L’humour peut-il être de droite ?

« Je ne pense pas qu’on puisse avoir de l’humour et être de droite : c’est fondamentalement incompatible.
Avoir de l’humour, c’est se remettre en question en permanence alors que la droite, c’est le contraire de toute remise en question. »
(Pierre Desproges)

Commençons par distinguer objectivement la droite et la gauche : la droite c’est les méchants, la gauche c’est les gentils…
Comment ça je ne suis pas objectif ?

Je vais tâcher de vous le prouver en utilisant un exemple. Prenons le plus grand méchant de l’Histoire : Jésus-Christ. Pour l’ensemble de son œuvre (que nous ne pouvons retracer ici pour des raisons de flemme), le mec a été crucifié. Alors oui, je sais que son cas avait fait polémique à l’époque : « c’est un complot ! Les magistrats sont manipulés par le gouvernement ! C’est un acharnement médiatique ! Tout le monde a le droit de porter des sandales ! #FreeJesus, etc… », mais nous devons faire confiance aux institutions et à la justice : on ne condamne pas à mort un gentil. Et une fois mort, où s’en est allé ce cher Jésus ? Je vous le donne en mille : à la droite de Dieu. Donc la droite c’est les méchants. CQFD.

Bon, à ce stade et avant d’aller plus loin, je me permets de procéder un auto-débrief de cette chronique. Je constate deux choses :

  1. Je suis en train de partir sur un hors-sujet total. Pour l’avancement de la problématique initiale, qui, rappelons-le, est « L’humour peut-il être de droite ? », le fait que la droite soit principalement représentée par des enculés : osef ! (Comme ne disent plus les jeunes) Enfin, à moins de tenir un raisonnement du style : la droite c’est les méchants, les méchants n’ont pas d’humour donc la droite n’a pas d’humour. Raisonnement qui se tiendrait mais qui ne m’arrangerait pas car je n’ai écrit qu’un seul paragraphe pour le moment, ce qui est un peu léger.
  2. Pour la première fois, je n’ai pas usé d’une citation d’un rappeur testostéroné mais de Monsieur Desproges. Alors, je me l’accorde, cette citation est on-ne-peut-plus pertinente mais le problème est qu’elle répond catégoriquement à ma question. Du coup, je suis en train de me creuser la tête pour répondre à une question à laquelle mon maître absolu a déjà répondu. Je suis un peu con.

Allez ! Ce n’est pas grave, ne nous démobilisons pas malgré ce départ raté et essayons tout de même d’aller jusqu’au bout. Usons pour cela d’une métaphore manuelle : la droite c’est la main avec laquelle on écrit (sauf pour les gauchers). Nous pouvons en déduire que la droite représente ce qui est utile. En effet, elle permet également de : signer un contrat ; se masturber ; serrer une main… (ordre non prescriptif).

A l’inverse la gauche représente donc ce qui est superflu. Elle apporte du confort mais nous pourrions nous en passer : se tenir la tête en retranscrivant le cours de droit administratif déblatéré par Monsieur Dupuis, professeur passionné par sa matière, avant de devenir dépressif en se rendant compte qu’il était le seul dans l’amphi ; se cacher les yeux en signant un contrat pour être sûr de ne pas être en mesure de lire les petites lignes en bas qui nous feraient renoncer à la signature ; choper un rouleau de sopalin avant d’en mettre partout ; poser une main sur l’épaule lors de la poignée de main (si vous êtes le genre de personne qui le fait : arrêtez. Dîtes-vous que Trump le fait en permanence. Et si cela ne vous dérange pas d’agir comme Trump : arrêtez. De vivre.)

Dès lors, on peut classifier l’humour comme étant de gauche. En effet, quoi de plus superflu que l’humour ? Comme dirait l’autre (qui ne dit pas que des conneries), « c’est pas ça qui paie les factures à la fin du mois et qui remplit le frigo ! ».

La théorie selon laquelle l’humour est de gauche étant avancée, assurons-nous maintenant que nous ne pouvons pas trouver de contre-exemple. En effet, il suffirait d’être en mesure de citer un humoriste de droite pour que toute la théorie tombe à l’eau.

Donc, je vous écoute : citez-moi un humoriste de droite…

Allez-y, je vous laisse quelques instants pour réfléchir… Pas facile hein ?

Ayant eu de mon côté un peu plus de temps pour réfléchir, je vous livre mes résultats. 2 noms me sont venus à l’esprit : Jean-Marie Bigard et Laurent Gerra…

Voilà, voilà… je ne pense pas qu’il soit nécessaire d’aller plus loin : l’humour est de gauche.

La prochaine fois, nous traiterons d’une autre catégorie de la population n’ayant pas d’humour : les femmes (le combo « femme de droite » me donne des frissons).

Mati.

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Éloge de la solitude ?

« J’ai des tas de potes à l’habitude,
Mais mon meilleur ami s’appelle solitude. »
(Sniper – Fallait que je te dise)

J’entretiens une relation chaotique avec la solitude. A tel point que j’aimerais parfois qu’elle me laisse seul.

Mais paradoxalement, dès qu’elle s’éloigne, elle me manque et je la supplie de revenir me tenir compagnie. Elle accepte généralement volontiers, même si, Madame la solitude a son petit caractère ! Si j’ai le malheur de m’afficher au côté d’autres personnes, elle peut se montrer très jalouse. Elle boude, elle grogne et elle se plaint qu’on ne passe pas assez de temps ensemble.

En même temps, comment lui en vouloir ? Entre nous, l’osmose est parfaite. Nous partageons les mêmes goûts, les mêmes attentes. Pourtant, rares sont les personnes qui, comme moi, peuvent saliver à la fois devant un paquet de M&M’s et un Ladoix Premier Cru, ou encore frissonner devant un match de Ligue des Champions et un film indépendant Iranien (film sans dialogue et réalisé uniquement en plans fixes dont Télérama écrira que « le silence et la lenteur de l’œuvre marque une opposition au bruit et à la fureur des dérives d’une société néo-libéraliste »). Car oui, c’est avec elle que je me cultive le plus : cinéma, littérature, musique… dans tous ces domaines, on est sur la même longueur d’ondes ! Et pour ne rien gâcher, nous avons toujours faim au même moment, de la même chose et dans les mêmes quantités !

Que peuvent faire l’amour et l’amitié face à cela ?

Mais je crois que ce que je préfère chez elle, c’est que je peux lui parler de tout. Lorsque je lui raconte mes tracas, elle m’écoute d’une oreille attentive, sans jamais me couper la parole (soyons honnêtes, elle ne se force pas trop, elle n’est pas très bavarde de nature) ni me juger.

Que peut faire le meilleur des psychologues face à cela ?

Souvent, elle accepte même de jouer le rôle de tierces personnes : le client qui m’est passé devant au supermarché à qui je n’ai rien osé dire, mon chef qui m’a demandé si cela ne me posait pas de problème de rester plus tard, l’ami qui avait besoin de soutien pour qui je n’ai pas trouvé les mots, la fille à qui j’aurais dû dire que je l’aimais. Avec elle, je refais la scène. Les mots me viennent plus facilement. Elle sait me mettre en confiance.

Que peut faire le Cours Florent face à cela ? (NB : Le Cours Florent c’est comme l’atelier théâtre organisé par l’office culturel de Châgneu-Les-Trois-Eglises, sauf que c’est l’inverse. Au Cours Florent, les élèves se prennent déjà pour des stars alors que les parents voudraient qu’ils fassent autre chose et s’orientent plutôt vers un vrai métier, genre avocat ou médecin. Alors qu’à Châgneu-Les-Trois-Eglises les parents, armés de leur appareil photo, caméscope ou smartphone pour les plus modernes, filment le spectacle de fin d’année, persuadés que leurs enfants sont des stars alors que les enfants rêveraient d’être ailleurs et voudraient faire une vraie activité, genre du foot.)

Pour autant, tout ne peut pas être aussi rose. Comme disaient les Rita Mitsuko : « Les histoires d’amour finissent mal, en général » (Vous noterez que sur ce coup là, ils ne se sont pas trop mouillés. Je pense que lorsqu’ils ont écrit la chanson, ils se sont dit « imagine que quelque part dans le monde, une histoire d’amour se finisse bien. On aurait l’air malin ! Donc les gars, au risque de passer pour des petites bites, je vous propose de rajouter « en général », ça nous évitera de finir avec un procès au cul ». Vous noterez par ailleurs que, en plus de ne pas être très courageux, ils étaient particulièrement vulgaires).

Vous allez sûrement me trouver pénible mais j’ai fini par me lasser de la perfection de la solitude. Je crois que l’adage selon lequel les hommes préfèrent les femmes « chiantes » se vérifie.

L’autre jour, j’ai fait un test. Nous étions tous les deux vautrés sur le canapé un dimanche après-midi quand je lui ai proposé « Et si on allait faire la vidange de la voiture ? Cela fait des semaines qu’on doit s’en occuper. Qu’en dis-tu ? » Et bien devinez-quoi ? Elle est tombée dans le panneau ! Elle a accepté ! Alors que je sais pertinemment que la mécanique l’exècre au plus haut point !

D’autant qu’après je me sens coupable. Si elle fait passer tous mes désirs en priorité, quand aura-t-elle le temps de réaliser les siens ? Et plus elle tentait de me rassurer en me répétant que seul mon bien-être l’importait, qu’elle était prête à tout pour que je sois heureux, plus mon malaise s’intensifiait. J’avais l’impression d’être suivi en permanence par un robot esclave qui tourne en boucle à base de « Bonjour Mati, que veux-tu faire aujourd’hui ? Quel est ton film préféré ? On pourrait le regarder. Quel est ton plat préféré ? Je pourrais te le préparer. » Mais j’en sais riiiennn ! « Quelle est ton activité préférée ? Je pourrais te sucer. » Hein ?! Mais comment tu sais ?

Non cela ne pouvait plus durer ainsi. J’ai décidé de mettre un terme à notre relation. Je m’en vais de ce pas rejoindre l’égoïsme de mes contemporains qui eux, accepteront de se faire passer en priorité.

Mati.

Sommes-nous des animaux comme les autres ?

« Hey, je n’ai pas d’ambition immense,
A part être quelqu’un qui mange du lundi au dimanche. »
(Alpha Wann – Turban)

Quand on est en manque d’inspiration, dans un repas avec des amis où les blancs s’accumulent et se rallongent, ou alors lorsque l’on se prend pour un écrivain et que l’on se retrouve devant sa feuille blanche (toute ressemblance avec des situations existantes ou ayant existé ne saurait être que fortuite), il reste un sujet qui fait mouche à coup sûr : le végétarisme.

Le végétarisme, c’est comme les conflits au Moyen-Orient, tout le monde a son avis sur la question… ah non pardon, ça tout le monde s’en branle. Du coup, quel autre sujet pourrais-je utiliser comme comparaison ? Un vrai débat existentiel, qui ne laisse à coup sûr personne indifférent… ah je sais ! La différence d’âge entre Brigitte et Manu Macron ! 24 ans ! C’est chaud non ? (N’hésitez pas à me donner votre avis dans les commentaires, ça m’intéresse.) D’ailleurs, il faut que je pense à proposer l’idée d’un article à ce sujet à Gala ou à Paris Match, je suis sûr qu’ils n’ont pas dû y penser… Bref ! Revenons à nos moutons.

Généralement, chacun a un avis très tranché sur le végétarisme. Avis que je résumerais de la façon suivante : « Assassin ! » VS « Casse-couilles ! » (Je vous laisse soin de deviner qui est qui). A ce stade, je vais tout de suite me contredire pour vous avouer mon avis sur la question n’est pas arrêté… même si je dois bien admettre que je regarde de plus en plus mon boucher en chien de faïence.

Pour ceux qui ont eu la chance d’y assister, le coming-out d’un végétarien lors d’un repas est toujours un grand moment. Pour ceux dont la famille ne s’est pas encore déchirée sur la question, je vais essayer de vous relater la scène pour que vous ne vous sentiez pas exclus :
L’ambiance est joyeuse, voire festive. L’apéro aidant, le volume sonore augmente. Les éclats de rire résonnent. Tout semble parfait lorsque le plat de résistance arrive. Tout le monde a une faim de loup, salive, trépigne… et soudain ! Une personne (jusque là tout à fait banale, mais qui, avec du recul, était restée silencieuse depuis le début du repas) décline le morceau de viande tendu par l’hôte de maison… « Non merci, je suis végétarien »… S’enclenche immédiatement un moment de flottement. Le temps se suspend. Chacun baisse les yeux pour regarder avec culpabilité son assiette, remuant et retournant avec sa fourchette ce qui lui faisait encore envie quelques secondes auparavant.

En général, très poliment, le néo-végétarien tente de ménager la chèvre et le chou et s’excuse de vive voix « Oh ! Ne vous embêtez surtout pas pour moi ! Je ne vous empêche pas de manger… » avant de poursuivre dans sa tête « … ce morceau de cadavre. Vous avez tout à fait le droit de faire partie de l’armée de Voldemort ! » (NB pour les incultes : dans l’oeuvre, que dis-je, le chef d’oeuvre Harry Potter, les partisans de Vous-savez-qui (NB du NB : Vous-savez-qui c’est Voldemort) sont appelés les « Mangemorts ».)

Mais, malgré cette invitation à poursuivre comme si de rien n’était, on sent bien que le cœur n’y est plus. C’est un peu comme si quelqu’un rentrait dans les toilettes, alors que vous êtes assis sur le trône, nu comme un ver, au moment fatidique où vous exercez la pression censée enclencher le processus défécatoire (celle qui gorge de sang la veine du front) et que la personne restait plantée face à vous, et vous disait « Vas-y je t’en prie continue ! Fais comme si je n’étais pas là ! ».

(Attention, je ne suis pas en train de dire que les végétariens nous font chier lorsque nous sommes à table et nous empêche de le faire lorsque nous sommes aux toilettes.)

Cela étant dit, essayons tout de même d’élever un peu le débat. Pour ne pas sauter du coq à l’âne, reprenons les positions évoquées précédemment : « Assassin » VS « Casse-couilles ». Je me plais à croire que, derrière, les deux parties ont des arguments autres que « Tu es un assassin, les lapins c’est trop mignon » et « Tu es casse-couilles, on mange de la bidoche depuis la préhistoire, je ne vois pas pourquoi je changerais. »

Pour ce qui concerne les végétariens, l’un des arguments avancés est d’invoquer l’antispécisme : aucune espèce ne peut se prétendre supérieure à l’autre, l’humain et l’animal sont égaux. Posons nos fusils, rentrez vos griffes et tenons-nous par la main, la patte, l’aile ou le sabot pour faire tous ensemble une grande ronde de la fraternité… sauf que ! Avant même d’aller plus loin, on se rend tout de suite compte que cela ne peut pas marcher… On exclut déjà le serpent ! (Que je me refuse catégoriquement de tenir par la queue !)

Sérieusement, où est la limite de cet argument ? Inviter les humains à ne plus manger de viande, et donc d’animaux, c’est inviter les humains à s’élever et à dépasser leur instinct primaire. Or, lui-seul semble capable d’une telle réflexion. Qui irait demander à un lion de prendre en considération la souffrance de la gazelle et de renoncer à lui sauter à la gorge ? L’humain aurait donc des devoirs supérieurs et serait tenu de régir le devenir des animaux… ce qui correspond à une construction totalement spéciste !

Sans me prétendre malin comme un singe, à mon sens, la réflexion doit plutôt porter sur un système globalisé. Système où l’industrialisation de la viande augmente les inégalités et ravage la planète. La problématique n’est pas d’imposer un ordre moral sur le contenu de notre assiette mais de refuser de considérer les animaux comme des ressources économiques.

En attendant, j’arrive au bout de ma chronique et vous noterez, à la lecture du titre, que mon objectif initial n’était pas de vous exposer mes théories anti-capitalistes. Il était plutôt de dire que, là où je rejoins pleinement la théorie antispéciste, c’est que plus je connais les humains, comme par exemple Elon Musk, le milliardaire dont le projet est d’envoyer une voiture en orbite autour de Mars, plus je me sens proche des animaux, et notamment de l’ours, dont le projet est de manger en masse, hiberner l’hiver et procréer l’été.

Mati.

 

Arnaud Beltrame : véritable héros ?

« Je ne suis pas un héros,
Mes faux pas me collent à la peau.
Je ne suis pas un héros,
Faut pas croire ce que disent les journaux. »
(Daniel Balavoine)

Héros : « celui qui se distingue par ses exploits ou un courage extraordinaire » (Larousse). Je me permettrais de rajouter « mais à qui on a rien demandé ».

Commençons déjà par un petit rappel des faits, histoire de planter le décor et de s’assurer que notre héros sera bien mis en lumière. Vendredi dernier, un terroriste tout méchant qui fait peur, tire sur quatre CRS qui faisaient leur footing dans l’Aude (ne me demandez pas pourquoi, il y a des fous partout… mais je suppose que c’était pour se préparer physiquement aux futurs affrontements avec les cheminots). Heureusement, les CRS, connus pour avoir une peau pare-balles digne d’un dragon, s’en sortent simplement avec le regret de ne pas avoir pu battre leur record du 10 kms (ils étaient pourtant bien partis selon l’un d’eux : « j’avais des jambes de feu ce jour-là », qui a hésité à poursuivre sa course après la fusillade).

Sans attendre, le terroriste tout vilain se rend au Super U de Trèbes. Il est alors 10h39. Bon déjà, on sent d’instinct que le mec n’est pas non plus super déter’ pour faire un carnage. Je peux me tromper, mais le Super U de Trèbes à 10h39, je doute que cela soit la cohue.

Du coup, faute de foule sur laquelle canarder, notre terroriste pas très malin doit faire avec les personnes présentes : les salariés. Il commence par tuer le boucher. A ce moment, on se dit que c’est peut-être l’œuvre d’un vegan radicalisé venu venger la mémoire de ses copains cochons (bon, en fait, on se rendra vite compte que les cochons ne sont pas vraiment ses copains… oh ça va ! un peu de racisme n’a jamais fait de mal à personne !).

Dès lors, on se dit que cela doit être la panique dans le Super U de Trèbes. On imagine tout le monde courir dans tous les sens, renverser des rayons entiers, crier, se bousculer… (en réalité, les caméras de surveillance montreront des images d’une tristesse affligeante où les trois pauvres clients présents à ce moment là, des retraités en bout de course, luttent péniblement avec leur hanche en plastique et leur arthrose pour se cacher. Un avant-goût des jeux paralympiques).

Notre cher terroriste (il fait de moins en moins peur vous ne trouvez pas ? Je commencerais presque à m’attacher) profite de cette confusion générale pour prendre en otage une femme. Certainement la femme d’un mari pas très courageux qui lui aurait piqué sa canne avant de fuir en s’exclamant « Chacun sa meeeerrrdee !! ».

C’est à ce moment, moment où la tension est à son comble, où tout semble perdu, où les mains sont moites, où les premières larmes commencent à perler, que se décide d’intervenir notre héros : le lieutenant-colonel Arnaud Beltrame. N’écoutant que son courage, il dépose son arme et propose de se constituer prisonnier à la place de la femme, ce que notre terroriste adoré accepte (je connais un mari qui va passer un sale quart d’heure).

Bon, je vais directement aller à la fin de l’histoire : notre héros se fait tuer, le GIGN intervient et abat le terroriste.
Du coup, nous pouvons procéder à un bilan factuel : 3 morts (le boucher, le terroriste, le héros).

Maintenant, explorons l’hypothèse suivante : notre héros n’en est en fait pas un. Il est comme n’importe quel être humain, il n’écoute que sa peur, se fait dessus au moindre coup de feu, et décide de rester en dehors de tout ça.
Du coup, l’otage initial se fait tuer, le GIGN intervient et abat le terroriste. Bilan : 3 morts.

Mais alors, attendez… comptablement et objectivement… son acte n’a sauvé aucune vie…

Ah ah ! il fait moins le fier notre héros national ! Enfin, je veux dire, il ferait moins le fier s’il était vivant ! Enfin non, parce que s’il était vivant, ça voudrait dire qu’il n’est pas intervenu et donc qu’il n’aurait aucune raison d’être fier… Bref ! Vous avez compris.

Je me permets même d’imaginer un autre scénario. Notre héros a une femme « illuminée » (ce qui n’est pas le fruit de mon imagination. Elle est persuadée que son mari va réapparaître pour Pâques, comme Jésus. Mais pour le moment, on a simplement parlé de « héros », pas encore de « messie » à ce que je sache) et il ne la supporte plus. Par-dessus ça, il s’est retrouvé lieutenant-colonel sans rien demander, juste parce que c’est ce qui arrive à ceux qui s’engagent dans l’armée et qui savent compter jusqu’à 10 (sans se tromper). Le mec est à bout… Et là ! Hallelujah ! Une opportunité en or s’ouvre à lui (veinard !) : mettre fin à tout ça (par « tout ça » j’entends « la vie ») en passant pour un héros et même, cerise sur le gâteau, se faire nommer Commandeur de la légion d’honneur (personne ne sait ce que cela veut dire mais il faut bien reconnaître que ça en jette !). Franchement, qui s’en serait privé ?

Bon après, bien évidemment tout cela ne reste que de glauques suppositions. Peut-être que Monsieur Superman était simplement prêt à échanger sa vie pour sauver celle d’autrui. Peut-être que, comme la définition de « héros » l’indique, son acte relève d’un courage extraordinaire. Peut-être même que tout cela n’est que jalousie de ma part. Moi qui, mécaniquement me suis posé la question « qu’est-ce que j’aurais fait à sa place ? ». Question à laquelle je me suis répondu honteusement « Rien ».

Mati.

Quand vais-je mourir ?

(Dès que possible idéalement. Enfin peut-être pas demain non plus parce que je viens de faire les courses et j’aime pas gâcher.)

« Aujourd’hui sera le dernier jour de mon existence,
La dernière fois que je ferme les yeux, mon dernier silence,
J’ai longtemps cherché la solution à ces nuisances,
Ça m’apparaît maintenant comme une évidence. »
(Orelsan – Suicide social)

Commençons par briser un tabou : « Nous allons tous mourir. » (Je me sens comme le grand con en CP qui s’amuse à dire aux plus rêveurs de ses camarades que le Père Noël n’existe pas. Forcément, quand tes parents sont au RSA tu te rends vite compte de la supercherie… D’ailleurs, il me semble que la lutte des classes commence dès cet instant. Le pauvre, jaloux du bonheur des riches, tente de briser ses rêves. Le riche encaisse, mais n’oublie pas. Déjà plus malin, il sait que sa vengeance viendra plus tard. Rira bien qui rira le dernier.)

Nous allons tous mourir, mais nous ne savons pas quand. A priori, c’est ce qui fait toute la beauté (l’absurdité ?) de la vie. C’est grâce à ce postulat que nous pouvons mener des projets passionnants tels que : ouvrir un PEL ou apprendre le tir à l’arc.

Mais qu’en serait-il si nous connaissions précisément la date de notre mort ? Même en apprenant que nous allons passer au travers des diverses embuches et accidents potentiels, que nous allons avoir le privilège de vivre longtemps et de succomber à la vieillesse, continuerions-nous à nous demander sans cesse « quoi faire ? et au nom de quoi ? » ? La seule prise de conscience de cette date butoir ne suffirait-elle pas à tout envoyer rumber ? Euuuh pardon, valser ?

Personnellement, instinctivement et peut-être bizarrement (toujours plus d’adverbes), j’aurais envie de savoir. J’ai le pressentiment que cela me soulagerait d’une pression de dingue : chercher une raison à mon existence. Se projeter dans le futur me file le vertige. Un peu comme si la Terre était plate (fake news !) et que, lors d’un rooftop (soirée où des gens qui se sentent supérieurs aux autres se réunissent sur des toits pour asseoir physiquement cette impression) en compagnie de Nabilla (épouse-moi stp), votre regard se perdait dans un horizon sans fin…

(Je viens juste d’inventer le vertige horizontal. Il y en a qui ont eu des prix Nobel pour moins que ça… Mais bon, a priori tout le monde s’en fout.)

Notons que nous retrouvons cette notion de durée indéterminée dans deux autres domaines : l’amour et le travail. Dès lors, on se rend compte que dans les deux cas, ce qui fait que nous nous y investissons, c’est la peur de la fin. Tu ne veux pas te faire enculer ? T’es viré. Tu ne veux pas te faire enculer ? Je te quitte.

(Attention, certains vous diront qu’ils aiment leur travail ou leur conjoint. Ne les écoutez pas. Passez votre chemin. Ils font partie d’une secte dangereuse qui cherche à vous détourner de la vérité : la vie c’est de la merde.)

Au final, bien que « la fin justifie les moyens », n’oublions pas que le travail n’est qu’une aliénation, l’amour une illusion et que la vie n’a aucun sens. Comme disait Sartre « Nous avons l’habitude de vivre avant d’acquérir l’habitude de penser. » (Je comprends R mais je sens qu’il veut dire la même chose que moi.)

Bon, je vais tâcher de conclure tout de même sur une note positive… Euuh… Attendez, je cherche… « Quoi ?! Le Big Tasty est de retour chez Mac Donald’s ? » Bon, excusez-moi, je chercherai une conclusion plus tard, plutôt mourir que de louper ça !

 

Mati.

Nique sa mère les pauvres !

(Attention à ne pas confondre avec « Nique la mère des pauvres ! », ce qui serait particulièrement inconvenant. Et dégoûtant.)

« J’ai fait couler le sang, j’ai fait couler le champagne,
T’es nouveau dans le game, j’suis riche depuis le franc man »
(Booba – Izi monnaie)

Bon aujourd’hui je vais essayer de ne pas parler de moi ! Pour un coup nous allons traiter d’un sujet totalement différent… Non je déconne ! Rassurez-vous, jamais je ne ferais ça. Bien que, je ne vais parler qu’indirectement de moi puisque nous allons traiter des bars (oula c’est chelou, t’es alcoolique Mati ?) et plus particulièrement de celui dans lequel je passe le plus de temps : Le Quentin, à Dijon (Latitude : 47.323162 et longitude : 5.040248 pour les amateurs de coordonnées GPS).

Pour ne pas alourdir cette chronique, débarrassons-nous en préambule des détails futiles : ils servent des bières… bla bla bla… des cafés… bla bla bla… on peut s’assoir sur des chaises… bla bla bla…

Soyons honnêtes ! Tous les bars se ressemblent ! Et notamment dans leurs offres de produits (à moins d’être capable d’innover la recette du café ou de la Kronenbourg) ! Petit cours rapide de marketing (« oua mais le mec est capable de parler de tous les sujets… je crois que je suis amoureuse » pensa Nabilla (je ne lâche pas l’affaire)) : pour qu’un produit soit consommé, il faut que l’offre rencontre une demande. Or, si les offres de produits sont toutes similaires, cela signifie que… (Allez, un petit effort !)… non ?… Pas d’idée ?… et bien que la demande est la même ! (pfff ! Vous êtes vraiment la pire classe que je n’ai jamais eue ! Il va vraiment falloir que vous fassiez un effort au 3ème trimestre !).

Sauf que curieusement, bien que l’offre et la demande soient les mêmes, la mixité sociale n’intervient que très rarement : les mêmes produits attirent des consommateurs différents. Enfin, les consommateurs sont les mêmes, ils ont les mêmes attentes, mais pas au même endroit. Ce que je veux dire, c’est que les mêmes produits attirent différents consommateurs, qui sont les mêmes, mais qu’ils ne se réunissent pas au même endroit. Dans un bar tu auras les mêmes gens, qui sont différents de l’autre bar, où les produits sont les mêmes (bien que vendus à des tarifs différents, mais c’est un autre sujet et j’ai peur de vous perdre).

En clair, il existe toujours des bars de prolos, des bars huppés, des bars pleins, des bars vides (comment expliquez-vous que, lorsque 2 bars sont côte à côte, il y en a toujours un plein et l’autre vide ? Est-ce la faute du premier client qui a choisi le bar de gauche et tout le monde a suivi ? Ou est-ce la faute du premier client potentiel du bar de droite qui n’a jamais pu arriver parce que sa femme accouchait alors qu’il était en chemin?)… Bon j’espère que vous ne me tiendrez pas trop rigueur de céder à la facilité, mais si je ne le fais pas, j’ai peur que cela me ronge de l’intérieur (je vous autorise à fermer les yeux si vous le souhaitez) : il y aussi des bars mitzva, des bar racuda, des bar ackobama…

Ainsi, chacun à sa clientèle propre : le jeune cadre dynamique (avec sa tête à claque, mais genre la bonne grosse baffe, pas juste la petite claque humiliante qu’il se permet de mettre derrière la tête de son ouvrier ou sur le cul de sa secrétaire), le vieux dégueulasse (avec le visage rougi, défiguré par l’alcool que j’étais pourtant persuadé d’avoir croisé il y a deux secondes en train de faire la manche) ou encore la petite pute de 15 ans (entourée de petits puceaux de 25 ans) qui a dit à ses parents qu’elle allait dormir chez une copine en mini-jupe et bas résilles (je n’excuse pas les pédophiles pour autant, mais bon quand même…).

Parmi ces différentes populations, (ils en existent certainement d’autres, si quelqu’un a réalisé une étude sociologique sur le sujet, qu’il n’hésite pas à se manifester, bien que je doute de la découverte de résultats plus probants que les miens) je devais désormais trouver la mienne. Pour quel bar dijonnais étais-je destiné ? Depuis quelques temps, j’avais un souhait, je poursuivais un objectif : devenir un habitué d’un bar. Pouvoir arriver, checker le serveur, passer une commande à base de « comme d’hab », parler fort, et payer en disant « tu mettras ça sur ma note ». Le genre de bar où tu ramènes une meuf lors de ton premier rencard.

J’en ai alors testé plusieurs et mon choix s’est porté sur Le Quentin. On peut y observer la bourgeoisie dijonnaise en dégustant une pinte de kir belge (bière blanche + crème de cassis) à 10€. Nique sa mère les pauvres.

 

Mati.

 

Le mérite existe-t-il ? Quand Nietzsche rencontre Neymar

« Avant j’étais moche dans la tess,
Aujourd’hui je plais à Eva Mendes »
(PNL – DA)

Je vous propose de prendre comme point de départ, la récente défaite du DFCO face au PSG ce mercredi. Petit rappel des faits : les stars parisiennes, biberonnées à l’argent Qatari, ont infligé aux modestes joueurs dijonnais, soutenus à bout de bras par les deniers publics, un cuisant 8-0.

Les fins connaisseurs (et amateurs de la Cité de la Peur) argueront qu’il vaut mieux perdre une fois 8-0 que 8 fois 1-0 (on peut tromper mille fois mille personnes, non, on peut tromper une fois mille personnes mais on peut pas tromper mille fois une personne… non… LOL, trop drôle ce film). Mais, je suis moyennement convaincu par cet argument. Il se justifie certainement en termes statistiques, mais je doute qu’il se justifie en termes de « on vient de se taper l’affiche devant la France entière après avoir pris la plus grosse branlée de l’histoire au Parc des Princes, et si on allait se pendre ?  #JeSuisDijon »

Soyons honnêtes (j’utilise le nous car à l’impératif, bizarrement, on ne peut pas utiliser la première personne du singulier. Mais en réalité je me parle à moi-même, donc ne vous inquiétez pas, vous pouvez continuer à mentir), le résultat de notre équipe locale m’importe peu. En revanche, il suscite en moi deux interrogations :

  • Mérite-t-on réellement de gagner 8-0 ?
  • Mérite-t-on réellement de perdre 8-0 ?

Et, si on transvase cette question sur le plan économique (attention, ça va devenir chiant, fini les blagues pipi-caca-prout, il faut grandir un peu) :

  • Mérite-t-on d’être millionnaire ?
  • Mérite-t-on d’être SDF ? (ou joueur du DFCO)

Bien entendu, pour répondre à cette question, il ne faut pas être dans un des cas cités. Le millionnaire aura mécaniquement tendance à répondre « oui bien évidemment, si j’en suis là aujourd’hui c’est avant tout grâce à mon travail. J’ai dû faire des sacrifices, prendre des risques, ça n’a pas été tous les jours facile mais dans la vie il faut faire des choix. Moi j’ai décidé de me lever chaque matin avec l’envie de me battre pour réaliser mes rêves. Moi je, moi je… » (Je ne sais pas vous mais personnellement ça me donne des envies de meurtre).

A l’inverse, le SDF (ou le joueur du DFCO) répondra sans hésiter « Non. Si j’en suis là aujourd’hui, c’est parce que j’ai enchaîné les circonstances malheureuses, allant de malchance en malchance » (Ah bah bien entendu ! c’est jamais de leur faute de toute façon… « oups ! Au lieu d’acheter à manger, j’ai acheté 3 canettes de bière extra-forte. Oh la la c’est vraiment pas de chance ! »)

Puisque nous ne pouvons compter ni sur l’un ni sur l’autre pour répondre objectivement à la question, nous avons besoin d’un sujet neutre, qui n’est dans aucun des cas. Je ne sais pas… Quelqu’un qui aurait envie de donner son avis sur la question… Qui est-ce qui aime bien raconter sa vie alors que tout le monde s’en branle ?… Quoi ? Moi ? Ok, vous m’avez convaincu, je m’y attelle.

Alors, à mon avis, la réponse est « non ». Voilà !…

Il faudrait que je quoi ? Que je développe ? Pfff… Fais chier, pourquoi je me suis lancé là-dedans moi ? Bon allez, ça m’apprendra à jouer au Nietzsche discount : en réalité, je ne pense pas que la question soit de savoir si un tel ou un tel mérite son sort mais plutôt de savoir si la notion de « mérite » en elle-même existe ? Ne serions-nous pas face à une pure invention ? (Qui pour le coup, c’est assez rare pour le souligner, ne viendrait pas de la religion). Une invention qui permettrait de justifier le sort après coup et non pas d’expliquer son accession. C’est un peu comme l’histoire de la poule et de l’œuf. Qui arrive en premier ? Est-ce que le mérite permet de devenir millionnaire ou est-ce qu’une fois qu’on est millionnaire, on invoque le mérite pour justifier qu’on est en train d’enfler tout le monde ? (à la base je voulais dire « enculer tout le monde » mais j’ai déjà utilisé mon quota de gros mots).

Dès lors, le mérite semble plutôt se rapprocher d’une valeur « déculpabilisatrice » (le scrabble en PLS). Le millionnaire n’a pas à se sentir coupable de posséder autant que la moitié de la planète… il le mérite ! Et inversement, il est normal que quelqu’un n’ait rien… il le mérite !

Alors que non ! Ouvrons les yeux ! Révoltons-nous ! (votez Mati !) Neymar n’a aucun mérite à dribbler toute la défense dijonnaise, il est juste plus rapide, plus technique, plus adroit… Le millionnaire n’a aucun mérite à gagner en une journée ce qui ferait vivre un SDF toute une vie, il est juste plus audacieux, plus entreprenant… Les blancs n’ont aucun mérite à dominer les noirs, ils sont juste plus intelligents… (euuuh… je ne suis plus très sûr de mon raisonnement là…).

Mati.

TU VAS AIMER NOEL BORDEL DE MERDE

« J’ai préparé un p’tit speech,
Parce que j’dois vous avouer un p’tit détail de ma vie,
J’déteste les fêtes de famille. »
(Orelsan – Défaite de famille)

Initialement, je voulais écrire un compte de Noël. En cette période ça comte, surtout pour le conte de Noël. (Petit jeu orthographique : amuse-toi à remettre les mots à leur bonne place ! Enfin, si cela t’amuse bien entendu. Si tu préfères jouer à Candy Crush, je comprendrai). Et puis finalement, je me suis rendu compte que je n’aimais pas Noël ! J’ai cherché à comprendre pourquoi… Enquête.

Tout commence à l’époque romaine. Enfin, quand je dis tout, ce n’est pas TOUT non plus. Ne criez pas tout de suite à la fake news ! (Vous êtes intransigeants !) Par exemple, je sais très bien que l’utilisation massive du filtre chien sur Snapchat a commencé un peu plus tard. Mais bon, de nombreuses inventions remontent tout de même de cette période comme : le Colysée, les sandales ou le prénom Romain… ainsi que le sujet qui nous intéresse… Noël ! Mais à cette époque, le 25 décembre, les romains célébraient le Sol Invinctus, le Soleil Invaincu (« Ils sont fous ces romains », Obélix).

A l’origine Noël est donc une fête païenne. Ce n’est qu’à partir du IVème siècle que les chrétiens vont décider de fêter la naissance de Jésus-Christ. Dès lors, ils ont dû fixer une date arbitrairement, parce qu’on ne vienne pas me dire que trois siècles après, les mecs se souvenaient du jour exact. Déjà que c’est chaud de se rappeler de l’anniversaire de sa propre mère d’une année sur l’autre… alors trois cent ans après…
Et là, comme par hasard… ils choisissent le 25 décembre ! Franchement, si ce n’est pas juste pour emmerder le monde ! Des fois, j’en arrive à comprendre Daesh. Alors, soi-disant, cela serait pour reprendre la symbolique du soleil levant, de l’astre cosmique descendant sur Terre… (« Ils sont fous ces chrétiens », Mon père, après avoir zappé sur le Jour du Seigneur).

Et le plus drôle dans l’histoire, c’est que, voyant que personne n’en avait rien à branler de la naissance de Jésus (pas si fous que ça ces romains), les chrétiens auraient pu se dire : « bon bah vas-y on laisse tomber. De toute façon on est déjà moyennement sûr que le mec ait existé, alors on n’est peut-être pas obligé de fêter son anniversaire… »… et ben non ! En 380, il est instauré que seul le christianisme sera reconnu licite sur l’empire romain et toutes les fêtes païennes sont désormais interdites ! « Donc à partir de maintenant, le 25 décembre vous oubliez le soleil, vous allez fêter la naissance de Jésus ! Et avec le sourire. Svp. » (« Sinon ? bah sinon on te bute. Il est con celui-là. »)

Bref, pourquoi ce petit point historique ? Déjà parce qu’il me permet de gratter 3 paragraphes allègrement pompés sur Wikipédia (les exposés du collège me manquent), mais surtout parce qu’il démontre que cette fête part sur de mauvaises bases. Et ainsi, que j’ai naturellement de bonnes raisons de ne pas aimer Noël (même si je ne les connaissais pas encore).

En effet, on se rend compte que la logique est la même aujourd’hui : comme en 380, tout est mis en œuvre pour que tu fasses la fête, et avec le sourire. Alors bien entendu, la pression est moins violente, elle est plus sournoise. Personne ne sera tué s’il ne fête pas Noël (encore que, je ne serais pas totalement serein si j’annonçais à ma grand-mère que c’était mon cas). Mais si tu as le malheur de tirer la tronche prend garde à toi ! « Quoi ?! T’aimes pas Noël ? Non-mais-a-lors-là-je-ne-com-prends-pas. Noël c’est la famille, les enfants, le bonheur d’offrir, la joie de recevoir… » Ok… Donc le mec est actionnaire chez King Jouet…

Ou alors, c’est le Père Noël ! Et vu la tendance actuelle du marché de l’emploi, il faut le comprendre, il est prêt à tout pour garder son job. En plus il n’est pas très loin de la retraite, il lui manque juste quelques trimestres pour la valider à taux plein. Et puis c’est rageant parce qu’il pourrait déjà arrêter de travailler s’il n’y avait pas eu cette histoire avec Pingoo, une esquimau chaude comme une baraque à frites (qualité très recherchée au Pôle Nord). Ah Pingoo ! Il l’aimait tellement, trop peut-être. Il l’avait suivie dans son délire hippie, à dormir dans un igloo, à vivre d’amour et d’eau glacée. Mais il avait fallu se rendre à l’évidence, il ne serait jamais un vrai Inuit. Il avait pourtant accepté de renoncer aux bonnes grosses pelles pour se contenter des frottements du bout du nez, mais cela n’a pas suffi à Madame Pingoo. En attendant, il a perdu plus d’un an de cotisations et maintenant il se retrouve seul, avec ses rennes et ses lutins (c’est sûr que ça ne vaut pas une belle esquimau mais bon… quand on est seul… que l’obscurité recouvre de son manteau ombragé les actes les plus inavouables…), à devoir trimer à plus de 70 balais et verser une pension alimentaire démesurée. Le blues.

Du coup, revenons à notre problématique initiale : pourquoi n’aime-je pas Noël ? (je sais, ça ne se dit pas ! Décidément vous ne laissez rien passer ! Ce n’est pas évident de garder le fil avec vous qui me coupez sans arrêt la parole !) Je crois tout simplement que mon cerveau a un fonctionnement contradictoire. Plus vous le bombardez d’informations positives, de stimulis positifs, plus il va répondre par des émotions négatives. Et là on peut dire qu’à Noël on est servi. Illuminations, sapins, cadeaux, enfants, repas, famille etc…

Ce qui m’emmerde c’est que l’inverse ne fonctionne pas. J’ai déjà essayé de m’auto-enfermer une semaine dans une cave sombre et humide et bien mon cerveau continuait de me balancer des émotions négatives ! Ah le con !

« Comment ?! On attaque la 8ème entrée ? Et après on passe aux escargots ? Et ce n’est pas maman qui a préparé la bûche ? J’arriiiiive ! Putain j’adore Noël ! »

Mati.

Qui va nous sauver des méchants ?

« Faut faire tomber tous les masques,
De ceux qui dirigent toutes les masses. »
(Josman – Sprite)

Je demandais récemment à un ami son avis sur le dernier épisode de Cash Investigation.  Mais il se trouve qu’il ne l’avait pas vu (ok, dommage, chronique terminée #LOL).

Cependant, sans l’avoir regardé, il m’a fait une remarque qui m’a semblé pertinente (j’ai des amis particulièrement intelligents). Il m’a indiqué être souvent gêné par ce type d’émission qui avait tendance à pointer du doigt en disant « c’est lui le méchant ».

Pour résumer, cette émission met en évidence les techniques de management chez LIDL et Free et leurs conséquences sociales désastreuses. Le coupable désigné est le dirigeant, le patron… Mais alors, pourquoi la remarque de mon cher ami m’a semblé pertinente ? Après Zemmour, me serais-je mué en François Lenglet ? (mais si, tu sais bien, le chauve qui présente des graphiques sur la dette ou le PIB sur France 2… et que même si tu n’y comprends rien, ça te file des crises d’angoisse et tu en cauchemardes toute la nuit… Non ? Y-a que moi ?).

Bon, ceux qui ont regardé l’émission savent que ces dirigeants n’ont pas besoin d’un piètre avocat comme moi, leur défense était déjà suffisamment ridicule toute seule. Pour autant, il me semble un peu réducteur de leur imputer entièrement la faute.

Prenons le cas LIDL (le plus marquant à mes yeux). Cette entreprise traite ses salariés comme de vulgaires machines et notamment ses préparateurs de commande. Ils sont dirigés dans l’entrepôt via une commande vocale (comme si Siri se mettait à te commander). Avec un casque audio vissé sur la tête, ils subissent toute la journée les consignes d’une voix mécanique : « Fais ci » « Fais ça » « Prends tant de ci » « Prends tant de ça » (si l’on se réfère aux travaux de Dutronc, on leur parlerait plutôt comme à des enfants. Après la distinction entre enfants et vulgaires machines est encore un peu floue dans mon esprit).

L’objectif de cette manœuvre n’est absolument pas caché par le dirigeant. Il assume froidement que ce système a permis un gain de productivité de 15%. Temps correspondant aux contacts humains supprimés. Peut-on lui en vouloir ? Je suis certain que cela part d’une intention louable. Il cherche simplement à sauver ses salariés des discussions sans intérêt autour des dernières vacances, de la rentrée du petit dernier, de la température qui baisse en hiver… C’est un homme moderne ! Si vous voulez avoir des nouvelles de vos collègues vous n’avez qu’à les suivre sur Facebook ou Instagram.

L’entreprise est donc clairement ici dans son rôle. Pourquoi feindre l’étonnement et l’indignation ? LIDL n’a pas une vocation sociale. L’objectif c’est de faire de la maille (pas de la moutarde hein ? #BlagueDeDijonnais).

Considérons maintenant que traiter ses salariés comme des esclaves c’est pas très gentil et qu’il faille que ces pratiques cessent. Si nous ne pouvons pas compter sur les entreprises pour le faire d’elles-mêmes, à qui cette tâche doit-elle revenir ?

Kahleesi ? La saison 8 de Game of Thrones nous le dira mais bon ne comptons pas trop sur elle, elle a d’autres soucis à régler (comme arrêter de coucher avec son neveu par exemple).

Les consommateurs ? Difficile à croire qu’ils vont fuir ce magasin qu’ils ont reconnu « Enseigne préférée des français 2016 »… Et oui ! LIDL répond clairement à une demande : plus personne ne veut payer cher sa bouffe et ça se comprend, plus personne n’en a les moyens.

Les politiques ? Logiquement c’est leur rôle de venir augmenter le fameux « pouvoir d’achat » pour que les consommateurs puissent snober LIDL. Ou alors ils pourraient au moins légiférer pour que leurs pratiques de management soient interdites. Sauf que visiblement ce n’est pas l’orientation choisie par notre gouvernement qui vient d’augmenter le pouvoir d’achat des riches en supprimant l’ISF (peut-être pensent-ils que les clients principaux de LIDL sont les redevables à l’ISF) et souhaite alléger le code du travail et laisser les entreprises s’auto-réguler.

Bon…

Bah on est dans la merde non ?

(À suivre…)

Mati.

 

Mati Zemmour

« La femme est l’avenir de l’homme »
(Jean Ferrat)

Mercredi soir, j’étais en compagnie d’Axie (que les habitués connaissent déjà) et Héloune (je vous la présente). Nous discutions de « La Vie de Mati » (comme le font déjà certainement la plupart d’entre vous). Héloune eut alors une bonne idée pour booster la diffusion de ma dernière chronique (« Je me suis fait sucer par Simone Veil ») :

« Venez, on la partage sur un groupe ! » Euuuhh, ouais, pourquoi pas…

Puis, une seconde idée, encore meilleure :

« Venez, on publie sur un groupe féministe ! » Ah ! Là je dis oui, oui, oui !

Sans plus attendre, nous publiâmes sur le groupe Facebook « Pour une vie plus simple » (je reconnais au passage que le féminisme n’est pas le sujet initial de ce groupe, plutôt orienté vers les pratiques de développement durable. Cependant, les sujets dérivent régulièrement et les valeurs de la créatrice du groupe sont plutôt progressistes. Le féminisme en fait partie.)

Les réactions ne tardèrent pas à tomber. En voici un petit florilège :

« Aucun intérêt n’y talent » (les fautes d’orthographe sont authentiques)

 « c’est nul » ; « cet article est creux, vide, un paradoxe » ; « cet article ne sert à rien » ; « sans talent, trop de longueur et pas de fond » ; « Inadmissible ! Lamentable ! »

« je vais lire et je reviens » (ah ?! peut-être un espoir…) « et ben j’aurais dû m’abstenir, je le trouve juste con » (ah bah non !)

« humour à la con » ; « même pas un sourire en coin » ; « article naze » ; « c’est quoi cette merde ? » ; « à la poubelle » (si après tout ça tu n’as pas envie d’aller lire ma précédente chronique, c’est à n’y rien comprendre !)

Et le coup de grâce : « J’ai trouvé certains coms bien plus intéressant que le contenu du blog. » (Pas évident de se relever après ça).

La tendresse des réseaux sociaux n’étant plus à démontrer, je me suis posé la question de savoir si je devais y répondre ? (car soyons honnêtes, certains commentaires critiquaient le « fond »). Le problème est que si je commence à m’excuser, à me justifier je vais passer pour une grosse fiotte… (et voilà ! en plus d’être sexiste, le mec est homophobe !)

Je me suis finalement décidé à le faire (oui bah merci on avait compris, sinon on ne serait pas en train de te lire connard). Je suis un mâle après tout, un vrai, qui porte ses couilles.

Je remercie d’abord ceux qui ont gentiment tenté de me venir en aide en invoquant le second degré. Malheureusement, l’argument fut balayé immédiatement : « je n’y vois ni second ni millième degré », « merci de ne pas sortir le second degré à toutes les sauces »

Allons alors jusqu’au bout du raisonnement et prenons mes écrits au premier degré. Commençons par le titre :
« Je me suis fait sucer par Simone Veil »… non mais franchement ! Comment vous avez pu y croire ? Vous pensez vraiment que je m’en serais vanté ?

Restons justement sur ce titre, qui a été la cause de nombreux cris d’orfraie : « titre racoleur » ; « vulgaire » ; « putaclic » ; « le sexisme est dans le titre » ; « très irrespectueux envers une grande dame de la Nation »… mais évidemment ! C’est voulu ! J’ai associé volontairement une figure du féminisme à une expression totalement misogyne.  Non mais allô quoi ! (heureusement qu’il me reste Nabilla pour me rassurer sur le niveau intellectuel des femmes).

Vous noterez d’ailleurs que j’ai fait un effort sur le titre cette fois ci. Aucune vulgarité ! Aucune violence ! (Enfin, si on omet la violence à mon égard d’associer le nom de Zemmour à mon prénom.)

Passons maintenant à la critique de fond, brandie en étendard : mon article est totalement sexiste.

Bon, déjà, je n’ai en aucun cas voulu écrire un « article ». Je n’ai absolument pas la prétention d’avoir voulu traiter le fond du sujet, j’en suis incapable. Mon objectif était uniquement d’utiliser une anecdote dans une vocation humoristique. Si j’avais voulu faire un essai pour prouver la supériorité de l’homme sur la femme, j’aurais utilisé des arguments constructifs tels que :

  • Eh les gonzesses ! on est bien contentes de nous trouver quand il faut attraper le paquet de riz tout au dessus de l’étagère !
  • Eh les nanas ! on est bien contentes de nous trouver quand il faut porter vos valises pleines de fringues pour partir en vacances !

Au final, le plus drôle dans cette histoire est que, pendant que je me faisais copieusement insulter de sexiste et que je recevais moult leçons de morale, d’autres débats avaient lieu sur le groupe. En voici quelques uns, choisit de façon totalement innocente (qui n’en sont pas moins véridiques) :

  • Comment faire face au fléau de la chaussette perdue dans le panier à linge ?
  • Quelqu’un utilise des poêles en inox ?
  • Je vous partage ma recette de gelée de poires.
  • Comment réussir sa coloration de cheveux au hené.

Quand je lis ça, je me dis que le féminisme à encore de belles heures devant lui.

Mati.

PS : Bon, dans le fond, je fais le malin mais je dois bien admettre que me retrouver avec toutes les violences faites aux femmes sur les épaules (« consciente des violences et des discriminations que nous vivons au quotidien juste parce que nous sommes des femmes, je trouve cet article pas du tout bienveillant ») m’a noué l’estomac. Je suis donc bien obligé de reconnaître le biais de ma chronique : elle n’est drôle que si on me connaît un minimum par ailleurs. Par exemple, je conçois que dans la bouche d’Eric Zemmour : « je ne suis pas féministe », ce n’est pas drôle. J’ai pensé, à tort, que instinctivement dans la mienne, ça le serait. Du coup, pour la suite des évènements et mes futures chroniques, je vais mettre quelques points au clair, ça sera fait :

  • La femme est l’égale de l’homme. Je me désolidarise totalement de tous les hommes qui se permettent de les violenter, blesser, rabaisser, harceler, violer, agresser, tuer.
  • La guerre c’est nul.
  • J’aimerais que personne ne soit pauvre et que tout le monde mange à sa faim.
  • Toucher le zizi des enfants, ça ne se fait pas.