Le 17 novembre, tous derrière Bernard, automobiliste en colère !

« Quand on pense qu’il suffirait que les gens n’achètent plus pour que ça ne se vende pas »
(Coluche)

Derrière les grands évènements historiques se cachent de grands hommes (derrière lesquels se cachaient souvent de petites femmes, courbées sur leur manche à balai. Je dis « cachaient » car désormais, au nom de l’égalité des sexes, les petites femmes se tiennent au côté des grands hommes. Et derrière, le sol est dégueulasse.).

Le dernier exemple de grand homme français est le général De Gaulle (selon mon Papi, à la fin des repas de famille). Mais il semblerait que la relève pointe le bout de son nez. Bien entendu, il est encore trop tôt pour se prononcer, mais je suis prêt à parier que le nom de Bernard, automobiliste en colère, créateur de l’évènement Facebook « LE 17 NOVEMBRE BLOQUONS TOUT », restera dans l’histoire.

Que nous-dit Bernard, automobiliste en colère ? « Samedi 17 novembre, pays mort : c’est-à-dire ne faire aucun achat, n’aller dans aucune banque, ne pas se servir aux pompes à essence, ne pas dépenser un seul centime. Ne pas prendre de transport en commun, pas de péage, parking, autoroute, là, oui, on bloque ce qui emmerde le plus le gouvernement, c’est-à-dire le fric. »

En lisant ça, j’ai des frissons. Je saisis l’émotion qu’avait pu ressentir les français, accablés sous l’occupation allemande, lors de l’appel du Général De Gaulle le 18 juin 1940 : « Quoi qu’il arrive, la flamme de la résistance française ne doit pas s’éteindre et ne s’éteindra pas. » Cette fois, je sens que la fin de l’occupation capitaliste est proche. Les gens ont enfin compris que les banques, les compagnies pétrolières, la grande distribution n’étaient pas nos alliés et qu’il fallait les repousser hors de nos frontières ! Ainsi, cela provoquera un grand exode des banquiers qui seront obligés d’émigrer ailleurs. Les autres pays s’indigneront : « Nous ne pouvons pas accueillir tous les banquiers du monde ! », la haine anti-banquier explosera, les gens voteront extrême gauche et ce sera la fin du capitalisme dans le monde entier !

Quel génie ce Bernard ! Allez, soyons tous derrière notre leader : « Bernard, automobiliste en colère, président ! Bernard, automobiliste en colère, président ! » (Il faudra peut-être qu’il revoit son blaze parce que ce n’est pas évident à scander comme slogan. Essayez chez vous, vous verrez.)

Je m’imagine déjà, quand mon tour sera venu d’être Papi, raconter à mes petits-enfants, à la fin des repas de famille, qu’à notre époque il fallait travailler dur pour manger, se loger, se vêtir… et qu’en plus, il fallait se battre pour travailler, que c’était une chance (!) dont tout le monde ne bénéficiait pas. Je leur dirai que ce travail ne bénéficiait, au final, qu’à un petit nombre de personnes qui accumulaient les richesses pendant que d’autres n’avaient rien. Mais je pourrai surtout leur expliquer que tout cela est fini grâce à Bernard, automobiliste en colère, dont je vanterai encore et encore le courage et l’abnégation. Et là, mes petits-enfants me répondront « Mais ouii, on sait Papi Mati, la maitresse nous en a parlé à l’école ! » (et surtout ça fait 50 fois que tu nous le racontes. Mais ça, ils ne le diront pas car j’aurai des petits-enfants bienveillants. Ooooh je les aime déjà ! Enfin certains plus que d’autres. Ne me demandez pas pourquoi, c’est physique. Genre le petit dernier je ne peux pas le voir.)

Malheureusement, je crois que je m’emballe un peu et que tout ça est irréel. Au risque d’endosser le rôle de collabo, j’ai bien peur que Bernard, automobiliste en colère, se trompe d’ennemi. Si on lit son discours jusqu’au bout, on remarque qu’en réalité il ne souhaite pas s’attaquer aux industries capitalistes mais plutôt « emmerder le gouvernement » (je m’excuse pour cette grossièreté mais ce sont ses termes. Après il faut bien admettre que ce franc-parler fait aussi le charme de Bernard, automobiliste en colère.) Il ne s’insurge pas contre un système politique global mais contre la hausse des taxes sur le carburant. Il veut continuer à consommer sans se poser de questions.

Attention, loin de moi l’idée de défendre le gouvernement. L’État n’est évidemment pas exempt de tout reproche. Il a longuement encouragé un système, en allégeant les taxes sur le diesel, dont il doit désormais colmater les brèches, en faisant face à une multiplication des cancers liés à la pollution de l’air. C’est le serpent qui se mord la queue (est-ce que se mordre la queue peut être considéré comme de la masturbation ?). Et puis il fait mine de prendre conscience du drame écologique sans proposer aucune alternative viable (style trottinettes ou balais volants).

Mais là où mon rêve s’effondre et vire au cauchemar, c’est que ceux qui vont être bénéficiaires de ce blocage et de cette grogne, ce sont justement les grandes entreprises. Leclerc a déjà annoncé que jusqu’à fin novembre, il vendrait le carburant à prix coûtant, sans faire de marge… Il faut bien admettre qu’un tel opportunisme force l’admiration.

Bilan de l’histoire : le gouvernement passe pour le méchant, les entreprises passent pour les gentils, les gens vont voir leur pouvoir d’achat diminuer et la prise de conscience écologique n’a pas avancé… Donc le 17 novembre je serai effectivement derrière Bernard, automobiliste en colère… parce qu’il me bloquera la route.

 

Mati.

« Mais attends, il existe vraiment ce Bernard ?
Je ne sais pas moi, demande-lui !
C’est qui « lui » ?
– Bah Mati…
– Mais c’est moi Mati !
– Ah ok très bien, donc je me parle tout seul en fait. »

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Drogues : laquelle prendre ? Pourquoi ? Comment ?

« Smoke weed every day »
(The next episode – Dr Dre feat Snoop Dogg)

Drogue = substance additive qui ne s’achète pas dans une droguerie.

Évidemment, je suis dans l’obligation de commencer par dire que la drogue c’est de la merde (attention l’inverse ne fonctionne pas). Ceci étant, la question se pose : pourquoi l’homme consomme-t-il de la drogue ? Alors que c’est de la merde ? Et pourquoi ne consomme-t-il pas de la merde puisque ce n’est pas de la drogue ?

Le premier élément que nous pouvons avancer est que le drogué cherche à se déconnecter de la réalité, à fuir une société dans laquelle il peine à trouver sa place. En effet, le drogué a souvent plein de problèmes (par exemple : il est toxicomane). D’ailleurs, existe-t-il des prédispositions ou des caractéristiques communes à tous les drogués qui pourraient expliquer le besoin de fumer, sniffer, boire ou se piquer ? J’imagine. Mais je préfère laisser le soin aux psychanalystes de triturer la cervelle de leurs patients pour le dire. Parce que moi la cervelle ça me dégoûte. (Quand j’étais petit, ma grand-mère en faisait tout le temps et ça m’a traumatisé. Du coup, je préfère ne pas remuer ces mauvais souvenirs au risque d’être tenté ensuite de déconnecter avec la réalité.)

Initialement, je pensais faire un lien entre notre société occidentale et l’usage de stupéfiants. J’étais dans les starting-blocks pour dégainer mes idées révolutionnaires anticapitalistes et clamer que c’est cette société consumériste, tournée vers l’égoïsme, qui nous pousse à vouloir s’en extirper, pour oublier que nos vies ne valent rien ; qui nous met face à des dilemmes cornéliens : faut-il que j’achète le dernier Iphone X ou une nouvelle télé ? (parce que si j’achète le dernier Iphone X, je ne connaîtrai peut-être jamais le bonheur de regarder TF1 en 4K…)

Et puis, j’ai découvert que même les tribus perdues au fin fond de l’Amazonie consomment de la drogue. Alors de un, cela m’emmerde parce que cela brise mon raisonnement avant même que je n’ai pu commencer à le développer, de deux, au lieu de se défoncer la gueule, ils feraient mieux de se bouger pour protéger leur forêt et de trois, trois p’tits chats, trois p’tits chats, trois p’tits chats chats chats, chapeau de paille…

En même temps, c’est logique qu’il y ait différents types de drogués vu qu’il existe différents types de drogues. Les objectifs poursuivis sont différents.

Il existe déjà la drogue pour dépressif-sadomaso. Et ils sont plus nombreux qu’on ne le pense puisqu’il s’agit de la cigarette. En effet, pour fumer des clopes il faut être dépressif puisque, c’est marqué sur les paquets : « Fumer tue ». Et pourtant le fumeur s’en fout comme de l’an 32 (soit un an avant la mort de Jésus Christ, année qui, il faut bien l’admettre, n’est pas restée dans les annales). Il cherche donc ostensiblement à en finir avec la vie. Pour autant, le fumeur est sadomaso car il ne cherche pas à se déconnecter du monde. Contrairement aux autre drogues, la clope ne permet pas de voir des éléphants roses. Le fumeur reste donc pleinement conscient de sa vie de merde. Je pense donc qu’il faudrait être plus précis sur les paquets et indiquer « Fumer tue lentement. Prenez plutôt un flingue. Ou au moins de l’héroïne. »

Ensuite, j’évoquerai 2 drogues à la fois semblables et opposées. En effet, elles sont toutes les deux consommées massivement et ont pourtant un statut totalement différent en France : l’une est érigée en fierté nationale alors que la seconde est taboue. Je veux bien entendu parler de l’alcool et du cannabis. Fort de son statut de héros national, le pochtron s’affiche fièrement partout : dans les bars, les mariages, les fêtes du village, les repas de famille, dans la rue, au restaurant… à l’inverse le fumeur de joints est contraint de se terrer chez lui, dans le noir, par peur de se faire surprendre par ses voisins. Il doit se fournir en substance dans des caves ou des halls d’immeubles délabrés. La honte le pousse parfois même à émigrer en Hollande, sa terre d’asile où il pourra enfin s’épanouir dans son addiction.

Et enfin, il nous reste les drogues haute gamme, réservées à un cercle très fermé d’élus. Elles sont très difficiles à obtenir (on ne les appelle pas « drogues dures » pour rien). Il paraîtrait que ce sont elles qui choisissent leur consommateur et pas l’inverse. Elles semblent se tourner vers des personnalités destinées à faire de grandes choses, des personnalités qui vont révolutionner leur univers. On pense bien entendu aux artistes tels que Jimmy Hendrix, Kurt Cobain ou plus récemment Mac Miller. Ces drogues sont aussi parfois un coup de pouce nécessaire. Hitler était par exemple dopé en permanence par son médecin aux stéroïdes ou amphétamines. Sans ça, il n’aurait peut-être pas eu la force d’aller jusqu’au bout de son projet ambitieux. Ouf !

Voilà. J’espère vous avoir éclairé sur le sujet et que vous saurez désormais quelle drogue est faîte pour vous.

Mati.

Le responsable, c’est vous !

« Je me sens coupable d’avoir commencé d’arrêter de respirer,
Alors qu’il y a quelques six milliards de joyeux fêtards crapoteux qui continuent de se battre entre eux,
Et de s’accrocher à leur triste petite part de néant cafardeux.
Je me sens coupable. Coupable ! »
(Thiéfaine – Exercice de simple provocation avec 33 fois le mot coupable)

Vous avez mal au ventre ? Vous êtes angoissé ? Vous vous sentez coupable ?

C’est amplement mérité.

Il serait peut-être temps de se remettre en question. Car tout ça, c’est de votre faute ! Tout ? Oui, tout ! La pollution, le chômage, l’obésité, le malheur, etc… Arrêtez de vous cacher derrière votre petit doigt et d’essayer de tenir responsable la société de votre piètre condition. Le responsable, c’est vous !

Attention, je ne vous accuse pas gratuitement ! J’ai des exemples précis pour démontrer ce que j’avance. Allez, qu’on m’amène ma robe d’avocat ! Mais non, pas celle à fleurs et au décolleté plongeant ! (Je m’adresse à mon assistante. Qui n’est pas très fute-fute.) Je sais, elle met beaucoup moins en valeur mon postérieur, mais nous ne sommes pas là pour frivoler. Déjà, parce que le mot n’existe pas, et parce qu’aujourd’hui, c’est du sérieux.

Commençons par la pollution. Si nos mers, nos océans, nos plaines, nos montagnes, sont peu à peu jonchés de plastique c’est parce que vous êtes irrespectueux de la nature ! Pour aller pique-niquer au bord du lac à 200 mètres de chez vous il y a du monde (de vrais aventuriers !), mais pour ramasser les déchets derrière il n’y a plus personne ! Et ça, Coca-Cola l’a bien compris. C’est pourquoi ils ont créé et financent une association qui lutte contre la pollution et dont le message est de dire : si les gens ne jetaient pas leur bouteille plastique dans la nature, il n’y en aurait pas. Simple, efficace, indéniable. Donc arrêtez de pointer du doigt cette pauvre entreprise ! (N’est-ce pas Madame Lucet ?*). Le fait que Coca-Cola produise 4.000 bouteilles par seconde, rechigne à recycler, et finance des lobbys pour contrecarrer toute règlementation sur l’utilisation du plastique n’a rien à voir là-dedans !

Poursuivons avec l’obésité. Si tu dois ajouter chaque année un X devant le L de la taille de tes tee-shirt, c’est de ta faute ! Tu n’avais qu’à télécharger l’application Super U. Super U pense à ta santé en te permettant de savoir si les produits sont bons. Ce n’est quand même pas compliqué :

  • tu prends ton smartphone,
  • tu télécharges l’application, (si tu n’as plus de mémoire disponible ce n’est pas grave, profites en pour supprimer les 150 photos de tes gosses dont tout le monde se fout),
  • tu te créés un profil, rien de bien sorcier là-dedans : il suffit de renseigner un identifiant, un mot de passe de plus de 8 caractères comprenant au moins une majuscule, des chiffres dont la somme au carré ne peut être nulle et un caractère spécial issu de l’alphabet hiéroglyphe égyptien (grec ancien toléré),
  • on va ensuite t’envoyer un code par mail pour valider ton compte et s’assurer que tu n’es pas un robot (au cas où un robot veuille télécharger l’appli Super U),
  • Et au final tu auras juste à scanner un par un les produits que tu achètes. Tu pourras ainsi apprécier plus longuement ta promenade entre les différents rayons du magasin.

Mais non ! la simplicité ça ne te convient pas a priori ! Ce n’est pas de la faute de Super U si tu préfères te compliquer la vie et te fier à ce qu’on te dit (matraque ?) dans les pubs ou croire aveuglément la pancarte de 5 mètres sur 5 qui te promet qu’avec Haribo c’est beau la vie.

Justement, arrêtons nous sur la beauté de la vie et la potentialité d’être heureux. Si tu n’arrives pas à dormir, paralysé par des crises d’angoisse, c’est de ta faute ! Tu n’as qu’à faire de la méditation ! C’est simple, tu te couches par terre, tu inspires 5 secondes par la narine droite, tu expires 5 secondes pas la narine gauche tout en visualisant un clip de Laurent Voulzy et tu verras tout ira mieux ! C’est prouvé scientifiquement ! Le fait que ton patron soit un esclavagiste, que ta femme t’ait quitté et que ton gosse soit triso (avec un peu de chance ce n’est pas le tien) n’a rien à voir dans ton malheur !

Bon et je vous passe les sujets qui monopolisent l’actualité : les femmes qui se plaignent des agressions sexuelles alors qu’il leur suffirait de rester chez elles vêtues d’une burka, les chômeurs qui se lamentent de ne pas trouver de travail alors qu’il leur suffit de traverser la rue, etc…

Bref, la balle est dans votre camp. En marche !

Mati.

*Voir Cash Investigation « Plastique : la grande intox »

Que faîtes-vous pendant que je fais caca ? (T’as joui ?)

« Elle veut une gâterie, sa chatte pue des pieds.
Fait semblant d’jouir en s’mettant des doigts. »
(Damso – Fais-moi un vie)

L’autre jour, alors que je faisais caca, j’ai été pris d’un vertige. Je précise de suite : cela n’était aucunement dû à d’éventuelles effluves nauséabondes (d’ailleurs, qu’est-ce qui explique que nos propres odeurs ne nous importunent pas, voire nous réconfortent, alors que si on passe aux toilettes derrière un inconnu on est en mode « ALERTE ROUGE ! PLUTOT MOURIR ASPHYXIÉ QUE D’INSPIRER A NOUVEAU ! »)

Non, ce qui m’a fait tourner la tête, c’est de m’imaginer tout ce que pouvait faire les autres humains au même moment. On oublie, qu’à chaque instant, 7 milliards de destins sont en cours. 7 milliards de personnes vivent un moment unique. Par exemple, là maintenant, que faîtes-vous ? […]

Alors oui, là maintenant vous me lisez – et je vous en remercie –, mais quand je dis « là maintenant », c’est là maintenant pour moi, pas là maintenant pour vous. Là maintenant, pour moi, je suis en train d’écrire alors que là maintenant, pour vous, je ne sais pas ce que je suis en train de faire. Du moins je ne le sais pas encore. Enfin bref, vous n’êtes pas obligé de répondre.

En pensant à la multitude de tranches de vie en cours, je me suis dit qu’il serait rigolo de pouvoir publier une liste de ce que chaque personne fait à un instant précis, une photographie de l’activité humaine prise sur le vif. Forcément, il y aurait beaucoup de « mange » ; « marche » ; « dort ». D’ailleurs je pense que cette dernière activité, dormir, serait certainement la plus représentée. Symboliquement c’est fort. Parce qu’admettons que cette liste tombe entre les mains d’une population extra-terrestre mal intentionnée qui veuille nous connaître un peu plus avant de, je ne sais pas moi… nous anéantir ! Avant d’envahir la Terre, ils veulent savoir à quoi s’attendre. Qui sommes-nous ? Que sommes-nous en train de faire ? Et là, ils constatent que majoritairement les humains sont en train de « dormir ». Donc ils se renseignent. En quoi consiste l’activité favorite des humains ? A cet instant, ils ont encore une image valorisante de nous. Peut-être même qu’ils flippent un peu… et puis ils découvrent que, dans la majorité, nous sommes en train d’être allongés, les yeux fermés, sans bouger. Forcément les troupes alien reprennent du poil de la bête.

Bon, ne nous faisons pas peur et restons sur des considérations plus terre à terre. Pour faire le lien avec un sujet d’actualité (Journaliste un jour, journaliste toujours ! « Sauf que tu n’as jamais été journaliste Mati… » C’est vrai, autant pour moi.), si on en croit le phénomène du compte Instagram « T’as joui ? », nous devrions voir assez peu la mention « est en train de jouir » accolée aux femmes.

Ce compte Instagram, créé par une journaliste, publie des témoignages féminins relatant leurs expériences sexuelles. Il met en évidence une insatisfaction quasi générale et une incapacité des hommes à faire jouir leur partenaire.

Décidément, il ne fait pas bon être une femme à notre époque ! Elles subissent quotidiennement des harcèlements pour des rapports sexuels qu’elles ne désirent pas (#BalanceTonPorc), et quand elles y consentent, elles tombent sur un manche incapable de les faire jouir (#BalanceTonNaze).

Bon, après j’imagine qu’il existe des hommes qui ne font partie ni d’une catégorie ni de l’autre. Enfin… je pense. Enfin… bon… là je n’ai pas d’exemple qui me vienne en tête… En tout cas, pour ma part, je peux vous jurer que je n’ai jamais agressé personne !

Plus sérieusement, autant je comprends le mouvement de libération de la parole sur les cas d’agressions sexuelles. Cela force la prise en compte d’une souffrance silencieuse. C’est un sujet sociétal qui nécessite une pédagogie, une prise de conscience générale, des interventions institutionnelles comme la mise en place de cellules d’écoute, la formation des policiers, la réduction du délai de prescription, etc… Autant là, venir clamer sur les réseaux sociaux : « Mon mec est un naze ! Il ne me fait pas jouir ! », on s’en fout ! Cela relève de l’intime. Ce n’est pas à nous qu’il faut en parler madame, mais à lui ! Faites-lui une carte au trésor pour lui indiquer le chemin de votre clito, expliquez lui que dans la vie, ce n’est pas comme dans le porno, on ne peut pas faire une double-anale sans préliminaires (et sans un autre partenaire).

D’ailleurs, pour faire le lien avec un deuxième fait d’actualité (amenez-moi le prix Pullitzer), ce manque de connaissances liées au plaisir féminin mais aussi à la sexualité en général, s’explique par le fait que cela reste tabou ! C’est pourquoi il a été instauré que, à partir de la rentrée, les élèves auraient 3 cours d’éducation sexuelle par an de la primaire au lycée. Comme ça au moins, on pourra repérer très tôt les futurs nazes au lit :

Conseil de classe de l’école Jules Ferry. Les profs se disputent autour du cas de Matéo à propos de son passage en CE2 :

« Alors ok, Matéo a 18 de moyenne en dictée et est capable de poser une division avec 2 chiffres après la virgule, mais je ne peux pas laisser passer un élève en CE2 qui est encore incapable de faire un cunni correctement !

– Alors là je ne comprends pas, vous êtes intransigeant avec Matéo alors que vous n’avez rien dit pour le passage de Baptiste, qui, je vous le rappelle, est quand même éjaculateur précoce !

– Cela n’a rien à voir ! Baptiste fait des efforts, il est motivé ! Alors que Matéo refuse de faire ses devoirs à la maison. Sous prétexte que sa petite sœur n’est pas d’accord… »

Sur ce, il faut que j’aille faire caca. Et penser à tout ce que vous pouvez être en train de faire. J’espère que cela ne vous dérange pas.

Mati.

Nicolas Hulot a-t-il abandonné ses convictions laissant l’écologie aux mains d’un libéralisme effréné ? (Sous-entendu : Nicolas Hulot est-il un gros PD ?)

« J’irai au bout de mes rêves,
Tout au bout de mes rêves,
J’irai au bout de mes rêves,
Où la raison s’achève. »
(Jean-Jacques Goldman)

Bon, à la base je voulais traiter d’un sujet léger comme « Ne pas vouloir aller travailler après trois semaines de vacances est-il une raison valable et suffisante pour se suicider ? ». Sauf que mon paternel en a décidé autrement. En soi, ce n’est pas vraiment lui qui a décidé, il m’a simplement fait part d’une idée. Mais dans une société patriarcale, une proposition du père de famille fait office de décision et en plus, il est mon plus fidèle lecteur donc je ne peux me permettre de le décevoir. (En le prônant « Lecteur le plus fidèle », j’essaie de créer une concurrence entre mes parents. Je sais, c’est malsain.)

Venons-en au sujet en question.

Nicolas Hulot a démissionné ce mardi du gouvernement. Il était las de ne pas pouvoir aller au bout de ses projets, de devoir multiplier les compromis et de se contenter de demi-victoires. Sur cette base, l’idée de développement soumise par mon géniteur est : la force de l’engagement, des convictions et jusqu’où pouvons-nous aller pour celles-ci ?

[…]

Allez maintenant Mati, démerde-toi avec ça !

Partie 1 : Nicolas Hulot, cet homme intègre qui ne transigera pas

Au premier abord, j’admire beaucoup Nicolas Hulot. Il a réussi à infiltrer le système de l’intérieur et a voulu infléchir la politique menée par le gouvernement. Sa volonté de défendre ses convictions écologiques, d’avoir un impact sur la société, l’a poussé jusqu’aux plus hautes sphères de l’Etat en devenant ministre. Respect. Bon c’est sûr que c’est vite impressionnant pour moi lorsque je fais le parallèle avec mon cas personnel. Ma plus forte conviction est que « Pokémon est le meilleur jeu jamais inventé ». Pas sûr que cela vaille le coup de devenir ministre pour défendre cette idée.

Après, ce qui fait maintenant débat, c’est de savoir s’il a bien fait de démissionner. Si lui abandonne, on peut légitimement penser que tout espoir n’est plus permis. Plus personne ne va défendre la veuve abeille et l’orphelin éléphant, plus personne ne va rêver de transformer le périphérique parisien en piste cyclable géante où l’on pourrait respirer un air pur (légèrement agrémenté d’huile essentielle menthe poivrée) à pleins poumons.

Mais au fond, ce n’est pas réellement une surprise. Initialement, la cause de vouloir concilier écologie et libéralisme est noble, mais elle est impossible. L’écologie c’est l’inverse du laisser-faire. L’écologie c’est des contraintes, c’est une mainmise sur l’économie, la finance, l’industrie, le quotidien… Et tout cela est très impopulaire. Hormis quelques kamikazes, tout le monde s’accorde pour répondre par l’affirmative à la question : « Souhaitez-vous sauver la planète ? ». En revanche, cela devient plus complexe quand la question se précise : « Et pour cela êtes-vous prêts à ne plus manger de viande ? à renoncer à votre voiture personnelle ? à faire une croix sur les voyages en avion ? à ne plus faire d’enfant ? etc… ».

Cela me fait penser à cette phrase de Bossuet « Nous nous affligeons des effets mais continuons à adorer les causes ». (En réalité j’ai lu cette phrase dans le journal. Je ne sais même pas qui est ce Bossuet. Pour moi c’est juste une place de Dijon. Mais j’ai toujours admiré les gens capables de sortir à tout moment une citation. Je crois que je développe un complexe d’infériorité car tout ce que je parviens à retenir c’est les slogans publicitaires : « Avec Carrefour je positive » « Carglass répare, Carglass remplace » « Chocapiiic ! C’est fort en chocolat »)

Dans l’incapacité d’agir, ne souhaitant pas transiger avec ses convictions écologiques, Nicolas Hulot a donc préféré quitter le navire. Cette décision semble respectable et provenir d’un homme intègre. A moins que… (Ecran noir. Musique dramatique. Suspense insoutenable.)

Partie 2 : Nicolas Hulot, cet imposteur (Initialement je voulais écrire « Nicolas Hulot, ce bel enculé » mais bon j’ai déjà cédé à la facilité de la vulgarité dans le titre donc j’ai estimé que cela serait trop.)

Tout cela semblait trop parfait. J’aurais dû me méfier et me remémorer ce que disait Nietszche : « Le contraire de la vérité, ce n’est pas le mensonge, ce sont les convictions. » (Encore une citation que je ne connaissais en réalité pas il y a encore 10 minutes. Contrairement à : « Zéro tracas, zéro blabla, MMA ! »)

Lorsque l’on s’intéresse de plus près à ce Monsieur Hulot (je n’ai plus envie de l’appeler Nicolas), ses jérémiades lors de sa démission prennent une autre dimension. Il se lamentait de devoir faire face en permanence à des lobbys puissants, venant défendre des intérêts privés. Ce qui est vrai. Sauf que c’est un peu l’hôpital qui se fout de la charité (en fait je retiens les slogans publicitaires et les expressions moyenâgeuses).

Les convictions de Monsieur Hulot ont comme limite son propre intérêt. Hormis le fait qu’il se soit fait connaître via ses émissions Ushuaïa diffusées sur TF1 (ce qui s’apparente a minima à une faute de goût), cela lui a permis d’amasser une petite fortune grâce aux produits dérivés commercialisés par l’Oréal. Ces produits ont été à plusieurs reprises épinglés comme étant toxiques, contenant des perturbateurs endocriniens, des allergènes… Donc bon, quand on travaille avec les plus grands groupes industriels, champions de l’évasion fiscale et ce, pour vendre des produits absolument pas écolos, on ferme sa boîte à camembert ! Non mais dis donc !

Maintenant, il ne nous reste plus qu’à savoir quel va être le prochain pantin vert de Macron.

(Loto) A qui le tour ?

Mati.

L’affaire Benalla : enfin la vérité !

« J’ai dix ans,
Je sais que c’est pas vrai, mais j’ai dix ans,
Laissez-moi rêver, que j’ai dix ans,
Ça fait bientôt quinze ans, que j’ai dix ans,
Ça parait bizarre mais
Si tu m’crois pas hé, tar’ ta gueule à la récré »
(Alain Souchon)

Petit rappel des faits : un sbire de la Cour de Macron 1er, Alexandre Benalla, a été filmé en train de jouer à la bagarre avec un couple de manifestants le 1er mai.

Le scandale est immédiat.

Non mais qu’est-ce que c’est que ces enfantillages ? Sa maman ne lui a jamais appris que « Jeux de mains = jeux de vilains » ? Et puis, le plus choquant dans l’histoire, c’est qu’il était déguisé en policier ! Monsieur Benalla, franchement, il serait temps de grandir un peu. On ne se déguise plus quand on est un adulte (enfin sauf dans des soirées à thème ou pour des enterrements de vie de garçon / vie de jeune fille. Donc que dans des situations de tristesse infinie). Et puis, ça vous fait encore rêver le métier de policier ? Seule la naïveté enfantine, permet d’envisager le monde sous le prisme « méchants vs gentils ». Prisme indispensable à quiconque souhaite incarner la justice.

Après avoir pris connaissance de ces faits, le peuple français s’insurge. Il estime être en droit d’attendre plus des collaborateurs de notre souverain. Qu’est-ce que cela va être la prochaine fois ? Le premier ministre, Edouard Philippe, va arriver au conseil des ministres en costume de Harry Potter ? Et jeter son sort « Supprimum Chômageum » ? Le porte-parole, Christophe Castaner, va débarquer sur BFM TV grimé en Dark Vador ? S’adressant aux français en leur demandant de rejoindre le côté « En marche » de la force ? (Personnellement, je ne serais pas contre. Au moins le côté « on se fout de votre gueule » serait assumé.)

Revenons à notre Monsieur Banollo. Tout le monde se pose la question : « Mais qu’est-ce qu’il foutait là ? ». N’avait-il pas mieux à faire en ce 1er mai ? Comme divertir notre monarque ? Disputer avec lui une partie de Mario Kart (en s’arrangeant pour le laisser gagner) ? Soigner les vergetures de Brigitte ?

Après un long travail d’investigation, je suis en mesure de vous dévoiler la vérité. Je ne peux évidemment pas dévoiler mes sources mais elles sont fiables. (C’est elles qui me l’ont dit et vu qu’elles sont fiables, je les ai crues.)

En effet, la présence de Monsieur Bonullu n’est pas le fruit du hasard. Rien n’est jamais le fruit du hasard puisque le hasardier est un arbre qui n’existe pas (jeu de mots à mettre sur le compte de la chaleur). C’est comme la bagarre entre Booba et Kaaris (« Quand on a vu ça on peut mourir tranquille » RIP Thierry Roland), vous n’allez pas me dire que, comme par hasard, ils se croisent à l’aéroport d’Orly puisque, comme par hasard, ils doivent tous les deux donner un concert à Barcelone et que, comme par hasard, des gens autour d’eux ont un smartphone et ont le réflexe de filmer. Non, non tout ça est trop surréaliste.

Donc je vous disais, Monsieur Benilli était là pour une raison précise. Ses victimes, un couple de manifestants grecs, étaient ses cibles depuis le départ. Par souci de simplification, nous les nommerons Papayotis Rastapopoulosos et Athenarisotos Exharcopoulpis.

Dès le départ, Monsieur Bonullu, voulait en découdre avec Papayotis Rastapopoulosos, enfin plutôt avec Athenarisotos Exharcopoulpis que Papayotis Rastapopoulosos, même si les images témoignent d’une violence plus accrue envers Papayotis Rastapopoulosos que Athenarisotos Exharcopoulpis.

Pour vous la faire courte, Monsieur Benallax, est tombé amoureux de Papayotis lors d’une soirée déguisée pendant son dernier voyage à Mykonos. Il était déguisé, je vous le donne en mille, en CRS ! Papayotis était quant à lui déguisé en Dieu grec (pas très original, mais bon, qui sommes-nous pour juger ?). S’en est suivie une idylle courte mais passionnée. Les mauvaises langues parleront d’ « amourette de vacances » mais ce qui se cacha derrière était bien plus profond.

Sauf que Monsieur Belanna dut retourner en France. Macron s’ennuyait et puis il en avait marre, Nicolas Hulot refusait de le laisser gagner à Mario Kart et Gérard Colomb était trop nul – il s’endormait en pleine partie – pour apprécier la victoire. Les adieux furent déchirants. Ils se promirent de se revoir très vite, échangèrent numéros et réseaux sociaux pour rester en contact.

Sauf que le temps passa et fit son œuvre. Les échanges furent de moins en moins rapprochés. Et un jour, Monsieur Binallu, découvrit sur Instagram une photo de Papayotis enlacé dans les bras d’une « grosse pute » (c’est le terme qu’il a employé à ce moment). Et en plus, les deux tourtereaux évoquaient leur projet de venir passer des vacances en France ! A Paris ! Alors que Papayotis avait toujours trouvé des excuses pour ne pas venir voir notre pauvre Monsieur Bunollo !

Leur venue était prévue le 1er Mai.

Vous connaissez la suite…

Mati.

Quel type de supporter êtes-vous ?

« Le prof m’a dit « Tu veux faire quoi plus tard ? »
Quoi ? Comme Zizou : sur l’terrain. »
(PNL – Porte de Mesrine)

Il y en a peut-être qui, par un concours de circonstances (sieste dimanche dernier de 17h à 19h + panne d’électricité + épidémie qui a décimé tout l’entourage + licenciement, réduisant à néant tout contact social cette semaine), ne sont pas au courant : La France est championne du monde !

Ces gens-là ne savent pas la chance qu’ils ont ! Car, pour vous raconter un peu ma vie – chose que je ne fais pas assez, alors que c’est quand même l’objet de ce blog, bien que l’objet n’ait en réalité jamais vraiment été défini, ce qui me pose régulièrement des soucis dans le choix des sujets à traiter, mais là n’est pas l’objet de cette chronique, qui n’a pas encore été exposé puisque celle-ci n’a pas commencé –

Reprenons : j’envie ceux qui ne savent pas que la France est au firmament footballistique. Ceux qui ne se sont pas fait spoiler et qui pourront regarder la finale sans savoir qu’à la fin « ON A GAGNEEEEE !!! ». Car de mon côté, pendant le match, je m’envoyais en l’air (je rassure ma bien-aimée : c’était avec un boeing 747 à l’allure vulgaire et aux courbes grossières sans commune mesure avec l’angélisme de tes traits). Or, même avec toute la bonne volonté du monde, je n’ai pu éviter de connaître le dénouement à mon retour dans notre mère-patrie (je m’excuse d’avance auprès de mon public gauchiste, la coupe du monde me pousse mécaniquement à des élans nationalistes incontrôlables). La moindre bourgade était envahie par ses propres habitants qui en faisaient le tour en klaxonnant ou qui agitaient des drapeaux au passage de ceux qui en faisaient le tour en klaxonnant. Chacun son rôle, la nature est bien faite. Dès lors, impossible de ne pas reconnaître ici la parade de la victoire. J’étais coincé : je ne pouvais fêter une victoire à laquelle je n’avais pas assisté et je ne pourrais pas visionner le match sans savoir qu’il y a une victoire à la clé. Frustration maximale.

Cette complainte de mon malheur n’est pas vaine puisqu’elle me permet d’avoir un regard objectif sur les différents supporters et d’analyser les différentes réactions suite à cette victoire. Contrairement aux idées reçues personne n’est unique et tout le monde rentre dans une case, j’espère que vous trouverez la vôtre :

Commençons par « Les footix », les fans de foot : cette Coupe du Monde est censée être leur fête. L’apothéose, le graal suprême. Eux qui suivent avidement toute l’année, chaque match, des Angers – Guingamp pour les français, des Bournemouth – Southampton pour les Anglais, des Las Palmas – Malaga pour les espagnols (après il y a peut-être des malades qui suivent les trois… mais je n’ose pas imaginer un espagnol, posé dans son canapé de la banlieue madrilène, engeuler sa femme qui passe devant la télé avec l’aspirateur : « Pousse toi la grosse ! J’ai failli louper la seule occasion de Guingamp ! » enfin ça serait plutôt : « Poussa ti la grossa pleina de paella ! Yo faillido loupacho la unica occasiona de una villa que yo no conosco ni de Eva ni de Adamo »).

Et pourtant je les plains ces fans de la première heure, leur fête est gâchée. Ils doivent expliquer pour la énième fois à leur campagne la règle du hors-jeu, ils doivent subir les raillements testostéronés des rugbymen sur ces mauviettes qui se roulent par terre au moindre contact, ils doivent défendre des millionaires tout en faisant la queue à Pôle Emploi, ils doivent écouter Denis Brognart leur parler tactique de jeu… D’un coup, tout le monde se sent légitime de donner son avis sur leur passion.

Cette sensation peut être rapprochée de celle que ressentent les mélomanes, qui écument Internet à la recherche de nouveaux artistes, de nouvelles sonorités, qui découvrent un jour dans une salle intimiste leur nouvelle idole et qui se sentent démunis lorsqu’ils entendent sa voix passer sur NRJ.

Cela nous emmène à la deuxième catégorie, responsable du malheur des footix, « Les opportunistes ». Leur devise « S’il y a de la bière, y a de la joie. S’il y a de la joie, on est là ! ». Comme ils n’y connaissent rien au foot, ils profitent des matchs (qu’ils ne regardent pas) pour répéter leurs chants et parfaire leur rôle histoire de passer incognito une fois qu’ils sortiront dans la rue : « ON A GAGNE ! ON A GAGNE ! Bon j’espère que personne ne va me demander quoi… Après il faut bien que je pense à sauter quand on chante « QUI NE SAUTE PAS N’EST PAS FRANCAIS ! » la dernière fois j’ai failli me faire griller. Roh et puis je ne me souviens jamais combien il y a de « PO » dans « POPOLOPOPOPOPO ». Pas grave, je ferai du play-back »

Venons à la dernière catégorie, celle qui n’a pas fêté la victoire de la France dimanche dernier. Laissons d’entrée tranquille, ceux qui n’en ont simplement « rien à foot », ceux qui regardent d’un air incrédule mais bienveillant toute cette hystérie. Respectons leur volonté de se tenir à l’écart.

En revanche, certains choisissent d’aller à la confrontation et affichent leur regard critique. Il y a ceux qui espèrent ainsi bénéficier d’une image d’intellectuel. Et s’ils sentent que leur stratagème ne fonctionne pas, ils insistent en rappelant que « les footeux ne savent pas aligner trois mots de français » alors qu’ils seraient plus ridicules sur un terrain que Ribéry face à un micro. Et puis il y a ceux qui le font pour des raisons plus politiques, dénonçant le foot-business, s’énervant de voir qu’il n’y avait pas la même célérité à descendre dans la rue lorsqu’il s’agissait de défendre des droits. Comme ce fut le cas de Philippe Poutou. Mais en même temps, il faut le comprendre, voir des millions de gens défiler dans la rue, c’est son fantasme absolu, il en rêve la nuit ! (contrairement à la majorité des hommes qui manquent cruellement d’ambition et se contentent de fantasmer sur un plan à 3).

Mais la différence est que, ce dimanche 15 juillet, les gens sont descendus dans la rue pour fêter une victoire qui leur était offerte. Ce sont les 23 joueurs qui se sont battus pour l’avoir. Alors qu’en cas de manifestation ou de grève, la victoire n’est pas acquise, il faut se battre et là, il n’y a plus personne !

Et merde… je m’étais promis de ne pas faire partie des grincheux…

Mati.

L’amour est mort. Vive l’amour !

« Aimer c’est ce qu’y a d’plus beau »
(Roméo & Juliette)

« L’amour n’existe plus, la démographie se limite à une gigantesque histoire de cul »
(Soklak – After L)

Que peut-on dire de l’amour ?

« L’amour c’est beau. » Oui c’est vrai. C’est tellement beau que même les moches aiment (entre eux évidemment).

« L’amour ça fait mal. » Oui c’est vrai aussi. Surtout quand ça vous tombe sur le pied. Et là putain ça fait mal sa mère la pute !

« L’amour ça fait durcir le zizi. » Oui c’est vrai, je m’en suis rendu compte en regardant la dernière photo Instagram de Nabilla. Et puis après je me suis rappelé que j’aime aussi ma Maman… Donc on peut aussi dire que « L’amour ça ne fait pas durcir le zizi. ». Sauf si on s’appelle Œdipe.

« L’amour ça coûte cher. » Oui, surtout lorsque l’autre ne vous aime pas. Et dans ces cas-là, l’argent aide à convaincre. Nous pouvons citer par exemple le cas des prostitués. Ou de Laëtitia Halliday.

Pour autant quand on n’a pas d’argent, on peut « vivre d’amour et d’eau fraîche ». Mais en général on ne vit pas longtemps.

« L’amour est éternel. » Oui, à condition de croire à la vie après la mort (antinomie). Nous noterons d’ailleurs que les mariés, qui veulent nous faire croire que leur acte est le seul qui puisse témoigner d’un engagement véritable, n’y croient pas… puisqu’ils s’engagent seulement à s’aimer « jusqu’à ce que la mort les sépare ». Certainement par peur que l’autre se réincarne en chèvre. Quel manque cruel de romantisme !

« L’amour dure 3 ans. » Cette temporalité s’applique pour les plus frileux, qui préfèrent signer un CDD amoureux. Cela permet de se protéger au cas où l’on se rendrait compte que l’autre pue des pieds.

Après avoir dit tout ça, qu’en ressort-on ? Et bien pas grand-chose, il faut bien se l’avouer. L’amour serait autant positif que négatif puisque l’on peut dire à son sujet tout et son contraire. On ne sait pas si on doit le poursuivre ou le fuir, l’aduler ou le détester. Existe-t-il un autre domaine en pareil cas ?

Giroud ? Oui c’est vrai… ce joueur est tantôt raillé, tantôt idolâtré. Il a l’élégance d’un obèse en tutu, tout en ayant la même efficacité devant le but que notre ami en tutu devant un buffet à volonté. Sauf que Giroud n’est pas un domaine donc ça ne marche pas.

La politique ? Oui, voilà ! Là c’est un domaine où l’on peut tout à fait dire tout et son contraire :

  • « Les migrants c’est des héros ! Ils sauvent nos enfants d’une chute mortelle ! Il faut en accueillir plus ! » (Ouaiis ! Vive les migrants !) – « Ne l’écoutez pas ! Les migrants violent nos filles et nos femmes ! Il faut les laisser crever sur leur bateau ! » (Ah oui vu comme ça.. bouuh les migrants ! Caca les migrants !)
  • « Nous sommes endettés, il faut dépenser moins ! » – « Pas du tout ! Il faut dépenser plus ! Plus on dépense, plus l’Etat récupère d’argent. » – « Qu’ouïs-je ? Non mais laissez-moi rire ! » – « Je vous en prie. » – « Mouhahahaha ! » – « Quel rire diabolique ! Vous êtes terrifiant ! » – « Et ta mère ? Elle est pas terrifiante ta mère ? Avec son gros BIP de sale BIP… »

Hop hop hop ! Messieurs, un peu de tenue ! Veillez à votre vocabulaire, je vous rappelle que vous vous exprimez sur un blog de grande audience…

Bon, pourquoi en arriver à comparer politique et amour ? Car à force de se chamailler et de prétendre détenir la vérité, plus personne ne croit en la politique. La même logique risque de s’appliquer pour l’amour car, je vous le dis, les sceptiques de l’amour se multiplient. Et ils ont raison ! Tout comme la politique cherche à donner du sens à notre quotidien, en essayant de régir nos activités, nos pensées, notre travail, pour meubler le vide d’une vie sans but, l’amour est une enveloppe, un paquet cadeau pour embellir l’objectif poursuivi par l’humanité : se reproduire pour faire perdurer l’espèce.

L’amour est un tour de magie où le magicien est notre cerveau. Mais justement ! Toute la beauté est là ! On sent qu’il y a un « truc » mais à chaque fois on est émerveillé. Alors laissons-nous hypnotiser par notre cerveau et aimons sans comprendre, aimons sans réfléchir, aimons sans questionner, aimons sans répondre, aimons sans exigences, aimons sans attentes, aimons sans retour, aimons sans barrières, aimons sans ego.

Mati.

(PS : Pour toutes les meufs qui se sont dit « Wow ce mec est trop romantique », n’hésitez pas à lâcher vos numéros, j’ai la dalle.)

L’humour peut-il être de droite ?

« Je ne pense pas qu’on puisse avoir de l’humour et être de droite : c’est fondamentalement incompatible.
Avoir de l’humour, c’est se remettre en question en permanence alors que la droite, c’est le contraire de toute remise en question. »
(Pierre Desproges)

Commençons par distinguer objectivement la droite et la gauche : la droite c’est les méchants, la gauche c’est les gentils…
Comment ça je ne suis pas objectif ?

Je vais tâcher de vous le prouver en utilisant un exemple. Prenons le plus grand méchant de l’Histoire : Jésus-Christ. Pour l’ensemble de son œuvre (que nous ne pouvons retracer ici pour des raisons de flemme), le mec a été crucifié. Alors oui, je sais que son cas avait fait polémique à l’époque : « c’est un complot ! Les magistrats sont manipulés par le gouvernement ! C’est un acharnement médiatique ! Tout le monde a le droit de porter des sandales ! #FreeJesus, etc… », mais nous devons faire confiance aux institutions et à la justice : on ne condamne pas à mort un gentil. Et une fois mort, où s’en est allé ce cher Jésus ? Je vous le donne en mille : à la droite de Dieu. Donc la droite c’est les méchants. CQFD.

Bon, à ce stade et avant d’aller plus loin, je me permets de procéder un auto-débrief de cette chronique. Je constate deux choses :

  1. Je suis en train de partir sur un hors-sujet total. Pour l’avancement de la problématique initiale, qui, rappelons-le, est « L’humour peut-il être de droite ? », le fait que la droite soit principalement représentée par des enculés : osef ! (Comme ne disent plus les jeunes) Enfin, à moins de tenir un raisonnement du style : la droite c’est les méchants, les méchants n’ont pas d’humour donc la droite n’a pas d’humour. Raisonnement qui se tiendrait mais qui ne m’arrangerait pas car je n’ai écrit qu’un seul paragraphe pour le moment, ce qui est un peu léger.
  2. Pour la première fois, je n’ai pas usé d’une citation d’un rappeur testostéroné mais de Monsieur Desproges. Alors, je me l’accorde, cette citation est on-ne-peut-plus pertinente mais le problème est qu’elle répond catégoriquement à ma question. Du coup, je suis en train de me creuser la tête pour répondre à une question à laquelle mon maître absolu a déjà répondu. Je suis un peu con.

Allez ! Ce n’est pas grave, ne nous démobilisons pas malgré ce départ raté et essayons tout de même d’aller jusqu’au bout. Usons pour cela d’une métaphore manuelle : la droite c’est la main avec laquelle on écrit (sauf pour les gauchers). Nous pouvons en déduire que la droite représente ce qui est utile. En effet, elle permet également de : signer un contrat ; se masturber ; serrer une main… (ordre non prescriptif).

A l’inverse la gauche représente donc ce qui est superflu. Elle apporte du confort mais nous pourrions nous en passer : se tenir la tête en retranscrivant le cours de droit administratif déblatéré par Monsieur Dupuis, professeur passionné par sa matière, avant de devenir dépressif en se rendant compte qu’il était le seul dans l’amphi ; se cacher les yeux en signant un contrat pour être sûr de ne pas être en mesure de lire les petites lignes en bas qui nous feraient renoncer à la signature ; choper un rouleau de sopalin avant d’en mettre partout ; poser une main sur l’épaule lors de la poignée de main (si vous êtes le genre de personne qui le fait : arrêtez. Dîtes-vous que Trump le fait en permanence. Et si cela ne vous dérange pas d’agir comme Trump : arrêtez. De vivre.)

Dès lors, on peut classifier l’humour comme étant de gauche. En effet, quoi de plus superflu que l’humour ? Comme dirait l’autre (qui ne dit pas que des conneries), « c’est pas ça qui paie les factures à la fin du mois et qui remplit le frigo ! ».

La théorie selon laquelle l’humour est de gauche étant avancée, assurons-nous maintenant que nous ne pouvons pas trouver de contre-exemple. En effet, il suffirait d’être en mesure de citer un humoriste de droite pour que toute la théorie tombe à l’eau.

Donc, je vous écoute : citez-moi un humoriste de droite…

Allez-y, je vous laisse quelques instants pour réfléchir… Pas facile hein ?

Ayant eu de mon côté un peu plus de temps pour réfléchir, je vous livre mes résultats. 2 noms me sont venus à l’esprit : Jean-Marie Bigard et Laurent Gerra…

Voilà, voilà… je ne pense pas qu’il soit nécessaire d’aller plus loin : l’humour est de gauche.

La prochaine fois, nous traiterons d’une autre catégorie de la population n’ayant pas d’humour : les femmes (le combo « femme de droite » me donne des frissons).

Mati.

Éloge de la solitude ?

« J’ai des tas de potes à l’habitude,
Mais mon meilleur ami s’appelle solitude. »
(Sniper – Fallait que je te dise)

J’entretiens une relation chaotique avec la solitude. A tel point que j’aimerais parfois qu’elle me laisse seul.

Mais paradoxalement, dès qu’elle s’éloigne, elle me manque et je la supplie de revenir me tenir compagnie. Elle accepte généralement volontiers, même si, Madame la solitude a son petit caractère ! Si j’ai le malheur de m’afficher au côté d’autres personnes, elle peut se montrer très jalouse. Elle boude, elle grogne et elle se plaint qu’on ne passe pas assez de temps ensemble.

En même temps, comment lui en vouloir ? Entre nous, l’osmose est parfaite. Nous partageons les mêmes goûts, les mêmes attentes. Pourtant, rares sont les personnes qui, comme moi, peuvent saliver à la fois devant un paquet de M&M’s et un Ladoix Premier Cru, ou encore frissonner devant un match de Ligue des Champions et un film indépendant Iranien (film sans dialogue et réalisé uniquement en plans fixes dont Télérama écrira que « le silence et la lenteur de l’œuvre marque une opposition au bruit et à la fureur des dérives d’une société néo-libéraliste »). Car oui, c’est avec elle que je me cultive le plus : cinéma, littérature, musique… dans tous ces domaines, on est sur la même longueur d’ondes ! Et pour ne rien gâcher, nous avons toujours faim au même moment, de la même chose et dans les mêmes quantités !

Que peuvent faire l’amour et l’amitié face à cela ?

Mais je crois que ce que je préfère chez elle, c’est que je peux lui parler de tout. Lorsque je lui raconte mes tracas, elle m’écoute d’une oreille attentive, sans jamais me couper la parole (soyons honnêtes, elle ne se force pas trop, elle n’est pas très bavarde de nature) ni me juger.

Que peut faire le meilleur des psychologues face à cela ?

Souvent, elle accepte même de jouer le rôle de tierces personnes : le client qui m’est passé devant au supermarché à qui je n’ai rien osé dire, mon chef qui m’a demandé si cela ne me posait pas de problème de rester plus tard, l’ami qui avait besoin de soutien pour qui je n’ai pas trouvé les mots, la fille à qui j’aurais dû dire que je l’aimais. Avec elle, je refais la scène. Les mots me viennent plus facilement. Elle sait me mettre en confiance.

Que peut faire le Cours Florent face à cela ? (NB : Le Cours Florent c’est comme l’atelier théâtre organisé par l’office culturel de Châgneu-Les-Trois-Eglises, sauf que c’est l’inverse. Au Cours Florent, les élèves se prennent déjà pour des stars alors que les parents voudraient qu’ils fassent autre chose et s’orientent plutôt vers un vrai métier, genre avocat ou médecin. Alors qu’à Châgneu-Les-Trois-Eglises les parents, armés de leur appareil photo, caméscope ou smartphone pour les plus modernes, filment le spectacle de fin d’année, persuadés que leurs enfants sont des stars alors que les enfants rêveraient d’être ailleurs et voudraient faire une vraie activité, genre du foot.)

Pour autant, tout ne peut pas être aussi rose. Comme disaient les Rita Mitsuko : « Les histoires d’amour finissent mal, en général » (Vous noterez que sur ce coup là, ils ne se sont pas trop mouillés. Je pense que lorsqu’ils ont écrit la chanson, ils se sont dit « imagine que quelque part dans le monde, une histoire d’amour se finisse bien. On aurait l’air malin ! Donc les gars, au risque de passer pour des petites bites, je vous propose de rajouter « en général », ça nous évitera de finir avec un procès au cul ». Vous noterez par ailleurs que, en plus de ne pas être très courageux, ils étaient particulièrement vulgaires).

Vous allez sûrement me trouver pénible mais j’ai fini par me lasser de la perfection de la solitude. Je crois que l’adage selon lequel les hommes préfèrent les femmes « chiantes » se vérifie.

L’autre jour, j’ai fait un test. Nous étions tous les deux vautrés sur le canapé un dimanche après-midi quand je lui ai proposé « Et si on allait faire la vidange de la voiture ? Cela fait des semaines qu’on doit s’en occuper. Qu’en dis-tu ? » Et bien devinez-quoi ? Elle est tombée dans le panneau ! Elle a accepté ! Alors que je sais pertinemment que la mécanique l’exècre au plus haut point !

D’autant qu’après je me sens coupable. Si elle fait passer tous mes désirs en priorité, quand aura-t-elle le temps de réaliser les siens ? Et plus elle tentait de me rassurer en me répétant que seul mon bien-être l’importait, qu’elle était prête à tout pour que je sois heureux, plus mon malaise s’intensifiait. J’avais l’impression d’être suivi en permanence par un robot esclave qui tourne en boucle à base de « Bonjour Mati, que veux-tu faire aujourd’hui ? Quel est ton film préféré ? On pourrait le regarder. Quel est ton plat préféré ? Je pourrais te le préparer. » Mais j’en sais riiiennn ! « Quelle est ton activité préférée ? Je pourrais te sucer. » Hein ?! Mais comment tu sais ?

Non cela ne pouvait plus durer ainsi. J’ai décidé de mettre un terme à notre relation. Je m’en vais de ce pas rejoindre l’égoïsme de mes contemporains qui eux, accepteront de se faire passer en priorité.

Mati.