Que faîtes-vous pendant que je fais caca ? (T’as joui ?)

« Elle veut une gâterie, sa chatte pue des pieds.
Fait semblant d’jouir en s’mettant des doigts. »
(Damso – Fais-moi un vie)

L’autre jour, alors que je faisais caca, j’ai été pris d’un vertige. Je précise de suite : cela n’était aucunement dû à d’éventuelles effluves nauséabondes (d’ailleurs, qu’est-ce qui explique que nos propres odeurs ne nous importunent pas, voire nous réconfortent, alors que si on passe aux toilettes derrière un inconnu on est en mode « ALERTE ROUGE ! PLUTOT MOURIR ASPHYXIÉ QUE D’INSPIRER A NOUVEAU ! »)

Non, ce qui m’a fait tourner la tête, c’est de m’imaginer tout ce que pouvait faire les autres humains au même moment. On oublie, qu’à chaque instant, 7 milliards de destins sont en cours. 7 milliards de personnes vivent un moment unique. Par exemple, là maintenant, que faîtes-vous ? […]

Alors oui, là maintenant vous me lisez – et je vous en remercie –, mais quand je dis « là maintenant », c’est là maintenant pour moi, pas là maintenant pour vous. Là maintenant, pour moi, je suis en train d’écrire alors que là maintenant, pour vous, je ne sais pas ce que je suis en train de faire. Du moins je ne le sais pas encore. Enfin bref, vous n’êtes pas obligé de répondre.

En pensant à la multitude de tranches de vie en cours, je me suis dit qu’il serait rigolo de pouvoir publier une liste de ce que chaque personne fait à un instant précis, une photographie de l’activité humaine prise sur le vif. Forcément, il y aurait beaucoup de « mange » ; « marche » ; « dort ». D’ailleurs je pense que cette dernière activité, dormir, serait certainement la plus représentée. Symboliquement c’est fort. Parce qu’admettons que cette liste tombe entre les mains d’une population extra-terrestre mal intentionnée qui veuille nous connaître un peu plus avant de, je ne sais pas moi… nous anéantir ! Avant d’envahir la Terre, ils veulent savoir à quoi s’attendre. Qui sommes-nous ? Que sommes-nous en train de faire ? Et là, ils constatent que majoritairement les humains sont en train de « dormir ». Donc ils se renseignent. En quoi consiste l’activité favorite des humains ? A cet instant, ils ont encore une image valorisante de nous. Peut-être même qu’ils flippent un peu… et puis ils découvrent que, dans la majorité, nous sommes en train d’être allongés, les yeux fermés, sans bouger. Forcément les troupes alien reprennent du poil de la bête.

Bon, ne nous faisons pas peur et restons sur des considérations plus terre à terre. Pour faire le lien avec un sujet d’actualité (Journaliste un jour, journaliste toujours ! « Sauf que tu n’as jamais été journaliste Mati… » C’est vrai, autant pour moi.), si on en croit le phénomène du compte Instagram « T’as joui ? », nous devrions voir assez peu la mention « est en train de jouir » accolée aux femmes.

Ce compte Instagram, créé par une journaliste, publie des témoignages féminins relatant leurs expériences sexuelles. Il met en évidence une insatisfaction quasi générale et une incapacité des hommes à faire jouir leur partenaire.

Décidément, il ne fait pas bon être une femme à notre époque ! Elles subissent quotidiennement des harcèlements pour des rapports sexuels qu’elles ne désirent pas (#BalanceTonPorc), et quand elles y consentent, elles tombent sur un manche incapable de les faire jouir (#BalanceTonNaze).

Bon, après j’imagine qu’il existe des hommes qui ne font partie ni d’une catégorie ni de l’autre. Enfin… je pense. Enfin… bon… là je n’ai pas d’exemple qui me vienne en tête… En tout cas, pour ma part, je peux vous jurer que je n’ai jamais agressé personne !

Plus sérieusement, autant je comprends le mouvement de libération de la parole sur les cas d’agressions sexuelles. Cela force la prise en compte d’une souffrance silencieuse. C’est un sujet sociétal qui nécessite une pédagogie, une prise de conscience générale, des interventions institutionnelles comme la mise en place de cellules d’écoute, la formation des policiers, la réduction du délai de prescription, etc… Autant là, venir clamer sur les réseaux sociaux : « Mon mec est un naze ! Il ne me fait pas jouir ! », on s’en fout ! Cela relève de l’intime. Ce n’est pas à nous qu’il faut en parler madame, mais à lui ! Faites-lui une carte au trésor pour lui indiquer le chemin de votre clito, expliquez lui que dans la vie, ce n’est pas comme dans le porno, on ne peut pas faire une double-anale sans préliminaires (et sans un autre partenaire).

D’ailleurs, pour faire le lien avec un deuxième fait d’actualité (amenez-moi le prix Pullitzer), ce manque de connaissances liées au plaisir féminin mais aussi à la sexualité en général, s’explique par le fait que cela reste tabou ! C’est pourquoi il a été instauré que, à partir de la rentrée, les élèves auraient 3 cours d’éducation sexuelle par an de la primaire au lycée. Comme ça au moins, on pourra repérer très tôt les futurs nazes au lit :

Conseil de classe de l’école Jules Ferry. Les profs se disputent autour du cas de Matéo à propos de son passage en CE2 :

« Alors ok, Matéo a 18 de moyenne en dictée et est capable de poser une division avec 2 chiffres après la virgule, mais je ne peux pas laisser passer un élève en CE2 qui est encore incapable de faire un cunni correctement !

– Alors là je ne comprends pas, vous êtes intransigeant avec Matéo alors que vous n’avez rien dit pour le passage de Baptiste, qui, je vous le rappelle, est quand même éjaculateur précoce !

– Cela n’a rien à voir ! Baptiste fait des efforts, il est motivé ! Alors que Matéo refuse de faire ses devoirs à la maison. Sous prétexte que sa petite sœur n’est pas d’accord… »

Sur ce, il faut que j’aille faire caca. Et penser à tout ce que vous pouvez être en train de faire. J’espère que cela ne vous dérange pas.

Mati.

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Nicolas Hulot a-t-il abandonné ses convictions laissant l’écologie aux mains d’un libéralisme effréné ? (Sous-entendu : Nicolas Hulot est-il un gros PD ?)

« J’irai au bout de mes rêves,
Tout au bout de mes rêves,
J’irai au bout de mes rêves,
Où la raison s’achève. »
(Jean-Jacques Goldman)

Bon, à la base je voulais traiter d’un sujet léger comme « Ne pas vouloir aller travailler après trois semaines de vacances est-il une raison valable et suffisante pour se suicider ? ». Sauf que mon paternel en a décidé autrement. En soi, ce n’est pas vraiment lui qui a décidé, il m’a simplement fait part d’une idée. Mais dans une société patriarcale, une proposition du père de famille fait office de décision et en plus, il est mon plus fidèle lecteur donc je ne peux me permettre de le décevoir. (En le prônant « Lecteur le plus fidèle », j’essaie de créer une concurrence entre mes parents. Je sais, c’est malsain.)

Venons-en au sujet en question.

Nicolas Hulot a démissionné ce mardi du gouvernement. Il était las de ne pas pouvoir aller au bout de ses projets, de devoir multiplier les compromis et de se contenter de demi-victoires. Sur cette base, l’idée de développement soumise par mon géniteur est : la force de l’engagement, des convictions et jusqu’où pouvons-nous aller pour celles-ci ?

[…]

Allez maintenant Mati, démerde-toi avec ça !

Partie 1 : Nicolas Hulot, cet homme intègre qui ne transigera pas

Au premier abord, j’admire beaucoup Nicolas Hulot. Il a réussi à infiltrer le système de l’intérieur et a voulu infléchir la politique menée par le gouvernement. Sa volonté de défendre ses convictions écologiques, d’avoir un impact sur la société, l’a poussé jusqu’aux plus hautes sphères de l’Etat en devenant ministre. Respect. Bon c’est sûr que c’est vite impressionnant pour moi lorsque je fais le parallèle avec mon cas personnel. Ma plus forte conviction est que « Pokémon est le meilleur jeu jamais inventé ». Pas sûr que cela vaille le coup de devenir ministre pour défendre cette idée.

Après, ce qui fait maintenant débat, c’est de savoir s’il a bien fait de démissionner. Si lui abandonne, on peut légitimement penser que tout espoir n’est plus permis. Plus personne ne va défendre la veuve abeille et l’orphelin éléphant, plus personne ne va rêver de transformer le périphérique parisien en piste cyclable géante où l’on pourrait respirer un air pur (légèrement agrémenté d’huile essentielle menthe poivrée) à pleins poumons.

Mais au fond, ce n’est pas réellement une surprise. Initialement, la cause de vouloir concilier écologie et libéralisme est noble, mais elle est impossible. L’écologie c’est l’inverse du laisser-faire. L’écologie c’est des contraintes, c’est une mainmise sur l’économie, la finance, l’industrie, le quotidien… Et tout cela est très impopulaire. Hormis quelques kamikazes, tout le monde s’accorde pour répondre par l’affirmative à la question : « Souhaitez-vous sauver la planète ? ». En revanche, cela devient plus complexe quand la question se précise : « Et pour cela êtes-vous prêts à ne plus manger de viande ? à renoncer à votre voiture personnelle ? à faire une croix sur les voyages en avion ? à ne plus faire d’enfant ? etc… ».

Cela me fait penser à cette phrase de Bossuet « Nous nous affligeons des effets mais continuons à adorer les causes ». (En réalité j’ai lu cette phrase dans le journal. Je ne sais même pas qui est ce Bossuet. Pour moi c’est juste une place de Dijon. Mais j’ai toujours admiré les gens capables de sortir à tout moment une citation. Je crois que je développe un complexe d’infériorité car tout ce que je parviens à retenir c’est les slogans publicitaires : « Avec Carrefour je positive » « Carglass répare, Carglass remplace » « Chocapiiic ! C’est fort en chocolat »)

Dans l’incapacité d’agir, ne souhaitant pas transiger avec ses convictions écologiques, Nicolas Hulot a donc préféré quitter le navire. Cette décision semble respectable et provenir d’un homme intègre. A moins que… (Ecran noir. Musique dramatique. Suspense insoutenable.)

Partie 2 : Nicolas Hulot, cet imposteur (Initialement je voulais écrire « Nicolas Hulot, ce bel enculé » mais bon j’ai déjà cédé à la facilité de la vulgarité dans le titre donc j’ai estimé que cela serait trop.)

Tout cela semblait trop parfait. J’aurais dû me méfier et me remémorer ce que disait Nietszche : « Le contraire de la vérité, ce n’est pas le mensonge, ce sont les convictions. » (Encore une citation que je ne connaissais en réalité pas il y a encore 10 minutes. Contrairement à : « Zéro tracas, zéro blabla, MMA ! »)

Lorsque l’on s’intéresse de plus près à ce Monsieur Hulot (je n’ai plus envie de l’appeler Nicolas), ses jérémiades lors de sa démission prennent une autre dimension. Il se lamentait de devoir faire face en permanence à des lobbys puissants, venant défendre des intérêts privés. Ce qui est vrai. Sauf que c’est un peu l’hôpital qui se fout de la charité (en fait je retiens les slogans publicitaires et les expressions moyenâgeuses).

Les convictions de Monsieur Hulot ont comme limite son propre intérêt. Hormis le fait qu’il se soit fait connaître via ses émissions Ushuaïa diffusées sur TF1 (ce qui s’apparente a minima à une faute de goût), cela lui a permis d’amasser une petite fortune grâce aux produits dérivés commercialisés par l’Oréal. Ces produits ont été à plusieurs reprises épinglés comme étant toxiques, contenant des perturbateurs endocriniens, des allergènes… Donc bon, quand on travaille avec les plus grands groupes industriels, champions de l’évasion fiscale et ce, pour vendre des produits absolument pas écolos, on ferme sa boîte à camembert ! Non mais dis donc !

Maintenant, il ne nous reste plus qu’à savoir quel va être le prochain pantin vert de Macron.

(Loto) A qui le tour ?

Mati.

L’affaire Benalla : enfin la vérité !

« J’ai dix ans,
Je sais que c’est pas vrai, mais j’ai dix ans,
Laissez-moi rêver, que j’ai dix ans,
Ça fait bientôt quinze ans, que j’ai dix ans,
Ça parait bizarre mais
Si tu m’crois pas hé, tar’ ta gueule à la récré »
(Alain Souchon)

Petit rappel des faits : un sbire de la Cour de Macron 1er, Alexandre Benalla, a été filmé en train de jouer à la bagarre avec un couple de manifestants le 1er mai.

Le scandale est immédiat.

Non mais qu’est-ce que c’est que ces enfantillages ? Sa maman ne lui a jamais appris que « Jeux de mains = jeux de vilains » ? Et puis, le plus choquant dans l’histoire, c’est qu’il était déguisé en policier ! Monsieur Benalla, franchement, il serait temps de grandir un peu. On ne se déguise plus quand on est un adulte (enfin sauf dans des soirées à thème ou pour des enterrements de vie de garçon / vie de jeune fille. Donc que dans des situations de tristesse infinie). Et puis, ça vous fait encore rêver le métier de policier ? Seule la naïveté enfantine, permet d’envisager le monde sous le prisme « méchants vs gentils ». Prisme indispensable à quiconque souhaite incarner la justice.

Après avoir pris connaissance de ces faits, le peuple français s’insurge. Il estime être en droit d’attendre plus des collaborateurs de notre souverain. Qu’est-ce que cela va être la prochaine fois ? Le premier ministre, Edouard Philippe, va arriver au conseil des ministres en costume de Harry Potter ? Et jeter son sort « Supprimum Chômageum » ? Le porte-parole, Christophe Castaner, va débarquer sur BFM TV grimé en Dark Vador ? S’adressant aux français en leur demandant de rejoindre le côté « En marche » de la force ? (Personnellement, je ne serais pas contre. Au moins le côté « on se fout de votre gueule » serait assumé.)

Revenons à notre Monsieur Banollo. Tout le monde se pose la question : « Mais qu’est-ce qu’il foutait là ? ». N’avait-il pas mieux à faire en ce 1er mai ? Comme divertir notre monarque ? Disputer avec lui une partie de Mario Kart (en s’arrangeant pour le laisser gagner) ? Soigner les vergetures de Brigitte ?

Après un long travail d’investigation, je suis en mesure de vous dévoiler la vérité. Je ne peux évidemment pas dévoiler mes sources mais elles sont fiables. (C’est elles qui me l’ont dit et vu qu’elles sont fiables, je les ai crues.)

En effet, la présence de Monsieur Bonullu n’est pas le fruit du hasard. Rien n’est jamais le fruit du hasard puisque le hasardier est un arbre qui n’existe pas (jeu de mots à mettre sur le compte de la chaleur). C’est comme la bagarre entre Booba et Kaaris (« Quand on a vu ça on peut mourir tranquille » RIP Thierry Roland), vous n’allez pas me dire que, comme par hasard, ils se croisent à l’aéroport d’Orly puisque, comme par hasard, ils doivent tous les deux donner un concert à Barcelone et que, comme par hasard, des gens autour d’eux ont un smartphone et ont le réflexe de filmer. Non, non tout ça est trop surréaliste.

Donc je vous disais, Monsieur Benilli était là pour une raison précise. Ses victimes, un couple de manifestants grecs, étaient ses cibles depuis le départ. Par souci de simplification, nous les nommerons Papayotis Rastapopoulosos et Athenarisotos Exharcopoulpis.

Dès le départ, Monsieur Bonullu, voulait en découdre avec Papayotis Rastapopoulosos, enfin plutôt avec Athenarisotos Exharcopoulpis que Papayotis Rastapopoulosos, même si les images témoignent d’une violence plus accrue envers Papayotis Rastapopoulosos que Athenarisotos Exharcopoulpis.

Pour vous la faire courte, Monsieur Benallax, est tombé amoureux de Papayotis lors d’une soirée déguisée pendant son dernier voyage à Mykonos. Il était déguisé, je vous le donne en mille, en CRS ! Papayotis était quant à lui déguisé en Dieu grec (pas très original, mais bon, qui sommes-nous pour juger ?). S’en est suivie une idylle courte mais passionnée. Les mauvaises langues parleront d’ « amourette de vacances » mais ce qui se cacha derrière était bien plus profond.

Sauf que Monsieur Belanna dut retourner en France. Macron s’ennuyait et puis il en avait marre, Nicolas Hulot refusait de le laisser gagner à Mario Kart et Gérard Colomb était trop nul – il s’endormait en pleine partie – pour apprécier la victoire. Les adieux furent déchirants. Ils se promirent de se revoir très vite, échangèrent numéros et réseaux sociaux pour rester en contact.

Sauf que le temps passa et fit son œuvre. Les échanges furent de moins en moins rapprochés. Et un jour, Monsieur Binallu, découvrit sur Instagram une photo de Papayotis enlacé dans les bras d’une « grosse pute » (c’est le terme qu’il a employé à ce moment). Et en plus, les deux tourtereaux évoquaient leur projet de venir passer des vacances en France ! A Paris ! Alors que Papayotis avait toujours trouvé des excuses pour ne pas venir voir notre pauvre Monsieur Bunollo !

Leur venue était prévue le 1er Mai.

Vous connaissez la suite…

Mati.

Quel type de supporter êtes-vous ?

« Le prof m’a dit « Tu veux faire quoi plus tard ? »
Quoi ? Comme Zizou : sur l’terrain. »
(PNL – Porte de Mesrine)

Il y en a peut-être qui, par un concours de circonstances (sieste dimanche dernier de 17h à 19h + panne d’électricité + épidémie qui a décimé tout l’entourage + licenciement, réduisant à néant tout contact social cette semaine), ne sont pas au courant : La France est championne du monde !

Ces gens-là ne savent pas la chance qu’ils ont ! Car, pour vous raconter un peu ma vie – chose que je ne fais pas assez, alors que c’est quand même l’objet de ce blog, bien que l’objet n’ait en réalité jamais vraiment été défini, ce qui me pose régulièrement des soucis dans le choix des sujets à traiter, mais là n’est pas l’objet de cette chronique, qui n’a pas encore été exposé puisque celle-ci n’a pas commencé –

Reprenons : j’envie ceux qui ne savent pas que la France est au firmament footballistique. Ceux qui ne se sont pas fait spoiler et qui pourront regarder la finale sans savoir qu’à la fin « ON A GAGNEEEEE !!! ». Car de mon côté, pendant le match, je m’envoyais en l’air (je rassure ma bien-aimée : c’était avec un boeing 747 à l’allure vulgaire et aux courbes grossières sans commune mesure avec l’angélisme de tes traits). Or, même avec toute la bonne volonté du monde, je n’ai pu éviter de connaître le dénouement à mon retour dans notre mère-patrie (je m’excuse d’avance auprès de mon public gauchiste, la coupe du monde me pousse mécaniquement à des élans nationalistes incontrôlables). La moindre bourgade était envahie par ses propres habitants qui en faisaient le tour en klaxonnant ou qui agitaient des drapeaux au passage de ceux qui en faisaient le tour en klaxonnant. Chacun son rôle, la nature est bien faite. Dès lors, impossible de ne pas reconnaître ici la parade de la victoire. J’étais coincé : je ne pouvais fêter une victoire à laquelle je n’avais pas assisté et je ne pourrais pas visionner le match sans savoir qu’il y a une victoire à la clé. Frustration maximale.

Cette complainte de mon malheur n’est pas vaine puisqu’elle me permet d’avoir un regard objectif sur les différents supporters et d’analyser les différentes réactions suite à cette victoire. Contrairement aux idées reçues personne n’est unique et tout le monde rentre dans une case, j’espère que vous trouverez la vôtre :

Commençons par « Les footix », les fans de foot : cette Coupe du Monde est censée être leur fête. L’apothéose, le graal suprême. Eux qui suivent avidement toute l’année, chaque match, des Angers – Guingamp pour les français, des Bournemouth – Southampton pour les Anglais, des Las Palmas – Malaga pour les espagnols (après il y a peut-être des malades qui suivent les trois… mais je n’ose pas imaginer un espagnol, posé dans son canapé de la banlieue madrilène, engeuler sa femme qui passe devant la télé avec l’aspirateur : « Pousse toi la grosse ! J’ai failli louper la seule occasion de Guingamp ! » enfin ça serait plutôt : « Poussa ti la grossa pleina de paella ! Yo faillido loupacho la unica occasiona de una villa que yo no conosco ni de Eva ni de Adamo »).

Et pourtant je les plains ces fans de la première heure, leur fête est gâchée. Ils doivent expliquer pour la énième fois à leur campagne la règle du hors-jeu, ils doivent subir les raillements testostéronés des rugbymen sur ces mauviettes qui se roulent par terre au moindre contact, ils doivent défendre des millionaires tout en faisant la queue à Pôle Emploi, ils doivent écouter Denis Brognart leur parler tactique de jeu… D’un coup, tout le monde se sent légitime de donner son avis sur leur passion.

Cette sensation peut être rapprochée de celle que ressentent les mélomanes, qui écument Internet à la recherche de nouveaux artistes, de nouvelles sonorités, qui découvrent un jour dans une salle intimiste leur nouvelle idole et qui se sentent démunis lorsqu’ils entendent sa voix passer sur NRJ.

Cela nous emmène à la deuxième catégorie, responsable du malheur des footix, « Les opportunistes ». Leur devise « S’il y a de la bière, y a de la joie. S’il y a de la joie, on est là ! ». Comme ils n’y connaissent rien au foot, ils profitent des matchs (qu’ils ne regardent pas) pour répéter leurs chants et parfaire leur rôle histoire de passer incognito une fois qu’ils sortiront dans la rue : « ON A GAGNE ! ON A GAGNE ! Bon j’espère que personne ne va me demander quoi… Après il faut bien que je pense à sauter quand on chante « QUI NE SAUTE PAS N’EST PAS FRANCAIS ! » la dernière fois j’ai failli me faire griller. Roh et puis je ne me souviens jamais combien il y a de « PO » dans « POPOLOPOPOPOPO ». Pas grave, je ferai du play-back »

Venons à la dernière catégorie, celle qui n’a pas fêté la victoire de la France dimanche dernier. Laissons d’entrée tranquille, ceux qui n’en ont simplement « rien à foot », ceux qui regardent d’un air incrédule mais bienveillant toute cette hystérie. Respectons leur volonté de se tenir à l’écart.

En revanche, certains choisissent d’aller à la confrontation et affichent leur regard critique. Il y a ceux qui espèrent ainsi bénéficier d’une image d’intellectuel. Et s’ils sentent que leur stratagème ne fonctionne pas, ils insistent en rappelant que « les footeux ne savent pas aligner trois mots de français » alors qu’ils seraient plus ridicules sur un terrain que Ribéry face à un micro. Et puis il y a ceux qui le font pour des raisons plus politiques, dénonçant le foot-business, s’énervant de voir qu’il n’y avait pas la même célérité à descendre dans la rue lorsqu’il s’agissait de défendre des droits. Comme ce fut le cas de Philippe Poutou. Mais en même temps, il faut le comprendre, voir des millions de gens défiler dans la rue, c’est son fantasme absolu, il en rêve la nuit ! (contrairement à la majorité des hommes qui manquent cruellement d’ambition et se contentent de fantasmer sur un plan à 3).

Mais la différence est que, ce dimanche 15 juillet, les gens sont descendus dans la rue pour fêter une victoire qui leur était offerte. Ce sont les 23 joueurs qui se sont battus pour l’avoir. Alors qu’en cas de manifestation ou de grève, la victoire n’est pas acquise, il faut se battre et là, il n’y a plus personne !

Et merde… je m’étais promis de ne pas faire partie des grincheux…

Mati.

L’amour est mort. Vive l’amour !

« Aimer c’est ce qu’y a d’plus beau »
(Roméo & Juliette)

« L’amour n’existe plus, la démographie se limite à une gigantesque histoire de cul »
(Soklak – After L)

Que peut-on dire de l’amour ?

« L’amour c’est beau. » Oui c’est vrai. C’est tellement beau que même les moches aiment (entre eux évidemment).

« L’amour ça fait mal. » Oui c’est vrai aussi. Surtout quand ça vous tombe sur le pied. Et là putain ça fait mal sa mère la pute !

« L’amour ça fait durcir le zizi. » Oui c’est vrai, je m’en suis rendu compte en regardant la dernière photo Instagram de Nabilla. Et puis après je me suis rappelé que j’aime aussi ma Maman… Donc on peut aussi dire que « L’amour ça ne fait pas durcir le zizi. ». Sauf si on s’appelle Œdipe.

« L’amour ça coûte cher. » Oui, surtout lorsque l’autre ne vous aime pas. Et dans ces cas-là, l’argent aide à convaincre. Nous pouvons citer par exemple le cas des prostitués. Ou de Laëtitia Halliday.

Pour autant quand on n’a pas d’argent, on peut « vivre d’amour et d’eau fraîche ». Mais en général on ne vit pas longtemps.

« L’amour est éternel. » Oui, à condition de croire à la vie après la mort (antinomie). Nous noterons d’ailleurs que les mariés, qui veulent nous faire croire que leur acte est le seul qui puisse témoigner d’un engagement véritable, n’y croient pas… puisqu’ils s’engagent seulement à s’aimer « jusqu’à ce que la mort les sépare ». Certainement par peur que l’autre se réincarne en chèvre. Quel manque cruel de romantisme !

« L’amour dure 3 ans. » Cette temporalité s’applique pour les plus frileux, qui préfèrent signer un CDD amoureux. Cela permet de se protéger au cas où l’on se rendrait compte que l’autre pue des pieds.

Après avoir dit tout ça, qu’en ressort-on ? Et bien pas grand-chose, il faut bien se l’avouer. L’amour serait autant positif que négatif puisque l’on peut dire à son sujet tout et son contraire. On ne sait pas si on doit le poursuivre ou le fuir, l’aduler ou le détester. Existe-t-il un autre domaine en pareil cas ?

Giroud ? Oui c’est vrai… ce joueur est tantôt raillé, tantôt idolâtré. Il a l’élégance d’un obèse en tutu, tout en ayant la même efficacité devant le but que notre ami en tutu devant un buffet à volonté. Sauf que Giroud n’est pas un domaine donc ça ne marche pas.

La politique ? Oui, voilà ! Là c’est un domaine où l’on peut tout à fait dire tout et son contraire :

  • « Les migrants c’est des héros ! Ils sauvent nos enfants d’une chute mortelle ! Il faut en accueillir plus ! » (Ouaiis ! Vive les migrants !) – « Ne l’écoutez pas ! Les migrants violent nos filles et nos femmes ! Il faut les laisser crever sur leur bateau ! » (Ah oui vu comme ça.. bouuh les migrants ! Caca les migrants !)
  • « Nous sommes endettés, il faut dépenser moins ! » – « Pas du tout ! Il faut dépenser plus ! Plus on dépense, plus l’Etat récupère d’argent. » – « Qu’ouïs-je ? Non mais laissez-moi rire ! » – « Je vous en prie. » – « Mouhahahaha ! » – « Quel rire diabolique ! Vous êtes terrifiant ! » – « Et ta mère ? Elle est pas terrifiante ta mère ? Avec son gros BIP de sale BIP… »

Hop hop hop ! Messieurs, un peu de tenue ! Veillez à votre vocabulaire, je vous rappelle que vous vous exprimez sur un blog de grande audience…

Bon, pourquoi en arriver à comparer politique et amour ? Car à force de se chamailler et de prétendre détenir la vérité, plus personne ne croit en la politique. La même logique risque de s’appliquer pour l’amour car, je vous le dis, les sceptiques de l’amour se multiplient. Et ils ont raison ! Tout comme la politique cherche à donner du sens à notre quotidien, en essayant de régir nos activités, nos pensées, notre travail, pour meubler le vide d’une vie sans but, l’amour est une enveloppe, un paquet cadeau pour embellir l’objectif poursuivi par l’humanité : se reproduire pour faire perdurer l’espèce.

L’amour est un tour de magie où le magicien est notre cerveau. Mais justement ! Toute la beauté est là ! On sent qu’il y a un « truc » mais à chaque fois on est émerveillé. Alors laissons-nous hypnotiser par notre cerveau et aimons sans comprendre, aimons sans réfléchir, aimons sans questionner, aimons sans répondre, aimons sans exigences, aimons sans attentes, aimons sans retour, aimons sans barrières, aimons sans ego.

Mati.

(PS : Pour toutes les meufs qui se sont dit « Wow ce mec est trop romantique », n’hésitez pas à lâcher vos numéros, j’ai la dalle.)

L’humour peut-il être de droite ?

« Je ne pense pas qu’on puisse avoir de l’humour et être de droite : c’est fondamentalement incompatible.
Avoir de l’humour, c’est se remettre en question en permanence alors que la droite, c’est le contraire de toute remise en question. »
(Pierre Desproges)

Commençons par distinguer objectivement la droite et la gauche : la droite c’est les méchants, la gauche c’est les gentils…
Comment ça je ne suis pas objectif ?

Je vais tâcher de vous le prouver en utilisant un exemple. Prenons le plus grand méchant de l’Histoire : Jésus-Christ. Pour l’ensemble de son œuvre (que nous ne pouvons retracer ici pour des raisons de flemme), le mec a été crucifié. Alors oui, je sais que son cas avait fait polémique à l’époque : « c’est un complot ! Les magistrats sont manipulés par le gouvernement ! C’est un acharnement médiatique ! Tout le monde a le droit de porter des sandales ! #FreeJesus, etc… », mais nous devons faire confiance aux institutions et à la justice : on ne condamne pas à mort un gentil. Et une fois mort, où s’en est allé ce cher Jésus ? Je vous le donne en mille : à la droite de Dieu. Donc la droite c’est les méchants. CQFD.

Bon, à ce stade et avant d’aller plus loin, je me permets de procéder un auto-débrief de cette chronique. Je constate deux choses :

  1. Je suis en train de partir sur un hors-sujet total. Pour l’avancement de la problématique initiale, qui, rappelons-le, est « L’humour peut-il être de droite ? », le fait que la droite soit principalement représentée par des enculés : osef ! (Comme ne disent plus les jeunes) Enfin, à moins de tenir un raisonnement du style : la droite c’est les méchants, les méchants n’ont pas d’humour donc la droite n’a pas d’humour. Raisonnement qui se tiendrait mais qui ne m’arrangerait pas car je n’ai écrit qu’un seul paragraphe pour le moment, ce qui est un peu léger.
  2. Pour la première fois, je n’ai pas usé d’une citation d’un rappeur testostéroné mais de Monsieur Desproges. Alors, je me l’accorde, cette citation est on-ne-peut-plus pertinente mais le problème est qu’elle répond catégoriquement à ma question. Du coup, je suis en train de me creuser la tête pour répondre à une question à laquelle mon maître absolu a déjà répondu. Je suis un peu con.

Allez ! Ce n’est pas grave, ne nous démobilisons pas malgré ce départ raté et essayons tout de même d’aller jusqu’au bout. Usons pour cela d’une métaphore manuelle : la droite c’est la main avec laquelle on écrit (sauf pour les gauchers). Nous pouvons en déduire que la droite représente ce qui est utile. En effet, elle permet également de : signer un contrat ; se masturber ; serrer une main… (ordre non prescriptif).

A l’inverse la gauche représente donc ce qui est superflu. Elle apporte du confort mais nous pourrions nous en passer : se tenir la tête en retranscrivant le cours de droit administratif déblatéré par Monsieur Dupuis, professeur passionné par sa matière, avant de devenir dépressif en se rendant compte qu’il était le seul dans l’amphi ; se cacher les yeux en signant un contrat pour être sûr de ne pas être en mesure de lire les petites lignes en bas qui nous feraient renoncer à la signature ; choper un rouleau de sopalin avant d’en mettre partout ; poser une main sur l’épaule lors de la poignée de main (si vous êtes le genre de personne qui le fait : arrêtez. Dîtes-vous que Trump le fait en permanence. Et si cela ne vous dérange pas d’agir comme Trump : arrêtez. De vivre.)

Dès lors, on peut classifier l’humour comme étant de gauche. En effet, quoi de plus superflu que l’humour ? Comme dirait l’autre (qui ne dit pas que des conneries), « c’est pas ça qui paie les factures à la fin du mois et qui remplit le frigo ! ».

La théorie selon laquelle l’humour est de gauche étant avancée, assurons-nous maintenant que nous ne pouvons pas trouver de contre-exemple. En effet, il suffirait d’être en mesure de citer un humoriste de droite pour que toute la théorie tombe à l’eau.

Donc, je vous écoute : citez-moi un humoriste de droite…

Allez-y, je vous laisse quelques instants pour réfléchir… Pas facile hein ?

Ayant eu de mon côté un peu plus de temps pour réfléchir, je vous livre mes résultats. 2 noms me sont venus à l’esprit : Jean-Marie Bigard et Laurent Gerra…

Voilà, voilà… je ne pense pas qu’il soit nécessaire d’aller plus loin : l’humour est de gauche.

La prochaine fois, nous traiterons d’une autre catégorie de la population n’ayant pas d’humour : les femmes (le combo « femme de droite » me donne des frissons).

Mati.

Éloge de la solitude ?

« J’ai des tas de potes à l’habitude,
Mais mon meilleur ami s’appelle solitude. »
(Sniper – Fallait que je te dise)

J’entretiens une relation chaotique avec la solitude. A tel point que j’aimerais parfois qu’elle me laisse seul.

Mais paradoxalement, dès qu’elle s’éloigne, elle me manque et je la supplie de revenir me tenir compagnie. Elle accepte généralement volontiers, même si, Madame la solitude a son petit caractère ! Si j’ai le malheur de m’afficher au côté d’autres personnes, elle peut se montrer très jalouse. Elle boude, elle grogne et elle se plaint qu’on ne passe pas assez de temps ensemble.

En même temps, comment lui en vouloir ? Entre nous, l’osmose est parfaite. Nous partageons les mêmes goûts, les mêmes attentes. Pourtant, rares sont les personnes qui, comme moi, peuvent saliver à la fois devant un paquet de M&M’s et un Ladoix Premier Cru, ou encore frissonner devant un match de Ligue des Champions et un film indépendant Iranien (film sans dialogue et réalisé uniquement en plans fixes dont Télérama écrira que « le silence et la lenteur de l’œuvre marque une opposition au bruit et à la fureur des dérives d’une société néo-libéraliste »). Car oui, c’est avec elle que je me cultive le plus : cinéma, littérature, musique… dans tous ces domaines, on est sur la même longueur d’ondes ! Et pour ne rien gâcher, nous avons toujours faim au même moment, de la même chose et dans les mêmes quantités !

Que peuvent faire l’amour et l’amitié face à cela ?

Mais je crois que ce que je préfère chez elle, c’est que je peux lui parler de tout. Lorsque je lui raconte mes tracas, elle m’écoute d’une oreille attentive, sans jamais me couper la parole (soyons honnêtes, elle ne se force pas trop, elle n’est pas très bavarde de nature) ni me juger.

Que peut faire le meilleur des psychologues face à cela ?

Souvent, elle accepte même de jouer le rôle de tierces personnes : le client qui m’est passé devant au supermarché à qui je n’ai rien osé dire, mon chef qui m’a demandé si cela ne me posait pas de problème de rester plus tard, l’ami qui avait besoin de soutien pour qui je n’ai pas trouvé les mots, la fille à qui j’aurais dû dire que je l’aimais. Avec elle, je refais la scène. Les mots me viennent plus facilement. Elle sait me mettre en confiance.

Que peut faire le Cours Florent face à cela ? (NB : Le Cours Florent c’est comme l’atelier théâtre organisé par l’office culturel de Châgneu-Les-Trois-Eglises, sauf que c’est l’inverse. Au Cours Florent, les élèves se prennent déjà pour des stars alors que les parents voudraient qu’ils fassent autre chose et s’orientent plutôt vers un vrai métier, genre avocat ou médecin. Alors qu’à Châgneu-Les-Trois-Eglises les parents, armés de leur appareil photo, caméscope ou smartphone pour les plus modernes, filment le spectacle de fin d’année, persuadés que leurs enfants sont des stars alors que les enfants rêveraient d’être ailleurs et voudraient faire une vraie activité, genre du foot.)

Pour autant, tout ne peut pas être aussi rose. Comme disaient les Rita Mitsuko : « Les histoires d’amour finissent mal, en général » (Vous noterez que sur ce coup là, ils ne se sont pas trop mouillés. Je pense que lorsqu’ils ont écrit la chanson, ils se sont dit « imagine que quelque part dans le monde, une histoire d’amour se finisse bien. On aurait l’air malin ! Donc les gars, au risque de passer pour des petites bites, je vous propose de rajouter « en général », ça nous évitera de finir avec un procès au cul ». Vous noterez par ailleurs que, en plus de ne pas être très courageux, ils étaient particulièrement vulgaires).

Vous allez sûrement me trouver pénible mais j’ai fini par me lasser de la perfection de la solitude. Je crois que l’adage selon lequel les hommes préfèrent les femmes « chiantes » se vérifie.

L’autre jour, j’ai fait un test. Nous étions tous les deux vautrés sur le canapé un dimanche après-midi quand je lui ai proposé « Et si on allait faire la vidange de la voiture ? Cela fait des semaines qu’on doit s’en occuper. Qu’en dis-tu ? » Et bien devinez-quoi ? Elle est tombée dans le panneau ! Elle a accepté ! Alors que je sais pertinemment que la mécanique l’exècre au plus haut point !

D’autant qu’après je me sens coupable. Si elle fait passer tous mes désirs en priorité, quand aura-t-elle le temps de réaliser les siens ? Et plus elle tentait de me rassurer en me répétant que seul mon bien-être l’importait, qu’elle était prête à tout pour que je sois heureux, plus mon malaise s’intensifiait. J’avais l’impression d’être suivi en permanence par un robot esclave qui tourne en boucle à base de « Bonjour Mati, que veux-tu faire aujourd’hui ? Quel est ton film préféré ? On pourrait le regarder. Quel est ton plat préféré ? Je pourrais te le préparer. » Mais j’en sais riiiennn ! « Quelle est ton activité préférée ? Je pourrais te sucer. » Hein ?! Mais comment tu sais ?

Non cela ne pouvait plus durer ainsi. J’ai décidé de mettre un terme à notre relation. Je m’en vais de ce pas rejoindre l’égoïsme de mes contemporains qui eux, accepteront de se faire passer en priorité.

Mati.

Sommes-nous des animaux comme les autres ?

« Hey, je n’ai pas d’ambition immense,
A part être quelqu’un qui mange du lundi au dimanche. »
(Alpha Wann – Turban)

Quand on est en manque d’inspiration, dans un repas avec des amis où les blancs s’accumulent et se rallongent, ou alors lorsque l’on se prend pour un écrivain et que l’on se retrouve devant sa feuille blanche (toute ressemblance avec des situations existantes ou ayant existé ne saurait être que fortuite), il reste un sujet qui fait mouche à coup sûr : le végétarisme.

Le végétarisme, c’est comme les conflits au Moyen-Orient, tout le monde a son avis sur la question… ah non pardon, ça tout le monde s’en branle. Du coup, quel autre sujet pourrais-je utiliser comme comparaison ? Un vrai débat existentiel, qui ne laisse à coup sûr personne indifférent… ah je sais ! La différence d’âge entre Brigitte et Manu Macron ! 24 ans ! C’est chaud non ? (N’hésitez pas à me donner votre avis dans les commentaires, ça m’intéresse.) D’ailleurs, il faut que je pense à proposer l’idée d’un article à ce sujet à Gala ou à Paris Match, je suis sûr qu’ils n’ont pas dû y penser… Bref ! Revenons à nos moutons.

Généralement, chacun a un avis très tranché sur le végétarisme. Avis que je résumerais de la façon suivante : « Assassin ! » VS « Casse-couilles ! » (Je vous laisse soin de deviner qui est qui). A ce stade, je vais tout de suite me contredire pour vous avouer mon avis sur la question n’est pas arrêté… même si je dois bien admettre que je regarde de plus en plus mon boucher en chien de faïence.

Pour ceux qui ont eu la chance d’y assister, le coming-out d’un végétarien lors d’un repas est toujours un grand moment. Pour ceux dont la famille ne s’est pas encore déchirée sur la question, je vais essayer de vous relater la scène pour que vous ne vous sentiez pas exclus :
L’ambiance est joyeuse, voire festive. L’apéro aidant, le volume sonore augmente. Les éclats de rire résonnent. Tout semble parfait lorsque le plat de résistance arrive. Tout le monde a une faim de loup, salive, trépigne… et soudain ! Une personne (jusque là tout à fait banale, mais qui, avec du recul, était restée silencieuse depuis le début du repas) décline le morceau de viande tendu par l’hôte de maison… « Non merci, je suis végétarien »… S’enclenche immédiatement un moment de flottement. Le temps se suspend. Chacun baisse les yeux pour regarder avec culpabilité son assiette, remuant et retournant avec sa fourchette ce qui lui faisait encore envie quelques secondes auparavant.

En général, très poliment, le néo-végétarien tente de ménager la chèvre et le chou et s’excuse de vive voix « Oh ! Ne vous embêtez surtout pas pour moi ! Je ne vous empêche pas de manger… » avant de poursuivre dans sa tête « … ce morceau de cadavre. Vous avez tout à fait le droit de faire partie de l’armée de Voldemort ! » (NB pour les incultes : dans l’oeuvre, que dis-je, le chef d’oeuvre Harry Potter, les partisans de Vous-savez-qui (NB du NB : Vous-savez-qui c’est Voldemort) sont appelés les « Mangemorts ».)

Mais, malgré cette invitation à poursuivre comme si de rien n’était, on sent bien que le cœur n’y est plus. C’est un peu comme si quelqu’un rentrait dans les toilettes, alors que vous êtes assis sur le trône, nu comme un ver, au moment fatidique où vous exercez la pression censée enclencher le processus défécatoire (celle qui gorge de sang la veine du front) et que la personne restait plantée face à vous, et vous disait « Vas-y je t’en prie continue ! Fais comme si je n’étais pas là ! ».

(Attention, je ne suis pas en train de dire que les végétariens nous font chier lorsque nous sommes à table et nous empêche de le faire lorsque nous sommes aux toilettes.)

Cela étant dit, essayons tout de même d’élever un peu le débat. Pour ne pas sauter du coq à l’âne, reprenons les positions évoquées précédemment : « Assassin » VS « Casse-couilles ». Je me plais à croire que, derrière, les deux parties ont des arguments autres que « Tu es un assassin, les lapins c’est trop mignon » et « Tu es casse-couilles, on mange de la bidoche depuis la préhistoire, je ne vois pas pourquoi je changerais. »

Pour ce qui concerne les végétariens, l’un des arguments avancés est d’invoquer l’antispécisme : aucune espèce ne peut se prétendre supérieure à l’autre, l’humain et l’animal sont égaux. Posons nos fusils, rentrez vos griffes et tenons-nous par la main, la patte, l’aile ou le sabot pour faire tous ensemble une grande ronde de la fraternité… sauf que ! Avant même d’aller plus loin, on se rend tout de suite compte que cela ne peut pas marcher… On exclut déjà le serpent ! (Que je me refuse catégoriquement de tenir par la queue !)

Sérieusement, où est la limite de cet argument ? Inviter les humains à ne plus manger de viande, et donc d’animaux, c’est inviter les humains à s’élever et à dépasser leur instinct primaire. Or, lui-seul semble capable d’une telle réflexion. Qui irait demander à un lion de prendre en considération la souffrance de la gazelle et de renoncer à lui sauter à la gorge ? L’humain aurait donc des devoirs supérieurs et serait tenu de régir le devenir des animaux… ce qui correspond à une construction totalement spéciste !

Sans me prétendre malin comme un singe, à mon sens, la réflexion doit plutôt porter sur un système globalisé. Système où l’industrialisation de la viande augmente les inégalités et ravage la planète. La problématique n’est pas d’imposer un ordre moral sur le contenu de notre assiette mais de refuser de considérer les animaux comme des ressources économiques.

En attendant, j’arrive au bout de ma chronique et vous noterez, à la lecture du titre, que mon objectif initial n’était pas de vous exposer mes théories anti-capitalistes. Il était plutôt de dire que, là où je rejoins pleinement la théorie antispéciste, c’est que plus je connais les humains, comme par exemple Elon Musk, le milliardaire dont le projet est d’envoyer une voiture en orbite autour de Mars, plus je me sens proche des animaux, et notamment de l’ours, dont le projet est de manger en masse, hiberner l’hiver et procréer l’été.

Mati.

 

Arnaud Beltrame : véritable héros ?

« Je ne suis pas un héros,
Mes faux pas me collent à la peau.
Je ne suis pas un héros,
Faut pas croire ce que disent les journaux. »
(Daniel Balavoine)

Héros : « celui qui se distingue par ses exploits ou un courage extraordinaire » (Larousse). Je me permettrais de rajouter « mais à qui on a rien demandé ».

Commençons déjà par un petit rappel des faits, histoire de planter le décor et de s’assurer que notre héros sera bien mis en lumière. Vendredi dernier, un terroriste tout méchant qui fait peur, tire sur quatre CRS qui faisaient leur footing dans l’Aude (ne me demandez pas pourquoi, il y a des fous partout… mais je suppose que c’était pour se préparer physiquement aux futurs affrontements avec les cheminots). Heureusement, les CRS, connus pour avoir une peau pare-balles digne d’un dragon, s’en sortent simplement avec le regret de ne pas avoir pu battre leur record du 10 kms (ils étaient pourtant bien partis selon l’un d’eux : « j’avais des jambes de feu ce jour-là », qui a hésité à poursuivre sa course après la fusillade).

Sans attendre, le terroriste tout vilain se rend au Super U de Trèbes. Il est alors 10h39. Bon déjà, on sent d’instinct que le mec n’est pas non plus super déter’ pour faire un carnage. Je peux me tromper, mais le Super U de Trèbes à 10h39, je doute que cela soit la cohue.

Du coup, faute de foule sur laquelle canarder, notre terroriste pas très malin doit faire avec les personnes présentes : les salariés. Il commence par tuer le boucher. A ce moment, on se dit que c’est peut-être l’œuvre d’un vegan radicalisé venu venger la mémoire de ses copains cochons (bon, en fait, on se rendra vite compte que les cochons ne sont pas vraiment ses copains… oh ça va ! un peu de racisme n’a jamais fait de mal à personne !).

Dès lors, on se dit que cela doit être la panique dans le Super U de Trèbes. On imagine tout le monde courir dans tous les sens, renverser des rayons entiers, crier, se bousculer… (en réalité, les caméras de surveillance montreront des images d’une tristesse affligeante où les trois pauvres clients présents à ce moment là, des retraités en bout de course, luttent péniblement avec leur hanche en plastique et leur arthrose pour se cacher. Un avant-goût des jeux paralympiques).

Notre cher terroriste (il fait de moins en moins peur vous ne trouvez pas ? Je commencerais presque à m’attacher) profite de cette confusion générale pour prendre en otage une femme. Certainement la femme d’un mari pas très courageux qui lui aurait piqué sa canne avant de fuir en s’exclamant « Chacun sa meeeerrrdee !! ».

C’est à ce moment, moment où la tension est à son comble, où tout semble perdu, où les mains sont moites, où les premières larmes commencent à perler, que se décide d’intervenir notre héros : le lieutenant-colonel Arnaud Beltrame. N’écoutant que son courage, il dépose son arme et propose de se constituer prisonnier à la place de la femme, ce que notre terroriste adoré accepte (je connais un mari qui va passer un sale quart d’heure).

Bon, je vais directement aller à la fin de l’histoire : notre héros se fait tuer, le GIGN intervient et abat le terroriste.
Du coup, nous pouvons procéder à un bilan factuel : 3 morts (le boucher, le terroriste, le héros).

Maintenant, explorons l’hypothèse suivante : notre héros n’en est en fait pas un. Il est comme n’importe quel être humain, il n’écoute que sa peur, se fait dessus au moindre coup de feu, et décide de rester en dehors de tout ça.
Du coup, l’otage initial se fait tuer, le GIGN intervient et abat le terroriste. Bilan : 3 morts.

Mais alors, attendez… comptablement et objectivement… son acte n’a sauvé aucune vie…

Ah ah ! il fait moins le fier notre héros national ! Enfin, je veux dire, il ferait moins le fier s’il était vivant ! Enfin non, parce que s’il était vivant, ça voudrait dire qu’il n’est pas intervenu et donc qu’il n’aurait aucune raison d’être fier… Bref ! Vous avez compris.

Je me permets même d’imaginer un autre scénario. Notre héros a une femme « illuminée » (ce qui n’est pas le fruit de mon imagination. Elle est persuadée que son mari va réapparaître pour Pâques, comme Jésus. Mais pour le moment, on a simplement parlé de « héros », pas encore de « messie » à ce que je sache) et il ne la supporte plus. Par-dessus ça, il s’est retrouvé lieutenant-colonel sans rien demander, juste parce que c’est ce qui arrive à ceux qui s’engagent dans l’armée et qui savent compter jusqu’à 10 (sans se tromper). Le mec est à bout… Et là ! Hallelujah ! Une opportunité en or s’ouvre à lui (veinard !) : mettre fin à tout ça (par « tout ça » j’entends « la vie ») en passant pour un héros et même, cerise sur le gâteau, se faire nommer Commandeur de la légion d’honneur (personne ne sait ce que cela veut dire mais il faut bien reconnaître que ça en jette !). Franchement, qui s’en serait privé ?

Bon après, bien évidemment tout cela ne reste que de glauques suppositions. Peut-être que Monsieur Superman était simplement prêt à échanger sa vie pour sauver celle d’autrui. Peut-être que, comme la définition de « héros » l’indique, son acte relève d’un courage extraordinaire. Peut-être même que tout cela n’est que jalousie de ma part. Moi qui, mécaniquement me suis posé la question « qu’est-ce que j’aurais fait à sa place ? ». Question à laquelle je me suis répondu honteusement « Rien ».

Mati.

Quand vais-je mourir ?

(Dès que possible idéalement. Enfin peut-être pas demain non plus parce que je viens de faire les courses et j’aime pas gâcher.)

« Aujourd’hui sera le dernier jour de mon existence,
La dernière fois que je ferme les yeux, mon dernier silence,
J’ai longtemps cherché la solution à ces nuisances,
Ça m’apparaît maintenant comme une évidence. »
(Orelsan – Suicide social)

Commençons par briser un tabou : « Nous allons tous mourir. » (Je me sens comme le grand con en CP qui s’amuse à dire aux plus rêveurs de ses camarades que le Père Noël n’existe pas. Forcément, quand tes parents sont au RSA tu te rends vite compte de la supercherie… D’ailleurs, il me semble que la lutte des classes commence dès cet instant. Le pauvre, jaloux du bonheur des riches, tente de briser ses rêves. Le riche encaisse, mais n’oublie pas. Déjà plus malin, il sait que sa vengeance viendra plus tard. Rira bien qui rira le dernier.)

Nous allons tous mourir, mais nous ne savons pas quand. A priori, c’est ce qui fait toute la beauté (l’absurdité ?) de la vie. C’est grâce à ce postulat que nous pouvons mener des projets passionnants tels que : ouvrir un PEL ou apprendre le tir à l’arc.

Mais qu’en serait-il si nous connaissions précisément la date de notre mort ? Même en apprenant que nous allons passer au travers des diverses embuches et accidents potentiels, que nous allons avoir le privilège de vivre longtemps et de succomber à la vieillesse, continuerions-nous à nous demander sans cesse « quoi faire ? et au nom de quoi ? » ? La seule prise de conscience de cette date butoir ne suffirait-elle pas à tout envoyer rumber ? Euuuh pardon, valser ?

Personnellement, instinctivement et peut-être bizarrement (toujours plus d’adverbes), j’aurais envie de savoir. J’ai le pressentiment que cela me soulagerait d’une pression de dingue : chercher une raison à mon existence. Se projeter dans le futur me file le vertige. Un peu comme si la Terre était plate (fake news !) et que, lors d’un rooftop (soirée où des gens qui se sentent supérieurs aux autres se réunissent sur des toits pour asseoir physiquement cette impression) en compagnie de Nabilla (épouse-moi stp), votre regard se perdait dans un horizon sans fin…

(Je viens juste d’inventer le vertige horizontal. Il y en a qui ont eu des prix Nobel pour moins que ça… Mais bon, a priori tout le monde s’en fout.)

Notons que nous retrouvons cette notion de durée indéterminée dans deux autres domaines : l’amour et le travail. Dès lors, on se rend compte que dans les deux cas, ce qui fait que nous nous y investissons, c’est la peur de la fin. Tu ne veux pas te faire enculer ? T’es viré. Tu ne veux pas te faire enculer ? Je te quitte.

(Attention, certains vous diront qu’ils aiment leur travail ou leur conjoint. Ne les écoutez pas. Passez votre chemin. Ils font partie d’une secte dangereuse qui cherche à vous détourner de la vérité : la vie c’est de la merde.)

Au final, bien que « la fin justifie les moyens », n’oublions pas que le travail n’est qu’une aliénation, l’amour une illusion et que la vie n’a aucun sens. Comme disait Sartre « Nous avons l’habitude de vivre avant d’acquérir l’habitude de penser. » (Je comprends R mais je sens qu’il veut dire la même chose que moi.)

Bon, je vais tâcher de conclure tout de même sur une note positive… Euuh… Attendez, je cherche… « Quoi ?! Le Big Tasty est de retour chez Mac Donald’s ? » Bon, excusez-moi, je chercherai une conclusion plus tard, plutôt mourir que de louper ça !

 

Mati.