme social me révolte.
Mes amis sont ingénieurs, docteurs, professeurs, éducateurs.

Je me moque des narcissiques accros aux selfies.
Je me réjouis d’avoir 500 abonnés sur Instagram.

Je vante les mérites de la culture.
Je n’ai pas loupé un épisode de la télé-réalité « 10 couples parfaits ».

Je vais chaque année à la fête de l’Huma, festival qui invite à la réflexion : « Trois jours pour refaire le monde ».
Je n’ai jamais participé à aucun débat et je me rue au stand Ricard.

La consommation à outrance malmène notre vision du bonheur.
J’ai un smartphone, plusieurs consoles de jeu, des habits que je n’ai jamais mis et suffisamment de paires de baskets pour en changer tous les jours pendant un mois.

Nous ne nous définissons pas par nos paroles mais par nos actes.
Je suis immobile.

Mati.

Le 17 novembre, tous derrière Bernard, automobiliste en colère !

« Quand on pense qu’il suffirait que les gens n’achètent plus pour que ça ne se vende pas »
(Coluche)

Derrière les grands évènements historiques se cachent de grands hommes (derrière lesquels se cachaient souvent de petites femmes, courbées sur leur manche à balai. Je dis « cachaient » car désormais, au nom de l’égalité des sexes, les petites femmes se tiennent au côté des grands hommes. Et derrière, le sol est dégueulasse.).

Le dernier exemple de grand homme français est le général De Gaulle (selon mon Papi, à la fin des repas de famille). Mais il semblerait que la relève pointe le bout de son nez. Bien entendu, il est encore trop tôt pour se prononcer, mais je suis prêt à parier que le nom de Bernard, automobiliste en colère, créateur de l’évènement Facebook « LE 17 NOVEMBRE BLOQUONS TOUT », restera dans l’histoire.

Que nous-dit Bernard, automobiliste en colère ? « Samedi 17 novembre, pays mort : c’est-à-dire ne faire aucun achat, n’aller dans aucune banque, ne pas se servir aux pompes à essence, ne pas dépenser un seul centime. Ne pas prendre de transport en commun, pas de péage, parking, autoroute, là, oui, on bloque ce qui emmerde le plus le gouvernement, c’est-à-dire le fric. »

En lisant ça, j’ai des frissons. Je saisis l’émotion qu’avait pu ressentir les français, accablés sous l’occupation allemande, lors de l’appel du Général De Gaulle le 18 juin 1940 : « Quoi qu’il arrive, la flamme de la résistance française ne doit pas s’éteindre et ne s’éteindra pas. » Cette fois, je sens que la fin de l’occupation capitaliste est proche. Les gens ont enfin compris que les banques, les compagnies pétrolières, la grande distribution n’étaient pas nos alliés et qu’il fallait les repousser hors de nos frontières ! Ainsi, cela provoquera un grand exode des banquiers qui seront obligés d’émigrer ailleurs. Les autres pays s’indigneront : « Nous ne pouvons pas accueillir tous les banquiers du monde ! », la haine anti-banquier explosera, les gens voteront extrême gauche et ce sera la fin du capitalisme dans le monde entier !

Quel génie ce Bernard ! Allez, soyons tous derrière notre leader : « Bernard, automobiliste en colère, président ! Bernard, automobiliste en colère, président ! » (Il faudra peut-être qu’il revoit son blaze parce que ce n’est pas évident à scander comme slogan. Essayez chez vous, vous verrez.)

Je m’imagine déjà, quand mon tour sera venu d’être Papi, raconter à mes petits-enfants, à la fin des repas de famille, qu’à notre époque il fallait travailler dur pour manger, se loger, se vêtir… et qu’en plus, il fallait se battre pour travailler, que c’était une chance (!) dont tout le monde ne bénéficiait pas. Je leur dirai que ce travail ne bénéficiait, au final, qu’à un petit nombre de personnes qui accumulaient les richesses pendant que d’autres n’avaient rien. Mais je pourrai surtout leur expliquer que tout cela est fini grâce à Bernard, automobiliste en colère, dont je vanterai encore et encore le courage et l’abnégation. Et là, mes petits-enfants me répondront « Mais ouii, on sait Papi Mati, la maitresse nous en a parlé à l’école ! » (et surtout ça fait 50 fois que tu nous le racontes. Mais ça, ils ne le diront pas car j’aurai des petits-enfants bienveillants. Ooooh je les aime déjà ! Enfin certains plus que d’autres. Ne me demandez pas pourquoi, c’est physique. Genre le petit dernier je ne peux pas le voir.)

Malheureusement, je crois que je m’emballe un peu et que tout ça est irréel. Au risque d’endosser le rôle de collabo, j’ai bien peur que Bernard, automobiliste en colère, se trompe d’ennemi. Si on lit son discours jusqu’au bout, on remarque qu’en réalité il ne souhaite pas s’attaquer aux industries capitalistes mais plutôt « emmerder le gouvernement » (je m’excuse pour cette grossièreté mais ce sont ses termes. Après il faut bien admettre que ce franc-parler fait aussi le charme de Bernard, automobiliste en colère.) Il ne s’insurge pas contre un système politique global mais contre la hausse des taxes sur le carburant. Il veut continuer à consommer sans se poser de questions.

Attention, loin de moi l’idée de défendre le gouvernement. L’État n’est évidemment pas exempt de tout reproche. Il a longuement encouragé un système, en allégeant les taxes sur le diesel, dont il doit désormais colmater les brèches, en faisant face à une multiplication des cancers liés à la pollution de l’air. C’est le serpent qui se mord la queue (est-ce que se mordre la queue peut être considéré comme de la masturbation ?). Et puis il fait mine de prendre conscience du drame écologique sans proposer aucune alternative viable (style trottinettes ou balais volants).

Mais là où mon rêve s’effondre et vire au cauchemar, c’est que ceux qui vont être bénéficiaires de ce blocage et de cette grogne, ce sont justement les grandes entreprises. Leclerc a déjà annoncé que jusqu’à fin novembre, il vendrait le carburant à prix coûtant, sans faire de marge… Il faut bien admettre qu’un tel opportunisme force l’admiration.

Bilan de l’histoire : le gouvernement passe pour le méchant, les entreprises passent pour les gentils, les gens vont voir leur pouvoir d’achat diminuer et la prise de conscience écologique n’a pas avancé… Donc le 17 novembre je serai effectivement derrière Bernard, automobiliste en colère… parce qu’il me bloquera la route.

 

Mati.

« Mais attends, il existe vraiment ce Bernard ?
Je ne sais pas moi, demande-lui !
C’est qui « lui » ?
– Bah Mati…
– Mais c’est moi Mati !
– Ah ok très bien, donc je me parle tout seul en fait. »

Que faîtes-vous pendant que je fais caca ? (T’as joui ?)

« Elle veut une gâterie, sa chatte pue des pieds.
Fait semblant d’jouir en s’mettant des doigts. »
(Damso – Fais-moi un vie)

L’autre jour, alors que je faisais caca, j’ai été pris d’un vertige. Je précise de suite : cela n’était aucunement dû à d’éventuelles effluves nauséabondes (d’ailleurs, qu’est-ce qui explique que nos propres odeurs ne nous importunent pas, voire nous réconfortent, alors que si on passe aux toilettes derrière un inconnu on est en mode « ALERTE ROUGE ! PLUTOT MOURIR ASPHYXIÉ QUE D’INSPIRER A NOUVEAU ! »)

Non, ce qui m’a fait tourner la tête, c’est de m’imaginer tout ce que pouvait faire les autres humains au même moment. On oublie, qu’à chaque instant, 7 milliards de destins sont en cours. 7 milliards de personnes vivent un moment unique. Par exemple, là maintenant, que faîtes-vous ? […]

Alors oui, là maintenant vous me lisez – et je vous en remercie –, mais quand je dis « là maintenant », c’est là maintenant pour moi, pas là maintenant pour vous. Là maintenant, pour moi, je suis en train d’écrire alors que là maintenant, pour vous, je ne sais pas ce que je suis en train de faire. Du moins je ne le sais pas encore. Enfin bref, vous n’êtes pas obligé de répondre.

En pensant à la multitude de tranches de vie en cours, je me suis dit qu’il serait rigolo de pouvoir publier une liste de ce que chaque personne fait à un instant précis, une photographie de l’activité humaine prise sur le vif. Forcément, il y aurait beaucoup de « mange » ; « marche » ; « dort ». D’ailleurs je pense que cette dernière activité, dormir, serait certainement la plus représentée. Symboliquement c’est fort. Parce qu’admettons que cette liste tombe entre les mains d’une population extra-terrestre mal intentionnée qui veuille nous connaître un peu plus avant de, je ne sais pas moi… nous anéantir ! Avant d’envahir la Terre, ils veulent savoir à quoi s’attendre. Qui sommes-nous ? Que sommes-nous en train de faire ? Et là, ils constatent que majoritairement les humains sont en train de « dormir ». Donc ils se renseignent. En quoi consiste l’activité favorite des humains ? A cet instant, ils ont encore une image valorisante de nous. Peut-être même qu’ils flippent un peu… et puis ils découvrent que, dans la majorité, nous sommes en train d’être allongés, les yeux fermés, sans bouger. Forcément les troupes alien reprennent du poil de la bête.

Bon, ne nous faisons pas peur et restons sur des considérations plus terre à terre. Pour faire le lien avec un sujet d’actualité (Journaliste un jour, journaliste toujours ! « Sauf que tu n’as jamais été journaliste Mati… » C’est vrai, autant pour moi.), si on en croit le phénomène du compte Instagram « T’as joui ? », nous devrions voir assez peu la mention « est en train de jouir » accolée aux femmes.

Ce compte Instagram, créé par une journaliste, publie des témoignages féminins relatant leurs expériences sexuelles. Il met en évidence une insatisfaction quasi générale et une incapacité des hommes à faire jouir leur partenaire.

Décidément, il ne fait pas bon être une femme à notre époque ! Elles subissent quotidiennement des harcèlements pour des rapports sexuels qu’elles ne désirent pas (#BalanceTonPorc), et quand elles y consentent, elles tombent sur un manche incapable de les faire jouir (#BalanceTonNaze).

Bon, après j’imagine qu’il existe des hommes qui ne font partie ni d’une catégorie ni de l’autre. Enfin… je pense. Enfin… bon… là je n’ai pas d’exemple qui me vienne en tête… En tout cas, pour ma part, je peux vous jurer que je n’ai jamais agressé personne !

Plus sérieusement, autant je comprends le mouvement de libération de la parole sur les cas d’agressions sexuelles. Cela force la prise en compte d’une souffrance silencieuse. C’est un sujet sociétal qui nécessite une pédagogie, une prise de conscience générale, des interventions institutionnelles comme la mise en place de cellules d’écoute, la formation des policiers, la réduction du délai de prescription, etc… Autant là, venir clamer sur les réseaux sociaux : « Mon mec est un naze ! Il ne me fait pas jouir ! », on s’en fout ! Cela relève de l’intime. Ce n’est pas à nous qu’il faut en parler madame, mais à lui ! Faites-lui une carte au trésor pour lui indiquer le chemin de votre clito, expliquez lui que dans la vie, ce n’est pas comme dans le porno, on ne peut pas faire une double-anale sans préliminaires (et sans un autre partenaire).

D’ailleurs, pour faire le lien avec un deuxième fait d’actualité (amenez-moi le prix Pullitzer), ce manque de connaissances liées au plaisir féminin mais aussi à la sexualité en général, s’explique par le fait que cela reste tabou ! C’est pourquoi il a été instauré que, à partir de la rentrée, les élèves auraient 3 cours d’éducation sexuelle par an de la primaire au lycée. Comme ça au moins, on pourra repérer très tôt les futurs nazes au lit :

Conseil de classe de l’école Jules Ferry. Les profs se disputent autour du cas de Matéo à propos de son passage en CE2 :

« Alors ok, Matéo a 18 de moyenne en dictée et est capable de poser une division avec 2 chiffres après la virgule, mais je ne peux pas laisser passer un élève en CE2 qui est encore incapable de faire un cunni correctement !

– Alors là je ne comprends pas, vous êtes intransigeant avec Matéo alors que vous n’avez rien dit pour le passage de Baptiste, qui, je vous le rappelle, est quand même éjaculateur précoce !

– Cela n’a rien à voir ! Baptiste fait des efforts, il est motivé ! Alors que Matéo refuse de faire ses devoirs à la maison. Sous prétexte que sa petite sœur n’est pas d’accord… »

Sur ce, il faut que j’aille faire caca. Et penser à tout ce que vous pouvez être en train de faire. J’espère que cela ne vous dérange pas.

Mati.

Nicolas Hulot a-t-il abandonné ses convictions laissant l’écologie aux mains d’un libéralisme effréné ? (Sous-entendu : Nicolas Hulot est-il un gros PD ?)

« J’irai au bout de mes rêves,
Tout au bout de mes rêves,
J’irai au bout de mes rêves,
Où la raison s’achève. »
(Jean-Jacques Goldman)

Bon, à la base je voulais traiter d’un sujet léger comme « Ne pas vouloir aller travailler après trois semaines de vacances est-il une raison valable et suffisante pour se suicider ? ». Sauf que mon paternel en a décidé autrement. En soi, ce n’est pas vraiment lui qui a décidé, il m’a simplement fait part d’une idée. Mais dans une société patriarcale, une proposition du père de famille fait office de décision et en plus, il est mon plus fidèle lecteur donc je ne peux me permettre de le décevoir. (En le prônant « Lecteur le plus fidèle », j’essaie de créer une concurrence entre mes parents. Je sais, c’est malsain.)

Venons-en au sujet en question.

Nicolas Hulot a démissionné ce mardi du gouvernement. Il était las de ne pas pouvoir aller au bout de ses projets, de devoir multiplier les compromis et de se contenter de demi-victoires. Sur cette base, l’idée de développement soumise par mon géniteur est : la force de l’engagement, des convictions et jusqu’où pouvons-nous aller pour celles-ci ?

[…]

Allez maintenant Mati, démerde-toi avec ça !

Partie 1 : Nicolas Hulot, cet homme intègre qui ne transigera pas

Au premier abord, j’admire beaucoup Nicolas Hulot. Il a réussi à infiltrer le système de l’intérieur et a voulu infléchir la politique menée par le gouvernement. Sa volonté de défendre ses convictions écologiques, d’avoir un impact sur la société, l’a poussé jusqu’aux plus hautes sphères de l’Etat en devenant ministre. Respect. Bon c’est sûr que c’est vite impressionnant pour moi lorsque je fais le parallèle avec mon cas personnel. Ma plus forte conviction est que « Pokémon est le meilleur jeu jamais inventé ». Pas sûr que cela vaille le coup de devenir ministre pour défendre cette idée.

Après, ce qui fait maintenant débat, c’est de savoir s’il a bien fait de démissionner. Si lui abandonne, on peut légitimement penser que tout espoir n’est plus permis. Plus personne ne va défendre la veuve abeille et l’orphelin éléphant, plus personne ne va rêver de transformer le périphérique parisien en piste cyclable géante où l’on pourrait respirer un air pur (légèrement agrémenté d’huile essentielle menthe poivrée) à pleins poumons.

Mais au fond, ce n’est pas réellement une surprise. Initialement, la cause de vouloir concilier écologie et libéralisme est noble, mais elle est impossible. L’écologie c’est l’inverse du laisser-faire. L’écologie c’est des contraintes, c’est une mainmise sur l’économie, la finance, l’industrie, le quotidien… Et tout cela est très impopulaire. Hormis quelques kamikazes, tout le monde s’accorde pour répondre par l’affirmative à la question : « Souhaitez-vous sauver la planète ? ». En revanche, cela devient plus complexe quand la question se précise : « Et pour cela êtes-vous prêts à ne plus manger de viande ? à renoncer à votre voiture personnelle ? à faire une croix sur les voyages en avion ? à ne plus faire d’enfant ? etc… ».

Cela me fait penser à cette phrase de Bossuet « Nous nous affligeons des effets mais continuons à adorer les causes ». (En réalité j’ai lu cette phrase dans le journal. Je ne sais même pas qui est ce Bossuet. Pour moi c’est juste une place de Dijon. Mais j’ai toujours admiré les gens capables de sortir à tout moment une citation. Je crois que je développe un complexe d’infériorité car tout ce que je parviens à retenir c’est les slogans publicitaires : « Avec Carrefour je positive » « Carglass répare, Carglass remplace » « Chocapiiic ! C’est fort en chocolat »)

Dans l’incapacité d’agir, ne souhaitant pas transiger avec ses convictions écologiques, Nicolas Hulot a donc préféré quitter le navire. Cette décision semble respectable et provenir d’un homme intègre. A moins que… (Ecran noir. Musique dramatique. Suspense insoutenable.)

Partie 2 : Nicolas Hulot, cet imposteur (Initialement je voulais écrire « Nicolas Hulot, ce bel enculé » mais bon j’ai déjà cédé à la facilité de la vulgarité dans le titre donc j’ai estimé que cela serait trop.)

Tout cela semblait trop parfait. J’aurais dû me méfier et me remémorer ce que disait Nietszche : « Le contraire de la vérité, ce n’est pas le mensonge, ce sont les convictions. » (Encore une citation que je ne connaissais en réalité pas il y a encore 10 minutes. Contrairement à : « Zéro tracas, zéro blabla, MMA ! »)

Lorsque l’on s’intéresse de plus près à ce Monsieur Hulot (je n’ai plus envie de l’appeler Nicolas), ses jérémiades lors de sa démission prennent une autre dimension. Il se lamentait de devoir faire face en permanence à des lobbys puissants, venant défendre des intérêts privés. Ce qui est vrai. Sauf que c’est un peu l’hôpital qui se fout de la charité (en fait je retiens les slogans publicitaires et les expressions moyenâgeuses).

Les convictions de Monsieur Hulot ont comme limite son propre intérêt. Hormis le fait qu’il se soit fait connaître via ses émissions Ushuaïa diffusées sur TF1 (ce qui s’apparente a minima à une faute de goût), cela lui a permis d’amasser une petite fortune grâce aux produits dérivés commercialisés par l’Oréal. Ces produits ont été à plusieurs reprises épinglés comme étant toxiques, contenant des perturbateurs endocriniens, des allergènes… Donc bon, quand on travaille avec les plus grands groupes industriels, champions de l’évasion fiscale et ce, pour vendre des produits absolument pas écolos, on ferme sa boîte à camembert ! Non mais dis donc !

Maintenant, il ne nous reste plus qu’à savoir quel va être le prochain pantin vert de Macron.

(Loto) A qui le tour ?

Mati.

L’affaire Benalla : enfin la vérité !

« J’ai dix ans,
Je sais que c’est pas vrai, mais j’ai dix ans,
Laissez-moi rêver, que j’ai dix ans,
Ça fait bientôt quinze ans, que j’ai dix ans,
Ça parait bizarre mais
Si tu m’crois pas hé, tar’ ta gueule à la récré »
(Alain Souchon)

Petit rappel des faits : un sbire de la Cour de Macron 1er, Alexandre Benalla, a été filmé en train de jouer à la bagarre avec un couple de manifestants le 1er mai.

Le scandale est immédiat.

Non mais qu’est-ce que c’est que ces enfantillages ? Sa maman ne lui a jamais appris que « Jeux de mains = jeux de vilains » ? Et puis, le plus choquant dans l’histoire, c’est qu’il était déguisé en policier ! Monsieur Benalla, franchement, il serait temps de grandir un peu. On ne se déguise plus quand on est un adulte (enfin sauf dans des soirées à thème ou pour des enterrements de vie de garçon / vie de jeune fille. Donc que dans des situations de tristesse infinie). Et puis, ça vous fait encore rêver le métier de policier ? Seule la naïveté enfantine, permet d’envisager le monde sous le prisme « méchants vs gentils ». Prisme indispensable à quiconque souhaite incarner la justice.

Après avoir pris connaissance de ces faits, le peuple français s’insurge. Il estime être en droit d’attendre plus des collaborateurs de notre souverain. Qu’est-ce que cela va être la prochaine fois ? Le premier ministre, Edouard Philippe, va arriver au conseil des ministres en costume de Harry Potter ? Et jeter son sort « Supprimum Chômageum » ? Le porte-parole, Christophe Castaner, va débarquer sur BFM TV grimé en Dark Vador ? S’adressant aux français en leur demandant de rejoindre le côté « En marche » de la force ? (Personnellement, je ne serais pas contre. Au moins le côté « on se fout de votre gueule » serait assumé.)

Revenons à notre Monsieur Banollo. Tout le monde se pose la question : « Mais qu’est-ce qu’il foutait là ? ». N’avait-il pas mieux à faire en ce 1er mai ? Comme divertir notre monarque ? Disputer avec lui une partie de Mario Kart (en s’arrangeant pour le laisser gagner) ? Soigner les vergetures de Brigitte ?

Après un long travail d’investigation, je suis en mesure de vous dévoiler la vérité. Je ne peux évidemment pas dévoiler mes sources mais elles sont fiables. (C’est elles qui me l’ont dit et vu qu’elles sont fiables, je les ai crues.)

En effet, la présence de Monsieur Bonullu n’est pas le fruit du hasard. Rien n’est jamais le fruit du hasard puisque le hasardier est un arbre qui n’existe pas (jeu de mots à mettre sur le compte de la chaleur). C’est comme la bagarre entre Booba et Kaaris (« Quand on a vu ça on peut mourir tranquille » RIP Thierry Roland), vous n’allez pas me dire que, comme par hasard, ils se croisent à l’aéroport d’Orly puisque, comme par hasard, ils doivent tous les deux donner un concert à Barcelone et que, comme par hasard, des gens autour d’eux ont un smartphone et ont le réflexe de filmer. Non, non tout ça est trop surréaliste.

Donc je vous disais, Monsieur Benilli était là pour une raison précise. Ses victimes, un couple de manifestants grecs, étaient ses cibles depuis le départ. Par souci de simplification, nous les nommerons Papayotis Rastapopoulosos et Athenarisotos Exharcopoulpis.

Dès le départ, Monsieur Bonullu, voulait en découdre avec Papayotis Rastapopoulosos, enfin plutôt avec Athenarisotos Exharcopoulpis que Papayotis Rastapopoulosos, même si les images témoignent d’une violence plus accrue envers Papayotis Rastapopoulosos que Athenarisotos Exharcopoulpis.

Pour vous la faire courte, Monsieur Benallax, est tombé amoureux de Papayotis lors d’une soirée déguisée pendant son dernier voyage à Mykonos. Il était déguisé, je vous le donne en mille, en CRS ! Papayotis était quant à lui déguisé en Dieu grec (pas très original, mais bon, qui sommes-nous pour juger ?). S’en est suivie une idylle courte mais passionnée. Les mauvaises langues parleront d’ « amourette de vacances » mais ce qui se cacha derrière était bien plus profond.

Sauf que Monsieur Belanna dut retourner en France. Macron s’ennuyait et puis il en avait marre, Nicolas Hulot refusait de le laisser gagner à Mario Kart et Gérard Colomb était trop nul – il s’endormait en pleine partie – pour apprécier la victoire. Les adieux furent déchirants. Ils se promirent de se revoir très vite, échangèrent numéros et réseaux sociaux pour rester en contact.

Sauf que le temps passa et fit son œuvre. Les échanges furent de moins en moins rapprochés. Et un jour, Monsieur Binallu, découvrit sur Instagram une photo de Papayotis enlacé dans les bras d’une « grosse pute » (c’est le terme qu’il a employé à ce moment). Et en plus, les deux tourtereaux évoquaient leur projet de venir passer des vacances en France ! A Paris ! Alors que Papayotis avait toujours trouvé des excuses pour ne pas venir voir notre pauvre Monsieur Bunollo !

Leur venue était prévue le 1er Mai.

Vous connaissez la suite…

Mati.

Quel type de supporter êtes-vous ?

« Le prof m’a dit « Tu veux faire quoi plus tard ? »
Quoi ? Comme Zizou : sur l’terrain. »
(PNL – Porte de Mesrine)

Il y en a peut-être qui, par un concours de circonstances (sieste dimanche dernier de 17h à 19h + panne d’électricité + épidémie qui a décimé tout l’entourage + licenciement, réduisant à néant tout contact social cette semaine), ne sont pas au courant : La France est championne du monde !

Ces gens-là ne savent pas la chance qu’ils ont ! Car, pour vous raconter un peu ma vie – chose que je ne fais pas assez, alors que c’est quand même l’objet de ce blog, bien que l’objet n’ait en réalité jamais vraiment été défini, ce qui me pose régulièrement des soucis dans le choix des sujets à traiter, mais là n’est pas l’objet de cette chronique, qui n’a pas encore été exposé puisque celle-ci n’a pas commencé –

Reprenons : j’envie ceux qui ne savent pas que la France est au firmament footballistique. Ceux qui ne se sont pas fait spoiler et qui pourront regarder la finale sans savoir qu’à la fin « ON A GAGNEEEEE !!! ». Car de mon côté, pendant le match, je m’envoyais en l’air (je rassure ma bien-aimée : c’était avec un boeing 747 à l’allure vulgaire et aux courbes grossières sans commune mesure avec l’angélisme de tes traits). Or, même avec toute la bonne volonté du monde, je n’ai pu éviter de connaître le dénouement à mon retour dans notre mère-patrie (je m’excuse d’avance auprès de mon public gauchiste, la coupe du monde me pousse mécaniquement à des élans nationalistes incontrôlables). La moindre bourgade était envahie par ses propres habitants qui en faisaient le tour en klaxonnant ou qui agitaient des drapeaux au passage de ceux qui en faisaient le tour en klaxonnant. Chacun son rôle, la nature est bien faite. Dès lors, impossible de ne pas reconnaître ici la parade de la victoire. J’étais coincé : je ne pouvais fêter une victoire à laquelle je n’avais pas assisté et je ne pourrais pas visionner le match sans savoir qu’il y a une victoire à la clé. Frustration maximale.

Cette complainte de mon malheur n’est pas vaine puisqu’elle me permet d’avoir un regard objectif sur les différents supporters et d’analyser les différentes réactions suite à cette victoire. Contrairement aux idées reçues personne n’est unique et tout le monde rentre dans une case, j’espère que vous trouverez la vôtre :

Commençons par « Les footix », les fans de foot : cette Coupe du Monde est censée être leur fête. L’apothéose, le graal suprême. Eux qui suivent avidement toute l’année, chaque match, des Angers – Guingamp pour les français, des Bournemouth – Southampton pour les Anglais, des Las Palmas – Malaga pour les espagnols (après il y a peut-être des malades qui suivent les trois… mais je n’ose pas imaginer un espagnol, posé dans son canapé de la banlieue madrilène, engeuler sa femme qui passe devant la télé avec l’aspirateur : « Pousse toi la grosse ! J’ai failli louper la seule occasion de Guingamp ! » enfin ça serait plutôt : « Poussa ti la grossa pleina de paella ! Yo faillido loupacho la unica occasiona de una villa que yo no conosco ni de Eva ni de Adamo »).

Et pourtant je les plains ces fans de la première heure, leur fête est gâchée. Ils doivent expliquer pour la énième fois à leur campagne la règle du hors-jeu, ils doivent subir les raillements testostéronés des rugbymen sur ces mauviettes qui se roulent par terre au moindre contact, ils doivent défendre des millionaires tout en faisant la queue à Pôle Emploi, ils doivent écouter Denis Brognart leur parler tactique de jeu… D’un coup, tout le monde se sent légitime de donner son avis sur leur passion.

Cette sensation peut être rapprochée de celle que ressentent les mélomanes, qui écument Internet à la recherche de nouveaux artistes, de nouvelles sonorités, qui découvrent un jour dans une salle intimiste leur nouvelle idole et qui se sentent démunis lorsqu’ils entendent sa voix passer sur NRJ.

Cela nous emmène à la deuxième catégorie, responsable du malheur des footix, « Les opportunistes ». Leur devise « S’il y a de la bière, y a de la joie. S’il y a de la joie, on est là ! ». Comme ils n’y connaissent rien au foot, ils profitent des matchs (qu’ils ne regardent pas) pour répéter leurs chants et parfaire leur rôle histoire de passer incognito une fois qu’ils sortiront dans la rue : « ON A GAGNE ! ON A GAGNE ! Bon j’espère que personne ne va me demander quoi… Après il faut bien que je pense à sauter quand on chante « QUI NE SAUTE PAS N’EST PAS FRANCAIS ! » la dernière fois j’ai failli me faire griller. Roh et puis je ne me souviens jamais combien il y a de « PO » dans « POPOLOPOPOPOPO ». Pas grave, je ferai du play-back »

Venons à la dernière catégorie, celle qui n’a pas fêté la victoire de la France dimanche dernier. Laissons d’entrée tranquille, ceux qui n’en ont simplement « rien à foot », ceux qui regardent d’un air incrédule mais bienveillant toute cette hystérie. Respectons leur volonté de se tenir à l’écart.

En revanche, certains choisissent d’aller à la confrontation et affichent leur regard critique. Il y a ceux qui espèrent ainsi bénéficier d’une image d’intellectuel. Et s’ils sentent que leur stratagème ne fonctionne pas, ils insistent en rappelant que « les footeux ne savent pas aligner trois mots de français » alors qu’ils seraient plus ridicules sur un terrain que Ribéry face à un micro. Et puis il y a ceux qui le font pour des raisons plus politiques, dénonçant le foot-business, s’énervant de voir qu’il n’y avait pas la même célérité à descendre dans la rue lorsqu’il s’agissait de défendre des droits. Comme ce fut le cas de Philippe Poutou. Mais en même temps, il faut le comprendre, voir des millions de gens défiler dans la rue, c’est son fantasme absolu, il en rêve la nuit ! (contrairement à la majorité des hommes qui manquent cruellement d’ambition et se contentent de fantasmer sur un plan à 3).

Mais la différence est que, ce dimanche 15 juillet, les gens sont descendus dans la rue pour fêter une victoire qui leur était offerte. Ce sont les 23 joueurs qui se sont battus pour l’avoir. Alors qu’en cas de manifestation ou de grève, la victoire n’est pas acquise, il faut se battre et là, il n’y a plus personne !

Et merde… je m’étais promis de ne pas faire partie des grincheux…

Mati.

L’amour est mort. Vive l’amour !

« Aimer c’est ce qu’y a d’plus beau »
(Roméo & Juliette)

« L’amour n’existe plus, la démographie se limite à une gigantesque histoire de cul »
(Soklak – After L)

Que peut-on dire de l’amour ?

« L’amour c’est beau. » Oui c’est vrai. C’est tellement beau que même les moches aiment (entre eux évidemment).

« L’amour ça fait mal. » Oui c’est vrai aussi. Surtout quand ça vous tombe sur le pied. Et là putain ça fait mal sa mère la pute !

« L’amour ça fait durcir le zizi. » Oui c’est vrai, je m’en suis rendu compte en regardant la dernière photo Instagram de Nabilla. Et puis après je me suis rappelé que j’aime aussi ma Maman… Donc on peut aussi dire que « L’amour ça ne fait pas durcir le zizi. ». Sauf si on s’appelle Œdipe.

« L’amour ça coûte cher. » Oui, surtout lorsque l’autre ne vous aime pas. Et dans ces cas-là, l’argent aide à convaincre. Nous pouvons citer par exemple le cas des prostitués. Ou de Laëtitia Halliday.

Pour autant quand on n’a pas d’argent, on peut « vivre d’amour et d’eau fraîche ». Mais en général on ne vit pas longtemps.

« L’amour est éternel. » Oui, à condition de croire à la vie après la mort (antinomie). Nous noterons d’ailleurs que les mariés, qui veulent nous faire croire que leur acte est le seul qui puisse témoigner d’un engagement véritable, n’y croient pas… puisqu’ils s’engagent seulement à s’aimer « jusqu’à ce que la mort les sépare ». Certainement par peur que l’autre se réincarne en chèvre. Quel manque cruel de romantisme !

« L’amour dure 3 ans. » Cette temporalité s’applique pour les plus frileux, qui préfèrent signer un CDD amoureux. Cela permet de se protéger au cas où l’on se rendrait compte que l’autre pue des pieds.

Après avoir dit tout ça, qu’en ressort-on ? Et bien pas grand-chose, il faut bien se l’avouer. L’amour serait autant positif que négatif puisque l’on peut dire à son sujet tout et son contraire. On ne sait pas si on doit le poursuivre ou le fuir, l’aduler ou le détester. Existe-t-il un autre domaine en pareil cas ?

Giroud ? Oui c’est vrai… ce joueur est tantôt raillé, tantôt idolâtré. Il a l’élégance d’un obèse en tutu, tout en ayant la même efficacité devant le but que notre ami en tutu devant un buffet à volonté. Sauf que Giroud n’est pas un domaine donc ça ne marche pas.

La politique ? Oui, voilà ! Là c’est un domaine où l’on peut tout à fait dire tout et son contraire :

  • « Les migrants c’est des héros ! Ils sauvent nos enfants d’une chute mortelle ! Il faut en accueillir plus ! » (Ouaiis ! Vive les migrants !) – « Ne l’écoutez pas ! Les migrants violent nos filles et nos femmes ! Il faut les laisser crever sur leur bateau ! » (Ah oui vu comme ça.. bouuh les migrants ! Caca les migrants !)
  • « Nous sommes endettés, il faut dépenser moins ! » – « Pas du tout ! Il faut dépenser plus ! Plus on dépense, plus l’Etat récupère d’argent. » – « Qu’ouïs-je ? Non mais laissez-moi rire ! » – « Je vous en prie. » – « Mouhahahaha ! » – « Quel rire diabolique ! Vous êtes terrifiant ! » – « Et ta mère ? Elle est pas terrifiante ta mère ? Avec son gros BIP de sale BIP… »

Hop hop hop ! Messieurs, un peu de tenue ! Veillez à votre vocabulaire, je vous rappelle que vous vous exprimez sur un blog de grande audience…

Bon, pourquoi en arriver à comparer politique et amour ? Car à force de se chamailler et de prétendre détenir la vérité, plus personne ne croit en la politique. La même logique risque de s’appliquer pour l’amour car, je vous le dis, les sceptiques de l’amour se multiplient. Et ils ont raison ! Tout comme la politique cherche à donner du sens à notre quotidien, en essayant de régir nos activités, nos pensées, notre travail, pour meubler le vide d’une vie sans but, l’amour est une enveloppe, un paquet cadeau pour embellir l’objectif poursuivi par l’humanité : se reproduire pour faire perdurer l’espèce.

L’amour est un tour de magie où le magicien est notre cerveau. Mais justement ! Toute la beauté est là ! On sent qu’il y a un « truc » mais à chaque fois on est émerveillé. Alors laissons-nous hypnotiser par notre cerveau et aimons sans comprendre, aimons sans réfléchir, aimons sans questionner, aimons sans répondre, aimons sans exigences, aimons sans attentes, aimons sans retour, aimons sans barrières, aimons sans ego.

Mati.

(PS : Pour toutes les meufs qui se sont dit « Wow ce mec est trop romantique », n’hésitez pas à lâcher vos numéros, j’ai la dalle.)